Le 5e briefing de la PROMODEV embrase le financement des chaînes de valeurs

L’organisation de Promotion pour le développement – PROMODEV – a convié, ce jeudi 27 février 2014 à la salle Thérèse de l’hôtel Le Plaza, techniciens du secteur agricole, experts de divers domaines et professionnels de médias à son cinquième briefing qui s’est déroulé autour du thème : Le financement des chaînes de valeur, une opportunité pour le développement économique d’Haïti.

Publié le 2014-02-27 | Le Nouvelliste

Economie -

Ce cinquième briefing de la PROMODEV – organisation engagée dans le développement durable en Haïti – a revêtu une allure spéciale ce jeudi matin. Des personnalités de marque telles que le ministre de l’Agriculture, Thomas Jacques, le sénateur Jean Willy Jean-Baptiste, président de la commission Agriculture et Environnement au Sénat de la République, Kesner Pharel, P.D.G. du Group Croissance, entre autres, ont auréolé de leur présence le déroulement de ce briefing. Dans son allocution de circonstance, le ministre de l’Agriculture a mis l’accent sur la nécessité d’une relance du secteur agricole, a annoncé l’instauration de nouveaux services au sein du MARNDR en conformité avec le Plan triennal de la relance agricole ainsi que la création prochaine d’une direction de l’innovation au MARNDR. Ce briefing a aussi servi de prétexte aux dirigeants de la PROMODEV pour honorer Kesner Pharel et le journaliste et présentateur à Radio Télé Ginen, Anthony Pascal, plus connu sous le nom de Konpè Filo. Ces derniers ont respectivement reçu une plaque d’honneur, le premier pour son engagement et son dévouement dans le processus de développement durable en Haïti, le second pour l’ensemble de sa carrière ainsi que pour la promotion de l’agriculture dans ses émissions. Quelques minutes à peine après avoir reçu son prix, Kesner Pharel a édifié l’assistance, suspendue à ses lèvres tout au long de sa présentation, en faisant une mise en contexte globale de la chaîne de valeurs. Une chaîne de valeurs est, par définition, un partenariat stratégique entre des entreprises interdépendantes qui entretiennent des liens de collaboration pour apporter progressivement une valeur ajoutée aux consommateurs finaux, ce qui se traduit par un avantage concurrentiel collectif. A l’aide de tableaux, de graphiques et de statistiques, l’économiste a une fois de plus prouvé que l’agriculture, comme il aime le répéter à qui veut bien l’entendre, est un secteur transversal. Il a beaucoup insisté sur la modernisation du secteur agricole et a lancé au public sur un ton docte : « Pas besoin d’être agronome pour faire de l’argent dans l’agriculture.» Le tourisme sans l’agriculture contribuera à creuser dangereusement le déficit de la balance commerciale, car il nous faut nourrir tous les touristes qui viennent nous visiter», a déclaré, en guise de mise garde, Kesner Pharel. Après l’entrée en matière de Kesner Pharel, comme c’était prévu dans l’agenda, deux panels se sont succédé pour éplucher dans tous ses aspects la notion de chaîne de valeurs ainsi que son financement. Intervenant au premier panel, intitulé développement et financement des chaines de valeurs agricoles : défis et perspectives, Evens Henrice, représentant du secrétaire d’Etat à la Production végétale, Vernet Joseph, a axé son exposé sur les opportunités d’investissement dans le secteur agricole. Peu avare de statistiques et de pourcentage, il a fait savoir au public que l’agriculture représente 25% du PIB national, subvient à 45% des besoins de la population et octroie 60% d’emplois. Cependant, Kesner Pharel, qui l’a précédé, a pris le soin dans son intervention de démontrer que « le secteur agricole dominicain génère 600 millions de dollars et représente 8,.7% du PIB tandis que l’agriculture haïtienne contribue à hauteur de 25% du PIB pourtant elle n’arrive pas à générer 100 millions de dollars ». Evens Henrice a ponctué son intervention en étalant les objectifs visés par le bureau de la secrétairerie d’Etat à la Production végétale, à savoir: augmenter de 40% le revenu per capita des producteurs, réduire de 25% la dépendance alimentaire vis-à-vis des produits importés, doubler les exportations des produits agricoles, faire passer de 1,5% à 5% la couverture végétale du pays. Pour sa part, Philippe Bellerive, économiste, cadre de l’Agence des Etats-Unis pour le développement (USAID/Projet WINNER), qui intervenait sur les possibilités de développement de la chaîne de valeurs et des entreprises inclusives en Haïti a loué les opportunités qui restent encore à saisir dans le secteur agricole. « Les engrais peuvent rapporter 50 millions de dollars moins la distribution aux petits planteurs, les tracteurs représentent un marché de 5 millions de dollars à raison de 100 tracteurs par an », a expliqué le représentant de l’USAID à ce briefing. Il a plaidé pour le financement spécifique de chaque branche de la chaîne et a fait savoir que les demandes des paysans les plus récurrentes sont: la présence de l’Etat et l’accès au crédit. L’assurance, le nœud gordien du secteur agricole, a elle aussi été débattue. En effet, Pascal Pecos Lundy, directeur du cabinet du secrétaire d’Etat à la Relance agricole du ministère de l’Agriculture, dans son intervention sur les instruments de réduction des risques : assurance récolte/intempéries, a entretenu l’assistance sur la complexité de l’assurance agricole, les risques de pertes collectives et la cherté des produits d’assurance agricole. « Il faut des données fiables pour pouvoir faire de l’assurance », a-t-il observé. Le second panel consacré à l’instrument de financement des chaînes de valeurs agricoles a nourri l’ambition d’être plus pratique que le précédent. Toutefois, dans la réalité, ce but était loin d’être atteint. Ariste Sorel, directeur des opérations de la FAO, qui entretenait le public sur les innovations dans le financement de la chaîne de valeurs agricoles, a mis l’emphase sur les aléas auxquels sont confrontés cette chaine : risque élevé de catastrophes, absence d’un marché d’assurance agricole, des services et infrastructures manquants, secteur agroalimentaire sous-capitalisé…. Pour sa part, Lionel Fleuristin, directeur national de Konsèy Nasyonal Finansman Popilè (KNFP), a exposé un cas concret : le crédit mango à Gros-Morne. « La chaîne de valeurs ne peut en aucun cas être séparée de ces aspects : les différentes filières, l’exploitation familière, la communauté et le territoire », a assuré Lionel Fleuristin, qui prône le dialogue entre les fournisseurs et les utilisateurs de la chaîne de valeurs. Une position qui s’allie avecsur celle des responsables de PROMODEV qui espèrent, entre autres, obtenir le résultat suivant : « la mise en place d’une plateforme de communication et d’échanges au service des acteurs impliqués dans le développement rural ».

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