Vendredi 9 décembre 2016









IDEES ET OPINIONS

Jacques-Édouard Alexis, l’insubmersible


Ne reculant devant aucun sacrifice, j'ai lu en entier, oui jusqu'au dernier mot, l’article paru dans Le Nouvelliste sous le titre : « Jacques-Édouard Alexis: se dédouaner par l’amnésie ». J’ai même tenté de découvrir l’auteur en recourant à la dynamique 2.0. Sans avoir été obsédé par la volonté de chercher noise, j’ai perdu mon temps. Comme dans un concours de calembredaine sur des politiques, cet auteur, Henriot Jean-Jacques (HJJ), un multirécidiviste en la matière, se donne toujours un rôle effronté en mélangeant tout et en n’expliquant rien sur Jacques-Édouard Alexis (JEA). Quoique pourfendant ce dernier, il faut le soustraire de toute attaque personnelle. Évidemment! Parce qu’il n’est rien! Avec une fiche technique quasiment vierge, HJJ est à des centaines de milliers de km en dessous de la terre que foulent les pieds de JEA. Dans une situation comme celle-ci, il faudrait se faire violence pour ne pas signaler sans ménagement les éléments marquant le parcours flamboyant de JEA. Après tout, les faits qui témoignent de la réalisation des grands hommes ont la vie dure devant la haine provisoire des réactionnaires. JEA conserve aujourd’hui, pour ceux-là qui ont le sens de l’histoire, le sobriquet de « PM » en souvenir du poste de Premier ministre qu’il a occupé en deux occasions. DEUX FOIS. Il fut lauréat de sa promotion à la Faculté d’agronomie, boursier de l’ACDI, fondateur et recteur d’université et, plusieurs fois ministre. Qui ne sait pas enfin qu’il est un agronome de profession, un enseignant, un chercheur, un consultant et un homme politique ? HJJ tente désespérément de couler JEA en déambulant sur différentes plateformes. Il incarne bien la dérive qui consiste à ne pouvoir se définir qu’en fantasmant sur un ennemi idéal et à nommer cela « analyse politique ». Au fond, il aurait pu écrire un bon texte s'il ne l'avait pas encombré de lui-même avec un ensemble d’attributs de rejet : manque de probité intellectuelle, interprétation débile des faits politiques, banalisation de l’intelligentsia, intoxication de realpolitik… J'aurais apprécié, par exemple, qu'il prît la peine de démontrer : pourquoi il ne convenait pas forcément d’éradiquer les cochons créoles et l’imputabilité de JEA ; quels étaient les aspects antinationaux des réformes proposées par JEA pour avoir été combattues par des étudiants « nationalistes »; quelle était la responsabilité exacte de JEA dans la hausse des prix des produits de première nécessité exploitée abusivement par des parlementaires, ceux-là mêmes qui s’agenouillent publiquement aujourd’hui ou qui gesticulent au service de l’actuel pouvoir. De surcroît, on ne peut que se moquer d'un certain nombre d'affirmations qui prouvent que HJJ est condamné à une triste sclérose. Ce qui ne doit surprendre personne, c’est son enfermement mental et sa méchanceté à amalgamer pour ternir l’image d’un humble serviteur et défendre un régime qui navigue en eaux troubles. Il s’investit avec tellement bonne conscience dans la politique de la terre brûlée qu’il a consumé tout ce qui pouvait lui servir de références factuelles. C’est de la folie furieuse qu’il évoque les termes de « mal développement », « liquidation des entreprises publiques » ou qu’il confonde promesse politique et dépenses publiques pour caractériser la gouvernance de JEA. Pour l’histoire et pour la vérité, la cimenterie et la minoterie constituent les deux premières privatisations réalisées grâce au courage de JEA et du chef de l’État qui avaient pris, à bras-le-corps, l’épineux problème des ponctions sur le budget de l’État. Pour éclaircir tous les points d’ombre, ces deux entreprises privatisées fournissent plus efficacement les mêmes services aujourd’hui, avec une autre différence notable puisqu’elles alimentent le trésor public. Cela dit, on ne peut que s’interroger sur le cas de l’EDH qui, depuis environ trois ans, s’est pratiquement transformée en une entreprise qui achète du courant pour vendre du blackout avec mêmes ressources budgétaires. Conséquences : outre la pollution sonore des générateurs et les difficultés pour les couches les plus pauvres, les caisses de l’État sont vidées pour rémunérer la sinécure et développer les trafics de carburant et de MWh. Il faut finalement rendre justice à HJJ d'avoir admis un fait dont il est incapable de prouver l’évidence : « ce pouvoir est le contraire de ce que fut le vôtre… ». Ç’aurait été particulièrement intéressant s’il avait pu, pour le bien de sa cause, établir un parallèle entre deux administrations ou entre un autre homme et JEA. Une telle entreprise, on doit l’avouer, serait suicidaire. Mais pour l’avoir suggérée, il lui reviendra de tirer les conséquences de son clivage expéditif entre le « bon » selon sa conception et le « mauvais » selon son dénigrement. Haïtien natif natal, JEA n’a jamais renoncé à sa nationalité et son pays de résidence est toujours Haïti. Sous son règne, il n’a jamais imposé aucun prélèvement de taxes sans préalablement l’adoption d’une loi ; il s’est démêlé comme Me Jean-Jacques, qui n’est pas Henriot, pour contenir la taille du gouvernement; il s’assurait que le programme Éducation pour tous (EPT) ne soit pas un tremplin permettant toutes sortes de trafics et de corruptions ; il n’avait pas monté de compagnies minières sous de prête-noms pour les récupérer à la sortie ; Il n’y avait pas deux aéroports en construction dans deux villes voisines. Parlant des finances publiques, il ne gaspillait pas l’argent public dans des voyages fantaisistes, dans des locations d’avions ou d’hélicoptères fournis par des proches ; il ne permettait ni à sa femme ni à ses enfants de devenir des comptables publics ; il s’est conformé aux seuils de passation de marchés établis raisonnablement ; il n’autorisait des dépenses que pour un seul carnaval annuel ; il gérait les fonds de PetroCaribe, qui engagent les générations futures, avec parcimonie. Bon ou mauvais? Tout homme politique qui n’a pas encore annoncé publiquement son départ de la vie politique, reste et demeure en activité. À l’instar de tout politique actif, JEA se doit d’articuler une position et de structurer son opposition pour partir à la conquête du pouvoir. Si sa dernière intervention publique soulève autant d’agitations en provoquant une véritable panique dans le camp des grecs, c’est parce qu’il a livré un « MESSAGE » qui était sinon attendu du moins souhaité. On peut ne pas l’aimer ou même se sentir frustré de son parcours. Mais quand un apprenti politicien tente de l’insulter dans sa dignité, la honte qui ronge le cœur des honnêtes gens n’est rien devant la démonstration de son courage, la puissance de sa volonté et la force de son caractère. La caravane qui passe pendant que les chiens aboient, c’est Jacques-Édouard Alexis. Didier Saint-Louis disaintdi@yahoo.fr











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