Village de Dieu à la merci des bandits armés

Environ une cinquantaine de bandits armés tiennent en otage Village-de-Dieu, défient des agents de l’ordre depuis plusieurs semaines. Des citoyens qui fuient ce quartier populaire lancent des cris aux autorités. Un étudiant à la Faculté de linguistique appliquée (FLA) raconte au Nouvelliste le film macabre de ce quartier.

Publié le 2018-06-21 | Le Nouvelliste

Pas plus tard que mardi, des bandits ont mis le feu dans des maisons abandonnées par leur propriétaire à Village-de-Dieu, confirme un citoyen.

Les images macabres restent cachées, mais la réalité est intacte à Village de Dieu, quartier populaire devenu l’enfer pour des familles qui y vivent. Certaines d’entre elles qui ont vidé les lieux à cause de l’insécurité dans la zone, n’ont plus droit de revenir sur leur décision. Comme en témoignent certains citoyens.

Le climat reste tendu dans ce quartier populaire situé à l’entrée sud de Port-au-Prince. La justice est absente, notamment les agents de l’ordre.

Miryl*, étudiant finissant à la Faculté de linguistique appliquée, qui a fui la zone depuis tantôt 15 jours, peint une réalité assez atroce. Des amis et sa cousine ont laissé leur peau dans la zone « dans le silence absolu des autorités en place ».

Ce citoyen et d’autres jeunes qui se révoltent de la situation n’ont pas mâché leurs mots. Miryl confie que les activités de banditisme atteignent leur paroxysme au niveau du Village-de-Dieu.

Il dit ne pas comprendre la passivité de l’État central sur la question de ces zones réputées chaudes. « Ils sont environ une cinquantaine de jeunes dont la tranche d’âge se situe entre 20 et 23 ans, équipés d’un arsenal de guerre », a-t-il avoué. « Comment ont-ils pu se procurer ces munitions ? », s’est-il interrogé.

Il continue en dénonçant la pratique des bandits lourdement armés de réclamer une somme de 30 mille gourdes à un locataire ou un propriétaire qui veut abandonner la zone. « Si quelqu’un n’a pas cette somme d’argent, il n’a qu’à laisser son mobilier dans la maison et s’y échapper les mains vides », a-t-il déploré, avant d’ajouter que certaines familles ont quitté leurs logis familiaux pour se réfugier chez des amis.

Cet homme qui fréquente Village de Dieu au début des années 2000, avant de s’y installer quatre ans plus tard, confie être témoin de plusieurs camions détournés en direction du Village-de-Dieu. « Ils ont prétexté que ce sont des marchandises. J’ai la ferme conviction que ce sont des munitions », a-t-il dit sans avancer de preuves. « C’est se mettre en danger si on prend une scène en photo. Le chef de gang interdit l’usage de smartphones », a-t-il raconté.

« La zone est pour le moment déserte. Une bonne partie de la population a déjà vidé les lieux. Ceux qui restent n’ont pas d’autres alternatives », a-t-il expliqué plus loin, rappelant que le puissant chef de gang Arnel théorise la population. « Les gens qui vivent dans ce quartier populaire sont psychologiquement affectés.»

« Cette situation est révoltante. On ne peut pas informer la police de la situation puisqu’à chaque fois, les bandits sont toujours au courant », a-t-il dénoncé.

Il poursuit en faisant remarquer plus loin que les bandits ont l’habitude de soutirer de l’argent aux responsables de l’EDH et à ceux du Théâtre national, sans que ces derniers les dénoncent.

La seule possibilité de regagner nos maisons est que l’État central prenne ses responsabilités, a-t-il soutenu. Face à la nonchalance des autorités judiciaires, le jeune homme ne va de mains mortes pour accuser l’État d’être de mèche avec les gangs armés de ce pays, ce, dit-il, est un moyen pour « détourner l’attention de la population ».

Il donne une couleur politique à ce qui se passe au niveau du Village-de-Dieu. Il estime que les autorités gouvernementales sont de mauvaise foi. C’est scandaleux qu’en face du Théâtre national, à quelques centaines de mètres de la Primature, un chef de gang mette en déroute la police, a pesté cet homme. Il explique que la situation commence à s’envenimer depuis la mort du chef de sécurité du Théâtre national, également chef de gang, par les bandes à Arnel afin de prendre le contrôle de la zone.

Il faut signaler que lors de sa dernière rencontre avec la presse, le Premier ministre Jack Guy Lafontant avait dédramatisé la situation en évoquant qu’il y aurait pu avoir plus de dégâts dans ces zones indiquant qu’on peut toujours entendre des coups de feu, mais on ne peut pas dire qu’il y a 10 ou 20 morts.

Miryl* a fait remarquer que les affrontements ont fait plusieurs morts et des victimes par balle. Les juges de paix étant absents de ce quartier populaire, par quel moyen le gouvernement a-t-il pu avoir des chiffres sur le nombre de victimes ?

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