Jeudi 29 septembre 2016









SANTE

La maniaco-dépression


Généralement observée, la dépression n’est autre qu’un désordre d’humeur qui peut se manifester  ou s’exprimer biologiquement, psychologiquement et/ou sociologiquement chez la personne affectée ; quelle que soit sa croyance religieuse ou culturelle. La perte ou le manque d’appétit et d’énergie accompagnée de changements du cycle de sommeil et surtout des épisodes de retrait restent ses symptômes les plus courants, surtout si ces derniers persistent durant plus de deux mois.  Souventes fois, la personne affectée de la dépression voit du vide autour d’elle, comme si tout serait dépeuplé dans son voisinage et/ou à ses propres yeux. Ainsi vue ou observée, la consultation d’un spécialiste s’avère nécessaire. Et on appréhende qu’il existe plusieurs formes de dépression. Et je cite : la dépression-clinique, la dépression saisonnière, la variance d’humeur (mood swing), l’anxiété-dépression, le désordre d’ajustement accompagné de multiples signes et symptômes de dépression et enfin la maniaco-dépression. Pourtant, elles détiennent ensemble toutes des points communs en termes de signes, comportements et symptômes. La personne déprimante tend à se percevoir d’être isolée. A peu près 19 millions d'Américains ont été diagnostiqués de cette dite morbidité tandis que les statistiques nous montrent qu’au moins 1 sur chaque 4 adultes sera affecté par la dépression à n’importe quel moment de son existence.          

La maniaco-dépression est un trouble de l'humeur, plus connue aujourd’hui sous le nom de « trouble bipolaire ou cyclothymique » par les spécialistes du métier. Cliniquement observée, la
maladie se manifeste ouvertement en deux (2) phases : a)  une phase dite dépressive (basse), et b) une phase dite maniaque (haute), d'où l'expression maniaco-dépressive ou affective bipolaire. On comprend aussi qu’il en existe une phase normale dans laquelle la personne affectée démontre les comportements adéquats relativement comparables à ceux démontrés par le reste de la population non affectée. Chez certaines personnes affectées, on retrouve des phases dites mixtes, où
il y a une concurrence des deux phases.

La phase dépressive est caractérisée par la tristesse de l'humeur, le ralentissement de la pensée et surtout le  ralentissement des activités  motrices du cortex. L’individu, agissant ou axant sur la tristesse de l'humeur, a souvent le cœur gros. Il perd tout goût de s'amuser et est porté à pleurer ou à se culpabiliser pour des choses du passé. Il se dévalorise même. Il peut se percevoir d’être atteint d'une maladie incurable et même souhaiter la mort.
Se trouvant sur l’axe du ralentissement de la pensée, il se voit en difficulté d’exprimer ou même de formuler sa pensée. Ses capacités de concentration et d'attention sont diminuées. Agissant parfois comme une personne droguée. Ses réponses sont souvent monosyllabiques comme s'il était
incapable de formuler une phrase complète
.
 

L’axe du ralentissement moteur reste ouvertement la plus triste à observer, car toute activité devient pénible à ses yeux. Ilpasse ses journées couché, parce qu’il se sent continuellement fatigué. Se laver,
se brosser les dents, se nourrir, s'habiller deviennent des corvées qu'il essaie d'éviter. Il reste souvent couché, mais souffre d'insomnie, préoccupé par ses idées pessimistes. L'idée suicidaire lui apparaît comme la seule solution à ses souffrances, pourtant difficiles à décrire.

La phase maniaque est totalement opposée à la phase dépressive. Elle est souvent caractérisée par une exaltation de l'humeur, une accélération du processus de la pensée, une hyperactivité.
L’observation de l’exaltation de l'humeur du maniaque est exubérante, exaltée. Cette vitalité n’est pas comparable à celle retrouvée chez les gens ordinaires. Il ne s'agit pas là de la vitalité et de l'optimisme que l'on retrouve chez les gens
entreprenants. Il investit une extrême confiance dans ses pouvoirs et son charme. Il est convaincu et convaincant. Il ne permet aucune critique et tend à devenir
facilement irrité et colérique. Sur le plan affectif,  il fomente des aventures pour le plaisir de plaire, de connaître le changement, sans penser aux conséquences possibles. Il a une absence totaled'inhibition et de tact et s’en fout pas mal d’une quelconque conséquence fâcheuse sur le plan familial et au travail.
             Se trouvant sur l’accélération du processus cognitif, la pensée du maniaque est rapide et constamment accélérée. Pourtant, il se bouscule au point que le flot verbal ne peut suivre le
rythme. Il passe d'un sujet à l'autre et fait du «coq-à-l'âne», parle-parle,
jase-jase, même si son auditoire ne lui paie aucune attention.
Axant sur l’hyperactivité motrice, le maniaque est toujours en mouvement. Il entreprend plusieurs projets en même temps dans lesquels il s'est engagé sans prendre le temps d'en examiner les détails afin d'en apprécier leur validité. Son jugement est perturbé. Son activité sexuelle s'accroît et va dans toutes les directions. Il ne connaît pas de limites à ses forces. Il est comme un superman et ne prend pas le temps de manger. Il ne se sent jamais fatigué et toujours a trop de choses à faire
pour penser à dormir. Il ne dort presque pas ou tombe de sommeil quand il est totalement épuisé. Si son entourage essaie de le calmer ou de lui conseiller du repos, il devient irritable et considère que ce sont les autres qui sont malades.

 En phase mixte, il est difficile de diagnostiquer ou de suivre. Alors qu'habituellement les phases dépressives, les phases maniaques et les phases dites «normales» se suivent – en effet, un cycle. Il arrive que des symptômes dépressifs soient enchevêtrés à des symptômes maniaques. Et c’est là qu’on peut parler de la forme mixte de cette morbidité. Pendant les cycles rapides, on note généralement qu'un cycle est constitué par une phase maniaque, une phase dépressive et une phase normale. Quand il survient plus de 4 cycles dans une année chez un individu, on considère qu'on a affaire à des cycles rapides. Il peut arriver que la personne affectée présente plusieurs périodes maniaques et dépressives au cours de la même journée.

  Il est de plus en plus évident que cette morbidité n'est pas acquise au cours d'expériences vécues. Elle est transmise génétiquement – de parents aux enfants. Ce qui explique l'incidence plus élevée dans une même famille de la présence de la maniaco-dépression. Et dans un stratum de 3 à 4 pour mille personnes affectées dans la population générale, l'incidence augmente à 15% dans une même famille. On connaît aussi l'influence du stress continuel sur le cerveau et l'accumulation de stress reliée à des problèmes existentiels qui peuvent déclencher un épisode dépressif aussi bien qu'un épisode maniaque. Depuis quelques
années, on redécouvre l'influence des facteurs saisonniers et du rayonnement
solaire dans l'éclosion des troubles de l'humeur
.
La manie étant plus fréquente au cœur de l'été et à l'automne,
tandis que l’axe dépressif se manifeste pendant l'hiver.

 On admet que les premières
manifestations de la maladie apparaissent avant la trente-cinquième année
,
généralement dans la vingtaine. Certains experts considèrent certains troubles de comportement (tels l'hyperactivité, l'anorexie, la boulimie, l’alcoolisme et la toxicomanie, certaines phobies...) comme des manifestations précoces d'une maladie affective bipolaire.
Le traitement de base de la maladie affective bipolaire est le lithium – un sel
détenant la propriété chimique de stabiliser l'humeur. On a utilisé pendant des années, les antidépresseurs tricycliques (TCA) et
les inhibiteurs de la monoamine oxydase (IMAO) pour combattre l'état dépressif. On s'est rendu compte que les antidépresseurs administrés seuls provoquent rapidement l'apparition de l'état maniaque chez l'individu porteur de la maladie bipolaire. Les
antidépresseurs ajoutés à un traitement au lithium contribuent à créer des cycles rapides ou des états mixtes.
On considère actuellement les phases dépressives en cours de traitement au
lithium comme des hypothyroïdies et on préconise des faibles doses
d'extraits thyroïdiens.
De même, dans les cas de cycles rapides et d'états mixtes créés par l'administration d'antidépresseurs, des extraits thyroïdiens sont recommandés à doses progressivement élevées. On a préconisé aussi l'utilisation des neuroleptiques dans les états maniaques. Mentionnons que les porteurs de cette maladie sont très sensibles aux neuroleptiques et présentent des effets secondaires particulièrement marqués.

Actuellement, on fait plutôt appel aux
anticonvulsivants tels que le clonazepam (Rivotril), la carbamazépine (Tégrétol), l’acide valproique (Épival). Néanmoins, la psycho pharmacothérapie et la nutrithérapie semblent jouer de grands rôles dans la gérance de cette dite morbidité. Des essais intéressants se poursuivent avec le tryptophane, (un acide aminé) qui permettrait de diminuer la dose totale de lithium et de réduire ainsi les risques associés aux doses élevées de
lithium.











AUTEUR
Dr. Harry-Hans François, Ph.D., N.D.,CNC, Dip-CFC

Réagir à cet article

Les commentaires sont modérés

Chaque contribution postée est soumise à modération. Vous pouvez alerter l'équipe du Nouvelliste, d'une contribution qui vous semble ne pas respecter notre charte en cliquant sur le bouton << Voter contre >>, présent sous chaque commentaire. Notre équipe sera automatiquement prévenue et fera le nécessaire.

La charte de moderation












Haut de la page