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L'actualité en question 11 Décembre 2009
     
   
  Haïti: L'actualité en question


Nous espérons que vous n'avez pas été surpris par la liste des candidats agréés par le Conseil électoral provisoire (CEP) dans le cadre des législatives de 2010. Tous les candidats sont de bonne vie et moeurs, n'ont rien à se reprocher, sont en règle avec la justice du pays.

A part quelques candidats négligents dont les pièces exigées se sont révélées manquantes ou non conformes aux règlements, tous ont obtenu 10/10 comme à «l'Ecole des fans». Est-ce à dire que tous les candidats aux élections en Haïti sont de «bonne vie et moeurs», ne sont pas passibles d'une «peine afflictive et infamante» ? Serait-ce une preuve flagrante du bon fonctionnement, de la bonne santé de la justice de ce pays ?

Allez comprendre quelque chose à la justice de ce pays, en dépit des déclarations d'intention des titulaires (anciens et nouveaux) de ce ministère !

On dirait que la faiblesse du système judiciaire de ce pays est perçue et acceptée comme une fatalité confortable qui fait l'affaire de tout le monde. A bien comprendre, Amaral Duclona aurait été agréé par un Conseil électoral provisoire n'était l'engagement de la France pour obtenir justice en faveur d'un de ses ressortissants et qui, de fait, l'a recherché activement et a obtenu son extradition. Jusqu'à aujourd'hui, la justice haïtienne n'a encore condamné le citoyen Amaral Duclona pour des crimes commis en Haïti sur des Haïtiens.

N'est-il pas une insulte grave faite à l'Etat quand on réclame d'un candidat à un poste pour l'exercice d'un des trois pouvoirs (Exécutif, Législatif et Judiciaire), une pièce qu'on peut retirer dans n'importe qu'elle épicerie ou dans n'importe quelle condition ?
Il n'est pas étonnant, dans ces conditions, que les Etats-Unis d'Amérique soient plus enclins à poursuivre ceux qui ont détourné des fonds de la Téléco, une entreprise publique qui est sous la juridiction des institutions haïtiennes de lutte contre la corruption. Pas du tout étonnant que certains parlementaires, des grands responsables de la fonction publique soient poursuivis par les Etats-Unis d'Amérique et extrades pour trafic de drogue au grand dam des autorités haïtiennes qui semblent perdre totalement le sens des notions de responsabilité, de souveraineté, de morale, de dignité de l'Etat. La réalité étant ce qu'elle est, perçue et acceptée comme une fatalité confortable, pour garder un certain décorum, ne faudrait-il pas envisager de soumettre (même dans les coulisses) la liste de nos candidats aux grandes fonctions publiques et de l'Etat aux «Amis d'Haïti», la France, les Etats-Unis d'Amérique, le Canada... devant la Cour desquels pays nos compatriotes sont désormais justiciables ?

Il sera toujours question et plus aisé de parler de «fructueuse collaboration» des autorités judiciaires du pays. N'est-ce pas ?

 
     
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