Jimmy Ménard, nèg prensip la !

PUBLIÉ 2018-07-11
En voilà un homme qui a fait du sport sa première passion tant il s’y dévoue. D’élève de karaté à professeur, en passant par les autres disciplines sur lesquelles il a mis le projecteur, Jimmy Ménard ne se lasse pas. Normal puisqu’il le fait par pur et simple plaisir. Un petit coup d’œil sur cet homme qui propose, d’après lui, la coupe du monde autrement.


Avec 7 retransmissions de coupe du monde à son actif, Jimmy Ménard n’est pas novive dans le journalisme sportif. Né à Dondon, dans le département du Nord, il a immigré à Port-au-Prince à l’âge de huit ans où il a fait ses études classiques au Collège Roger Anglade. Son père étant avocat du Barreau de Port-au-Prince à l’époque, voulait que ses enfants emboitent son pas mais il faut dire que Jimmy ne l’entendait pas de cette oreille. « J’étais attiré au début par l’agronomie, il a fallu que ce soit une petite amie d’alors, voyant que j’aimais le sport, ma curiosité et ma velléité à toujours poser des questions, qui me pousse vers la communication sociale à la Faculté des Sciences Humaines », raconte l’homme qui a également fait des études en sciences politiques et en diplomatie, et suivi des séminaires et formations en sociologie des médias en Allemagne, Hollande.

Jimmy Ménard a débuté son métier en 1994. Son premier direct a eu lieu lors de la coupe d’Europe de 1996, à la chaîne 13, actuellement Télé Timoun, qui avait à ce moment-là Fred Brutus comme propriétaire. Son talent s’est vite fait remarqué car Robert Denis, directeur de la Télémax l’a invité à rejoindre son équipe de sport. Et c’est là qu’il a fait la coupe du monde 98 sous la direction de Behrmann Gay, responsable de sport de la station. De là, sa carrière a pris son envol. « J’ai laissé Télémax en 2001 pour aller à Télé Timoun. C’était toujours la même chanel mais le propriétaire avait changé, c’était Jean-Bertrand Aristide. Je suis passé à Télé Éclair où j’ai eu un beau parcours. Puis j’ai laissé le pays pendant trois ans lors du coup d’État d’Aristide. À mon retour, j’ai intégré Radio Télé Signal où je suis encore », éclaircit celui qui a reçu sa formation en journalisme à l’école d’Ady Jean Gardy, ancien ministre de la communication et journaliste.

Éloquent et élégant dans sa manière de faire, la tête pensante de ‘‘Signal Sport’’ est un as des arts martiaux. Il pratique et enseigne le karaté, le aïkido plus précisément . Le sport est sa grande passion et il pratique son métier par pur plaisir. « Je fais ce travail par plaisir, par passion car le métier de journalisme ne permet pas de vivre décemment en Haïti. Parallèlement, je donne des consultations, je fais autre chose. Mais cela ne m’empêche d’aimer le journalisme sportif. Si se pa t sa, mwen t ap kite déjà », confie-t-il.

Si sur la bande FM, beaucoup se laissent emporter par l’euphorie du mondial, l’équipe de Signal Sport, d’après Jimmy Ménard voyait les choses autrement. « Je vais au-delà de la discipline elle-même. Je présente les équipes coté géopolitique, c’est-à dire le pays, son commerce, son histoire et je parle surtout de leurs réalisations où j’essais de le comparer un peu avec Haïti. Après, je rentre dans le play by play. Je tente d’apporter une touche nouvelle. Mais c’est seulement pour la radio car le propriétaire en a décidé ainsi. J’ai quatre collaborateurs : Olivier Vital, Richemond Chinel, Rica Sylvain, Emmanuel Gabriel, qui font un travail super », épilogue Jimmy qui est également le directeur des sports de Signal.

Outre le football qui semble être la discipline de prédilection de beaucoup de chroniqueurs sportifs, Jimmy a proposé la seule émission de boxe sur le territoire: Boxe 56. « Pour le sport, quand j’étais à Télémax, on ne s’accentuait pas uniquement sur le ballon rond. Je participais à des matchs de ping-pong, on faisait les circuits d’Haïti (Course de moto). Je voyais d’autres disciplines, et très prochainement, pourquoi pas le karaté, le judo. Men vrèman pèmèt moun yo wè lòt disiplin yo, ede yo konprann ak dekouvri yo. C’est pourquoi j’aime les propriétaires de média progressistes, qui eux aussi aiment le sport » lance celui qui tient un média en ligne, Sporto360. Et ce n’est pas tout, monsieur a le projet d’avoir sa propre chaine de média.

Aux responsables de sports du pays, Jimmy Ménard vous somme d’encadrer les jeunes dans le domaine. « Lè yo mal fòme, il y va de la responsabilité des ainés. Se yo ki pou bay jèn yo bon direksyon apresa pou yo fè pwòp wout pa yo », conseille-t-il. Quant aux jeunes, il a pris le ton d’un père qui réprimande son enfant. « Fòk nou li anpil epi kiltive imilite ! Vous êtes trop présomptueux ! Quand on vous félicite une fois, vous n’avez plus envie de faire des efforts, se kòmsi nou fin rive, nou pran tèt nou pou pakèt kichòy. Lors des retransmissions, vous faites plus de papotage qu’un travail sérieux et méticuleux. Ale lekòl, li anpil, aprann yon lang etranjè, fè yon spesyalizasyon, devenez de bonnes références ! », lache Jimmy tout de go. Tout comme en sport quand on arrête, on régresse, quand on cesse d’apprendre et de se former on oublie.



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