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MINISTRE STÉPHANIE
Le Nouvelliste | Publié le :11 mars 2013
Gaëlle C. Alexis
Je remarque ses escarpins bleus - parce que c'est ce que je regarde avant chez une femme. Puis sa démarche décidée. Ensuite son sourire éclatant et ses cheveux châtains brillants. « Excusez-moi », nous dit-elle avec un regard contrit. « J'ai été appelée au Palais et je n'ai pas eu le temps de vous en informer », explique la ministre du Tourisme comme pour se faire pardonner de nous avoir fait attendre. Ce n'est pas grave, me dis-je. Une interview avec Stéphanie Villedouin vaut bien cette petite peine.
En chemisier blanc et pantalon bleu gris, maquillage défait, la ministre a eu une longue journée de travail. Comme d'habitude. Il est déjà 6 heures pm ; dans environ une heure, elle va quitter son bureau à la rue Légitime, après avoir vérifié plusieurs dossiers importants. Ce soir il n'y a heureusement pas de dîner, ni d'apparition éclair à faire dans une réception pour le bien de son poste. Son assistante, Cassandra, de qui elle avoue ne pas pouvoir se passer, ne la quitte pas une seconde. Discrète mais efficace, celle-ci anticipe les gestes et les désirs de sa patronne. « Cassandra tient mon agenda et planifie tous mes rendez-vous. Je ne peux pas me passer de son efficacité », lâche Stéphanie. La plus jeune ministre du cabinet de Laurent Lamothe ne se fait pas prier pour répondre aux questions.
Passionnée de son travail, Stéphanie Villedouin, 30 ans, trouve pourtant le temps de jongler entre ses obligations familiales et son dévouement pour sa patrie. « C'est difficile, mais il faut juste savoir faire l'équilibre. Heureusement pour moi, j'ai un mari super compréhensif et des enfants admirables. Je leur parle, je leur explique en quoi consiste mon travail. Quand je le peux, le week-end, je me rends avec eux sur les sites que je visite, et là ils comprennent mieux mon travail. » Mère de trois enfants âgés entre 4 et 9 ans, mariée depuis bientôt une décennie, Stéphanie avoue quand même qu'elle joindrait difficilement les deux bouts sans son mari. « Sans lui tout serait plus compliqué. »
Dans son joli bureau du ministère du Tourisme où nous sommes ce mardi soir, les plaques d'honneur et de remerciements s'alignent sur les murs, à défaut de grands tableaux tape-à-l'oeil. Çà et là des coffrets remplis de produits locaux sont arrangés, et deux bouquets égayent les lieux. Simple et bien arrangé, le bureau projette l'image de son occupant. A part son vernis à ongles rouge vif, sa montre carrée en or, son pendentif en coeur, son alliance et ses boucles d'oreilles, Stéphanie Villedouin ne porte rien de clinquant. « Je suis une femme simple. Mes sorties, le plus souvent, se font avec la famille. Bien sûr, j'aime danser, m'amuser ; j'aime le carnaval, l'aspect social des rencontres... et ça fait souffler un peu dans ma routine qui va à cent mille l'heure. »
Enfant modèle, adolescente heureuse qui n'a pas fait les quatre cents coups, le parcours de la ministre est bien tracé. Après l'école classique à Saint-François d'Assise, elle fait des études en hôtellerie et tourisme et travaille à l'Association Touristique d'Haïti pendant qu'elle gère un hôtel familial. « J'ai toujours beaucoup travaillé dans ma vie. Le travail ne me fait pas peur. Dès que je me donne à une cause, j'y suis jusqu'au bout », confie la jeune ministre. « J'ai la chance de diriger un secteur que j'aime et qui vraiment me tient à coeur. Les résultats n'en seront que plus positifs ! »
Native du Bélier, ce 29 mars elle aura 31 ans. « En plus d'être une fonceuse, je suis jeune et j'ai de l'énergie à revendre », rassure Stéphanie Villedouin. Son énergie, justement, elle la puise dans son sommeil qui dure toujours six heures, et dans les trente minutes de sport qu'elle s'oblige à pratiquer chez elle même après une longue journée de réunions, de rencontres et de visites sur le terrain. Quand elle parle, la ministre du Tourisme agite ses mains, cligne légèrement des yeux, comme si elle puisait son idée jusqu'au fond de son âme. Femme jusqu'au bout des orteils, amicale et joviale, certains pourrait la qualifier de timide lorsqu'elle glisse de temps en temps la mèche rebelle qui lui tombe sur le visage. Mais quand ses yeux marron vous fixent de leur regard clair et franc, on reconnaît la femme de pouvoir qui assoit ses positions sans ciller.
Gaëlle C. Alexis
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