Le gouvernement augmente le prix des produits pétroliers à la pompe

Sans surprise, le gouvernement a annoncé, ce vendredi 6 juillet 2018, au cours d’une conférence de presse au Ministère de l’Économie et des Finances (MEF), un ajustement du prix des produits pétroliers à la pompe. Une décision qui prendra effet dès ce soir à partir de minuit. Le prix de l’essence va subir une hausse importante de 38%.

Publié le 2018-07-10 | Le Nouvelliste

National -

« La gazoline va passer de 224 gourdes à 309 gourdes, soit une importante hausse de 38%. Le diesel connaîtra une augmentation de 47%, en passant de 179 gourdes à 264 gourdes. Quant au kérosène, son prix connaîtra une hausse vertigineuse de 51%, en passant de 173 gourdes à 262 gourdes dans les pompes», a annoncé le ministre du Commerce et de l’Industrie (MCI), Pierre Marie Du Meny, accompagné des ministres Jude Alix Patrick Salomon, Stéphanie Auguste, Guyler C. Delva, respectivement des Finances, des Affaires sociales et du Travail et de la Culture et de la Communication. D’un coup, le gouvernement a ajouté 85 gourdes sur la gazoline ainsi que le diesel et 89 gourdes sur le kérosène.

Au cours de cette conférence de presse, le ministre des Affaires sociales et du Travail, Stéphanie Auguste, en a profité pour communiquer les nouveaux tarifs des différents circuits de transport. Elle a souligné les nouveaux tarifs pour quelques circuits de transport au niveau de la zone métropolitaine. « La course normale de taxi au niveau de la zone métropolitaine est fixée à 45 gourdes. Les circuits de transport Port-au-Prince/Carrefour, Port-au-Prince/ Bon Repos, Port-au-Prince/ Croix-des-Bouquets, Port-au-Prince/Delmas/ Pétion-Ville, Port-au-Prince/ Bourdon/ Pétion-Ville sont fixés à 30 gourdes », a indiqué le ministre Stéphanie Auguste.

Pour justifier cette augmentation du prix des produits pétroliers à la pompe, le gouvernement a une nouvelle fois souligné des pertes enregistrées au niveau des recettes douanières et la nécessité de mettre fin à une subvention bénéfique aux plus riches. « Pour les produits pétroliers, la consommation a augmenté subitement, passant de 14 000 barils à 20 000. Nous sommes obligés d’aller acheter ces 6 000 barils sur d’autres marchés à hauteur de 6 milliards de gourdes. Les pertes sont actuellement limitées à 6 milliards de gourdes et, sans cet ajustement, elles augmenteront jusqu’à 14 milliards de gourdes », a expliqué le ministre de l’Économie et des Finances, Jude Alix Patrick Salomon.

Le gouvernement a fait savoir qu’il va se conformer à la loi de 1995, portant sur la fixation des prix des produits pétroliers à la pompe avec ce nouvel ajustement. Le titulaire du ministère du Commerce et de l’Industrie, Pierre Marie Du Meny, a affirmé qu’avec cet ajustement, le gouvernement pourra atteindre ses prévisions de recettes pétrolières estimées à 18 milliards de gourdes dans le projet de loi de finances 2018-2019. Au cours de cette conférence de presse, les membres du gouvernement ont annoncé des mesures d’accompagnement aux personnes les plus vulnérables à travers leur programme social.

Le gouvernement a pris cette décision d’ajuster le prix des produits pétroliers à la pompe et de celui des transports en commun sans un accord avec les associations syndicales militant dans le secteur des transports en commun et malgré l’impopularité de cette mesure auprès de la majorité de la population. En réaction à cette nouvelle annoncée par le gouvernement à quelques minutes du coup d’envoi du match opposant le Brésil à la Belgique en Russie, des riverains de plusieurs quartiers de la capitale ont exprimé leur ras-le-bol. Des pneus enflammés sont érigés dans plusieurs rues de la capitale et la circulation automobile a été paralysée.

En mai 2017, le prix de l’essence avait subi une hausse de 18% dans le pays. Le gouvernement avait décidé, après des négociations avec les syndicats de transporteurs, d'augmenter le prix du kérosène de 17%, celui de l'essence de 18,5% et celui du diesel de 20%. Il avait ajouté 35 gourdes sur le prix de la gazoline, 30 gourdes sur le diesel et 25 gourdes sur le kérosène.

En août 2016, l’administration Privert Jean Charles avait augmenté le prix de l’essence à la pompe mais, en raison des manifestations dans la capitale et une résolution du Sénat, elle avait été contrainte de revenir sur cette décision et de réviser à la baisse les tarifs seulement après quelques jours.

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