La Belgique sort le grand jeu face au Brésil pour rejoindre la France

Le journal du Mondial du 6 juillet 2018

Publié le 2018-07-09 | Le Nouvelliste

Sport -

Le Brésil pris à son propre jeu! Dominée comme jamais par la Belgique inspirée par l'audace de sa génération triomphante (2-1), vendredi à Kazan, la Seleçao de Neymar se retrouve éjectée du Mondial-2018 dès les quarts de finale à la surprise générale.

Revenus de l'enfer face au Japon, les "Diables rouges" avaient prévenu qu'ils ne renonceraient pas à leur jeu trop porté vers l'attaque malgré le risque d'un "effet boomerang" face au Brésil. Le pari a parfaitement fonctionné.

Grâce à un but contre son camp de Fernandinho (13e) et une frappe sublime de Kevin de Bruyne (31e), la génération dorée belge s'offre le droit d'affronter la France en demi-finale, mardi à Saint-Pétersbourg, et peut rêver à un premier sacre mondial.

Pour le Brésil, si sérieux depuis le début de la compétition et si solide depuis la prise en main de Tite en 2016, c'est une immense désillusion. Grandissime favorite du Mondial-2018, la Seleçao a finalement connu le même destin que l'Allemagne tenante du titre ou l'Espagne, éliminées bien avant le dernier carré.

Pis, quatre ans après le fiasco de "sa" Coupe du monde et le fameux 7-1 encaissé contre la Mannschaft en demi-finale, les coéquipiers de Thiago Silva n'ont pas été en mesure de faire au moins aussi bien.

Et Neymar dans tout ça ? Globalement inoffensif ! A l'image de cette intervention autoritaire de Witsel à l'entrée de la surface (43e), la superstar auriverde n'a pas résisté au combat physique imposé par les Belges, avant de sortir la tête de l'eau en fin de match. Sans résultat.

- Lukaku/De Bruyne, en mode 'joga bonito' -

Et dire que c'est le Brésil qui aurait pu et dû ouvrir le score d'entrée de jeu...

Sur un corner très bien dévié par Joao Miranda au premier poteau, Thiago Silva, un peu surpris, reprend tant bien que mal à un mètre du but mais le ballon s'écrase finalement sur le poteau, alors que Thibaut Courtois était complètement battu (7e) !

Bis repetita sur le corner suivant, c'est cette fois Paulinho, encore une fois complètement démarqué dans la surface, qui a manqué totalement sa reprise (10e).

La chance de la Seleçao venait de passer, l'ambitieux dispositif en 3-4-3 de la Belgique peut se mettre en marche. Décidé à éviter de revivre les sueurs froides du huitièmes de finale renversant contre le Japon (3-2), le sélectionneur Roberto Martinez a certes maintenu son schéma de jeu mais en le renforçant de la présence physique de Marouane Fellaini et Nacer Chadli au milieu.

Un choix payant juste avant le quart d'heure de jeu. Kevin de Bruyne, qui est monté d'un cran pour évoluer avec Romelu Lukaku et Hazard sur le front de l'attaque, parvient à éliminer quatre joueurs d'un coup en servant parfaitement Fellaini face aux buts.

Plus maladroit de ses pieds que de la tête, le géant belge parvient tout de même à provoquer le corner qui mènera au but (12e): sur le coup de pied arrêté frappé par Hazard dans la foulée, Kompany est un peu court mais le ballon est suffisamment dévié par l'épaule de Fernandinho pour tromper Alisson (13e, 1-0).

- Renato Augusto redonne espoir -

Bien décidée à faire très mal en contre grâce à ses joueurs de talent, la Belgique a réussi à faire le break à la demi-heure de jeu façon... "joga bonito" ! Après un incroyable slalom de Lukaku sur presque 50 mètres, De Bruyne est mis sur orbite à l'entrée de la surface pour fusiller Allison (31e, 2-0).

Sonnée par la tournure des événements, la Seleçao a tenté de s'en sortir par des initiatives individuelles, par Marcelo (26e), ou un enroulé de Coutinho (37e).

Les Brésiliens ont également cherché à obtenir un penalty, par Neymar (53e) ou Gabriel Jesus (54e)... Refus catégorique de l'arbitre sans même faire appel à la vidéo.

Le Brésil a malgré tout tenté pour revenir, et sur un centre de Coutinho, Renato Augusto, tout juste entré en jeu, a redonné espoir aux siens en marquant de la tête (2-1, 75e).

Le milieu aurait même pu endosser le costume de sauveur quand Coutinho l'a encore servi parfaitement mais son tir rasant est passé tout près du poteau droit de Courtois (81e). Puis Coutinho ratait une occasion nette, avant que Courtois ne détournée d'une claquette un tir de Neymar. Un arrêt décisif qui offre à la Belgique sa première demi-finale depuis 1986

Tabarez: la France "a mieux joué"

La France "a mieux joué" que l'Uruguay, a reconnu le sélectionneur Oscar Tabarez après la défaite de la Celeste 2-0 en quart de finale du Mondial-2018, vendredi à Nijni Novgorod.

Q: Que vous a-t-il manqué pour battre les Français?

R: "Ce qui a manqué à toute équipe qui perd. L'adversaire nous a dominés et il faut le féliciter. Les vingt premières minutes étaient équilibrées. Ils ont pris l'avantage, ce sont des avantages qui pèsent beaucoup dans un quart. On a fait les efforts, il n'y a aucun doute là-dessus, mais la France a bien contrôlé le match, et quand on était menés 2-0, l'avantage était grand... On n'a pas trouvé les solutions, mais je reconnais que l'adversaire a mieux joué".

Q: Qu'avez-vous appris de cette défaite?

R: "Nous n'avons rien appris, rien: nous avons perdu".

Q: Que reste-t-il de positif?

R: "C'est qu'on essaie depuis longtemps et de temps en temps, on a réussi. Aujourd'hui (vendredi), un rêve s'est terminé. Mais après ce Mondial, il y aura d'autres qualifications, une Copa America (en 2019)... Ce rêve s'est terminé mais d'autres vont apparaître. La défaite fait mal, dans un pays de foot comme l'Uruguay, c'est normal, mais ensuite viendra l'heure de considérer d'autres choses. D'autres équipes de l'élite mondiale sont parties avant nous. Ca fait mal, mais on n'a pas le droit de dramatiser non plus".

Q: Qu'avez-vous dit au gardien Fernando Muslera, auteur d'une faute de main sur le deuxième but français?

R: "Ca fait partie de l'intimité de la sélection uruguayenne. Je ne vais pas raconter ce que je dis aux joueurs. Le joueur, on le soutient pour son travail, et je ne vais jamais lâcher un joueur".

Q: Avez-vous décidé de continuer à la tête de la sélection?

R: "Dans aucune Fédération, ce n'est le sélectionneur qui décide. Moi, mon contrat ne s'est pas terminé, et je ne vais pas parler de ce sujet: toute déclaration, dans quelque sens que ce soit, peut générer des articles de presse mais moi ça me porterait préjudice, et à la sélection uruguayenne aussi. Cette partie de l'activité s'est terminée, c'est arrivé ainsi après le Mondial au Brésil, et j'ai pu continuer. Rien ne me donne plus satisfaction que d'être à la tête de la sélection."

AFP Auteur
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