Trésor public

L’aide externe diminue, le prochain budget encore revu à la baisse

Publié le 2014-05-27 | Le Nouvelliste

National -

Cela était prévisible. Quatre ans après le tremblement de terre, les bailleurs de fonds internationaux sont de moins en moins intéressés à Haïti. Résultat : l’aide externe diminue. Il faut s’y faire. La ministre de l’Économie et des Finances prévoit encore une révision à la baisse du budget 2014-2015. Cependant, Marie Camelle Jean-Marie annonce une augmentation de 7,5 milliards de gourdes des recettes internes pour le prochain exercice. De 131 milliards à 118 milliards de gourdes pour les deux derniers exercices fiscaux, le budget national sera encore revu à la baisse pour l’exercice 2014-2015, a annoncé lundi sur Radio Métropole la ministre de l’Économie et des Finances. Selon Marie Camelle Jean-Marie, cette révision à la baisse du prochain budget va concerner uniquement l’aide externe. « L’assistance externe commence à diminuer, la communauté internationale se désengage par rapport à Haïti, a-t-elle dit. D’où la nécessité d’adopter une autre politique, d’aller vers l’autosuffisance au point de vue budgétaire, de financer nos dépenses à partir de nos ressources domestiques. » Cependant, MCJM a annoncé une prévision d’augmentation de 7,5 milliards de gourdes dans les rentrées de la douane et de la DGI. Dans le prochain budget, les recettes internes de l’État passeront de 50 à 57,5 milliards de gourdes. Une augmentation considerable, s’est félicitée Marie Camelle Jean Marie qui souligne que le budget pour l’exercice 2014-2015 est pratiquement prêt. « Nous savons déjà quel va être le poids des salaires, nous savons déjà les prévisions de ressources, nous savons quelques indications sur les appuis budgétaires… », a-t-elle dit. MCJM n’a toutefois pas donné de précisions sur le montant du prochain budget du pays. Cette situation porte le grand argentier de la République à réfléchir sur une réorientation de la politique menée depuis 2005, « notamment à travers les réformes, les programmes que nous négocions avec le FMI pour réorienter ce qui nous reste encore à décaisser sur les fonds promis après le tremblement de terre, à les utiliser plutôt pour des investissements à caractère productif », a-t-elle avancé. « Nous devons penser à réserver une part de ressources plus importante à l’investissement. Je le souligne encore, à l’investissement productif de manière à diversifier les ressources du budget dans le futur », a précisé la ministre. MCJM, qui n’a pas voulu évoquer l’application d’une politique économique d’ « austérité », a préféré parler d’une « optimisation des ressources ». Selon elle, il y a des dépenses de fonctionnement qui n’apportent rien au pays comme certains voyages, les colloques à l’étranger, les cartes de téléphone, depenses traiteurs, voiture de luxe... Le Premier ministre a déjà envoyé une circulaire en ce sens aux ministres. Dorénavant, c’est Laurent Lamothe lui-même qui autorisera les déplacements des officiels qui doivent justifier leur voyage au préalable. Dans ce sens, la réduction des per diem est aussi à l’étude et devait être appliquée dès la publication du budget. Impossible d’avoir de nouveaux projets Marie Camelle Jean-Marie veut changer cette perception qui laisse croire que les ressources de l’Etat sont inépuisables et qu’à chaque déplacement du chef de l’État et du Premier ministre, il y a tout un lot de requêtes (NDRD : de promesses aussi). « Au vu des prévisions de ressources et au vu des chronogrammes de l’exécution des projets que nous avons déjà, le président sait qu’il n’y a pas de possibilités d’ajouter de nouveaux projets et cela même jusqu’à la fin de son mandat. Il faut terminer les projets qui sont déjà en cours avant de penser à en initier d’autres », a affirmé avec autorité la ministre. Le budget national voté la semaine dernière était entré en vigueur même avant même sa promulgation prévue pour ce mercredi, a-t-elle ajouté. « C’était devenu très contraignant pour la direction générale du budget au niveau des requêtes de gérer deux enveloppes différentes… Le budget 2013-2014 est en exécution…», a indiqué la ministre. S’agissant de la dépréciation de la gourde, elle a fait savoir que le Premier ministre a passé des instructions aux ministères, directions générales et organismes d’exécution de projets pour que les contrats et les paiements soient faits en gourde. Ce qui permettra de conserver, au niveau de la Banque central, suffisamment de dollars pour augmenter les réserves et permet à la BRH d’intervenir si nécessaire sur le marché de change en vendant des dollars. La BRH, a-t-elle assuré, a suffisamment de devises pour financer quatre mois et demi d’importation. Les appuis budgétaires que le pays va commencer à recevoir à partir du mois de juin, 34 millions d’euros de l’Union européenne, 31 millions de dollars de la BID et 28 millions de dollars de la Banque mondiale vont augmenter les réserves nettes de change à presque six mois d’importation… Revenue au gouvernement après avoir démissionné de son poste, Marie Camelle Jean-Marie a la lourde responsabilité de gérer le Trésor public dans un contexte où le pouvoir se prépare à aller aux élections et aura besoin de grands moyens pour soutenir ses candidats. Vous avez dit « optimisation des ressources de l’Éta t » Madame la ministre ?

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