Jessica Jean, tout par et pour le sport

PUBLIÉ 2018-06-11
Du haut de ses 23 ans, Jessica Jean fait à peine ses premiers pas en tant que chroniqueuse sportive. Repérée sur la Radio Télévision Pacific au début de l’année 2018, la présentatrice de Stade pacifique ne respire que pour le sport, passion qu’elle a véritablement embrassée en 2016. À quelques jours du mondial, Ticket vous présente une jeune femme qui fait de ce domaine une partie intégrante de sa vie. Une obstinée, une rebelle.


Jessica Jean ne traîne derrière elle ni des années d’expérience ni le nom des familles réputées ‘’sportives’’ d’Haïti. Pourtant, elle n’a pas hésité une seconde à se jeter dans la fosse aux lions, dès que l’occasion s'est présentée. Dans ses bagages : rien que sa jeunesse, sa fougue et des rêves plein la tête. Une véritable histoire d'amour avec le sport, parce que, même sans comprendre les phases de jeu à l'époque, elle faisait le mur à l’école pour ne pas rater un match de Ligue des champions. Cette flamme l’ayant conduite à l’ISNAC malgré ses études en sciences juridiques, et qui l’a aussi poussée à abandonner le toit familial. « Spò a se youn nan bagay ki fè m soufri ak rejwi », confie-t-elle.

On découvre donc ce petit bout de femme audacieuse et prête à tout pour son dada, à qui la caméra confère un air beaucoup plus vieux. Perchée sur des sandales à talons aiguilles bleu vert, son jeans bleu, sa veste grise, sa coupe de cheveux dégradée et son maquillage, n’ont pas réussi à dissimuler sa jeunesse. Cependant, sa maturité va au-delà de son plastique. L’étudiante de l’Université Notre Dame d’Haïti est une visionnaire voulant rehausser l’image du football local, à travers ses articles publiés dans les colonnes du journal Le national et sur son média online. « Je veux faire partie des femmes ayant révolutionné le sport avec beaucoup d’informations sur le jeu et les joueurs locaux. M vle met foutbòl la nan yon lòt dimansyon », affirme la proprio de Info Sport Haïti, qui a toujours souhaité animer une Coupe du monde.

« Je me répétais souvent que je devais animer une Coupe du monde. De fait, lorsque le DG de Pacific m’a contacté en janvier dernier, j’ai tout de suite su que c’était l’occasion idéal », explique Jessica, se félicitant d’avoir apporté quelque chose de nouveau dans le milieu. « Ma particularité réside en ma régularité, en ma passion pour le sport. Je fais de celui-ci ma priorité. J’informe le plus que possible le public dans chacun de mes textes », poursuit l’ancienne élève des Sœurs de la sagesse de Pétion-Ville, très satisfaite de ses accomplissements, malgré son peu d’expérience.

Jessica Jean avance donc pas à pas mais sûrement dans les chemins bien tracés par ses prédécesseurs, de qui elle puise un peu de tout. Elle respecte Shelove Perrin pour avoir montré la voie aux femmes. Annie Gasnier pour sa façon d’aborder les sujets et sa mise en contexte et admire Harold Domond qu’elle qualifie de ''complet''. Par ailleurs, si les journalistes sportifs sont majoritairement des hommes, la 3e d’une famille de cinq enfants estime n’avoir jamais été sous-estimée. « Contrairement à ce que l’on peut penser, les hommes m’ont beaucoup aidée à progresser. Des aînés comme Légupeterson Alexandre du journal Le Nouvelliste, Mackenson Prévalien de Méga, Kimberly Pierre de Pacific, m’ont fourni l’encadrement nécessaire », reconnaît le fan de la sélection argentine de football et de Lionel Messi, ''Meme'' comme elle le surnomme.

« J’adore Messi, pour son parcours, son travail assidu en dépit de son talent. Néanmoins, cela ne m’empêche pas d’être professionnelle et de lui tirer les oreilles quand il le faut », précise la Pétionvilloise qui préfère côté clubs Manchester City et bien sûr le FC Barcelone. De plus, la journaliste sportive de 23 ans loue les efforts des jeunes joueurs: l’Anglais Marcus Rashford de Manchester United, le Français Kylian Mbappé du Paris St Germain, entre autres.

À fond sur le mondial, Jessica Jean dont le cœur n’est pas à prendre estime que l’équipe espagnole est à surveiller pendant cette compétition. « Elle n’a certes pas de joueur vedette, toutefois, tous les joueurs ont la capacité de marquer des buts. Et, l’Espagne, c’est avant tout le tiki taka », prédit la passionnée de lecture, de musique et de danse qui compte profiter de la visibilité offerte par la Coupe du monde afin d’exposer amplement son savoir-faire. « Je gratifierai le public de quelque chose d’inhabituel, non sans ma passion et mon amour pour le jeu. Se gade pou n al gade », indique-t-elle.



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