Jour national de l’enfant, une journée pour comprendre et agir

L’Institut du bien-être social et de recherches (IBESR) a commémoré la journée nationale de l’enfant, le dimanche 10 juin 2018, autour du thème « Konte m tankou tout sitwayen ». À cette occasion, plus de 2000 enfants ont pris part à une activité socioculturelle organisée au palais municipal en leur honneur. La célébration de cette journée est un moment clé pour encourager les décideurs et les citoyens à prendre conscience des fragilités de cette frange de la population, a fait savoir la directrice de l’IBESR Arielle Jeanty Villedrouin.

Publié le 2018-06-12 | Le Nouvelliste

National -

Au palais municipal,transformé en un minuscule parc d’attraction, il y avait un peu de tout pour séduire ces petits et grands et leur offrir une journée inoubliable. Dans une ambiance ponctuée de gaieté, des ballons gonflables sont très prisées, des danses, des chansons populaires exécutées par leur semblable. Tout était au rendez-vous pour leur procurer du plaisir. Ils s'amusent comme des fous en jouant à des jeux traditionnels et des jeux classiques, tels que les osselets, « titato », chaise musicale et la bombe entre autres. Un vrai moment d’euphorie pour ces enfants assoiffés de plaisir et souvent fois marginalisés dans la société.

« Konte m tankou tout sitwayen » ce thème évocateur, a révélé la directrice de l'IBESR, Arielle Jeanty Villedrouin, a été suggéré par des enfants issus de l’organisation EnpaK suite à une consultation de l’IBESR. Selon elle, cette journée de réjouissances est cruciale pour ces enfants issus pour la plupart des orphelinats reconnus par l’Institut de bien-être social et de recherches. « C’est un jour porteur d’espoir et de promesses, car les enfants exigent leur place dans la société », a indiqué la titulaire de l’IBESR qui se plaint de la passivité des décideurs notamment les autorités judiciaires qui ne se soucient guère de la cause des enfants. On a fait beaucoup de plaidoyers pour renforcer le cadre légal, mais on ne les applique pas, a évoqué Mme Villedrouin, déplorant le fait qu'en dépit des plaidoyers qui se font pour la cause des enfants, la situation reste très alarmante.

« On a la loi sur l’adoption, sur la traite des personnes, sur la pornographie, sur la protitution , sur les conflits armés, mais rarement les coupables de ces infractions sont punis », se désole Mme Arielle Jeanty Villedrouin, qui demande aux autorités de travailler inlassablement au respect des droits de l’enfant. Car, dit-elle, les enfants sont l’avenir du pays.

Les enfants ont des droits fondamentaux, il faut les respecter, a indiqué pour sa part, Gertrude Séjour, la responsable de la fondation Maurice Sixto qui dit constater une sorte de banalisation des droits des enfants haïtiens. « Souvent, on fait l’objet de reproches de la part des policiers dans cette bataille », a regretté Mme Séjour, indiquant qu’un enfant maltraité peut devenir un danger pour la société parce qu’il ne connait pas l’amour. « On a déjà procédé à l’arrestation de plusieurs personnes qui maltraitent les enfants, surtout ceux qui sont en domesticité », a fait savoir Gertrude Séjour qui demande à la population de s’engager dans cette bataille afin de garantir un avenir meilleur.

Ruth Cadet
Auteur
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