Deux ans de Koze Kretyen : mes réminiscences

PUBLIÉ 2018-07-04


Je souris toujours sur les photos. C’est presque un réflexe. Dès que je vois une caméra braquée sur moi, je lui offre un large sourire. Machinalement, un certain 7 janvier, je fais la même chose lorsque je vois qu’un jeune homme au physique d’adolescent me prend en photo. Je lui ai souri en rageant intérieurement, me demandant de quel droit cet inconnu le faisait sans même me connaître, ne comprenant pas encore le phénomène du photojournalisme.

L’incident aurait pu s’arrêter là si, quelques minutes plus tard, je n’avais pu mon père et le photographe inconnu échanger une grande accolade. Monsieur était, paraît-il, timoun ki leve nan men papa m. Rien que pour ça, j’ai arrêté de faire la gueule et j’ai enfoui cette scène assez loin dans ma mémoire. Jusqu’à ce que lui et moi - il est partout ce bonhomme - on se revoit quelques jours plus tard à l’aéroport, venus tous les deux accueillir Maggie Blanchard pour le grand concert du 12 janvier. Cette fois, on a échangé deux mots et nos noms. Il s’appelle en fait Erick Jura. Il me parle alors de Koze Kretyen que je suivais déjà régulièrement, notamment à travers les versets qu’il m’envoyait tous les matins sans le savoir.

Après le concert du 12 janvier, j’ai fait mon reportage pour Ticket et je me suis rendu compte qu’il y avait un autre reportage sur l’évènement sur la page de Koze Kretyen. Curieuse, j'ai demandé alors à Erick pourquoi il n’écrivait pas régulièrement, puisque, visiblement il avait le talent pour le faire. Il mélangea les bonnes raisons - question de temps, les autres responsabilités - et les prétextes- l’écriture n’est pas son domaine- pour me faire comprendre que la régularité des articles ne serait pas tâche aisée. Je ne sais pas comment on est arrivé à se dire : et si je collaborais avec eux ? Je faisais déjà ce travail pour un autre média. L’idéal serait de produire deux textes par spectacle. Y arriverai-je ? On s’était promis d’essayer.

L’essai s’est matérialisé le 2 avril lors du concert de la Radio Lumière. L’idée des deux textes a fait sourire les plus grands et fait douter les plus jeunes qui en ont eu connaissance, mais cela a marché et cela continue encore aujourd’hui. Grâce à cette idée qui nous paraissait farfelue au début, j’ai rencontré des gens formidables et fait des expériences extraordinaires. J’y ai gagné une sœur affectueuse, un grand frère jaloux, un voisin particulier, une tante qui parle beaucoup, une dame au grand cœur, un accompagnateur discret, une filleule débordante d’énergie, un collaborateur ti chelbè et un DG qui est tout à la fois et partout en même temps. Mais Koze Kretyen pour moi, c’est surtout la réponse à une prière, l’éclosion d’une passion, la construction d’un ministère.

Tout a commencé un certain 7 janvier.

Deux ans plus tard, un 8 juillet, cela va se fêter.

Parce que jusque dans l’éternité, l'aventure doit continuer.

Vanessa Dalzon



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