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par Lemoine Bonneau lbonneau@lenouvelliste.com
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La Une du 18-06-2013
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CULTURE

Journée internationale des femmes/Spectacle
Hommage aux oubliées
Le Nouvelliste | Publié le :12 mars 2013
 Martine Fidèle martinefidele@yahoo.fr
« Nou se peyizan, nou rete nan mòn; nou desann lavil, vin vann sa n rekolte ». Ce sont ces éclats de voix qui envahissent une grande plaine, devançant un défilé de femmes bariolées, saccadées dans des roulements de tambour, panier juché sur la tête, pieds nus recouverts de poussière. Nous sommes à Maldor. Coin de terre isolée de la contrée léogânaise où la flore, des moins luxuriantes, s'expose à la risée des saisons pluvieuses. La terre, sèche et pulvérisée, étend son tapis gris sur lequel gîtent une douzaine de familles, toutes tassées dans des cases boiteuses, au milieu desquelles s'alignent des bancs en bois, assez confortables pour accueillir quelques invités. On célèbre les femmes. Celles qui, dans le théâtre de marionnettes, font partie du décor. Vêtue de leurs plus beaux habits, singulièrement disparates, une marée humaine se réjouit autour de six corps en ébullition, pris dans un boléro inadapté aux pas et à la cadence. Des paysannes, très avancées en âge, s'exécutent à tournoyer, faisant ainsi virevolter leurs jupes, laissant à l'indiscrétion du public le trémolo de leurs cuisses avachies. Organisée par OFED (Òganizasyon Fanm se Espwa Demen), groupe de femmes oeuvrant depuis des années dans l'agriculture et le commerce, la pièce est sans queue ni tête. Juste une litanie de reconnaissances déposées en guise d'honneur aux pieds de celles qui, reléguées à l'arrière-plan du pays, font tourner l'économie. Nathalie Fils-Aimé, tête pensante de l'organisation, affirme : « Nou anviwon 120 fanm nan OFED kap travay latè. Pèsonn pa voye je sou nou. Pa gen moun ki ankadre nou sof Oxfam Kebèk. » D'autres membres soutiennent : « Pou nou Leta pa egziste... si l egziste, li poko rive nan Maldor. Tout moun ap regle afè yo sou do fanm... Men m konnen yo pa etènèl, se pase yap pase. Men nou menm fanm nan Maldor, nou se wozo. Menm si n pliye, nou pap kase. » Des mots, juste des mots pour réveiller l'oubli et panser les plaies. En ce 8 mars, au nom d'une heure d'horloge passée en compagnie de ces femmes qui s'évertuent à acclamer leur courage et à se nourrir d'espoir, on comprend qu'il n'existe pas de si grandes âmes que celles qui, dans la mêlée, s'accrochent désespérément à l'action du coeur.
Martine Fidèle martinefidele@yahoo.fr
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