Quatre morts et des blessés recensés

Les émeutes qui ont suivi la décision du gouvernement d’augmenter les prix des produits pétroliers le week-end dernier ont pris l’allure d’hécatombe dans l’aire métropolitaine. Outre les pillages et les actes d’incendie, on dénombre des pertes en vie humaine et de plusieurs blessés par balle.

Publié le 2018-07-10 | Le Nouvelliste

National -

De toute la totalité des pathologies traitées, on parle de 64% de cas de plaies par balle reçus dans les structures de Médecins sans frontières (MSF) pour ce week-end marqué par la colère d’un peuple frustré. Les revendications populaires n’ont pas été faites sans heurt. Outre les pillages, les actes d’incendie, on dénombre des cas de mort, de plaies par balle et à l'arme blanche. « On a recensé au moins quatre morts dont deux policiers. Il y a un autre cas qu’on a inventorié mais je ne dispose pas trop d’information le concernant.», a confié Jocelyne Colas Noël, directrice exécutive de la commission Justice et paix (JILAP), rappelant qu’il s’agit d’un bilan provisoire.

Entre le 6 et le 8 juillet, les cas de plaies par balle reçus dans les hôpitaux étaient légion. Le bilan s’alourdirait si la circulation automobile n’était pas paralysée. « Nous avons reçu 28 patients dont 18 étaient des blessés par arme à feu soit 64% à l’hôpital de Tabarre », a affirmé Sébastien Libert, chef de mission de Médecins sans frontières Belgique.

Les 18 cas se répartissent comme ceci : 6 à Delmas, 3 à Pétion-ville, 4 à Tabarre, 2 à Croix-des-Bouquets, un au centre-ville, un à Cité Soleil 1. La provenance du dernier cas est inconnue.

« A l’hôpital MSF de Martissant, nous avons reçu moins de patients qu’habituellement alors que les 5 premiers jours de juillet montraient clairement des chiffes préoccupants vu que nous avons reçu 25 blessés par balle entre le 1 et le 5 juillet dont 10 uniquement pour la journée du 2 juillet. Pour le lundi 9 juillet, 7 blessés graves dont 5 blessés par balle, quasi simultanément ont été reçus », a ajouté M. Libert qui dit envisager de tirer la sonnette d’alarme sur l’augmentation des admissions du nombre de blessés par balle dans les structures de MSF dans les 5 premiers jours de Juillet.

Le plus grand centre hospitalier du pays, quant à lui, était malgré lui en dysfonctionnement en raison de l’absence des médecins de service. Les résidents (six au total) qui étaient présents assistés par des internes ont pu prodiguer des soins aux hospitalisés et ausculter de nouveaux patients. « Parmi les cas reçus, il y a eu des plaies par balle », a confié, sans préciser des chiffres, un médecin rencontré mardi à l’HUEH.

Le directeur médical de la Fondation St-Luc a signalé avoir reçu six cas de plaie par balle. « Généralement, on ne traite pas les cas de trauma chirurgical. Vu la situation, on ne pouvait pas ne pas prendre en charge ces personnes enquête de soins », a expliqué le Dr Marc Edson Augustin qui informe être venu en renfort à l’Hôpital de l’Université d’Etat d’Haïti. « L’hôpital St-Luc a pris en charge 10 cas traumatiques pour l’HUEH », a-t-il indiqué.

L’hôpital Bernard Mevs, l’un des centres spécialisés dans la prise en charge de trauma en Haïti a reçu pas moins de 4 cas de plaie par balle et deux cas de plaie à l'arme blanche. « On a reçu trois appels. Des gens qui voulaient se faire soigner à l’hôpital Bernard Mevs. À cause la paralysie de la circulation, ces cas n’ont pas pu arriver à l’hôpital », a expliqué les frères Bitar.

Pour signifier sa colère après que le gouvernement a augmenté les prix des produits pétroliers (48% sur le diesel, 51% sur le kérosène et 38% sur la gazoline)-une décision qui a été suspendue moins de 24 heures après- la population a bloqué les rues, pillé et incendié des magasins… « Au moins deux hôtels ont été saccagés, pillés ; des supermarchés ont été pillés et certains d’entre eux incendiés ; des maisons de concessionnaires d’automobiles ont été soit cassées, soit incendiées ; des véhicules ont été incendiés ou vandalisés ; au moins une école de danse a été saccagée ; les compagnies de téléphonie Natcom et Digicel ont essuyé des attaques », ont répertorié les organisations de droit humain en Haïti. Elles jugent irresponsable le comportement du président de la République, Jovenel Moïse, du gouvernement et des autres autorités du pays. Elles exigent qu’elles en assument les conséquences.

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