Jovenel Moïse fera-t-il comme ses prédécesseurs?

Publié le 2018-06-08 | Le Nouvelliste

Editorial -

En économie, il n’existe pas de solutions parfaites, de formules sûres, de remèdes universels. Chaque pays, chaque société, chaque ménage a ses problèmes, ses envies, ses rêves et chacun atteint des résultats différents, même quand tous appliquent les mêmes solutions, formules ou remèdes. En économie, il existe cependant des façons de faire qui ne peuvent conduire qu’à l’échec d’un pays, d’une société ou d’une famille.

Simples vérités de La Palice.

Si Haïti n’a pas trouvé les bonnes formules, nous sommes abonnés aux mauvaises pratiques.

Depuis le début des années 80, nous avons une économie qui a cessé de croître. Il y a des pics, des creux, beaucoup de creux, mais plus aucune période de croissance continue où l’économie fait mieux que la démographie.

Depuis cette période également nous engageons périodiquement des négociations avec le Fonds monétaire international (FMI) et nos principaux bailleurs de fonds pour trouver du souffle, un second souffle, le temps de souffler.

Inutilement.

Jamais Haïti n’a pu mener à son terme les réformes. Ni celles prescrites par les experts étrangers, ni celles décidées ici de façon autonome.

Jamais nous avons été jusqu’au bout des programmes d’austérité pour bénéficier des récompenses. Périodiquement, on s’applique des remèdes de cheval, et vite, on revient aux anciennes pratiques.

La cacochyme économie haïtienne, souvent alitée, ne s’est appliqué aucun traitement pour arriver jusqu’à la rémission. Nous n’avons non plus jamais fait de choix définitifs pour bénéficier pleinement des avantages d’une méthode avant de replonger dans les affres.

Nous sommes dans une permanente course d’obstacles, la crise est toujours plus proche de la crise passée que des moments d’euphorie.

Bien entendu, Haïti produit des riches, de nouveaux riches. Ici et là, certains tirent leur épingle du jeu. Mais en gros, nous ne produisons que plus de précarité et de pauvreté. Cela fait des décennies que cela dure.

Il n’y a pas six mois, Haïti a négocié et signé avec le Fonds monétaire international (FMI) un accord. L’encre n’était pas encore sèche qu’il apparaissait évident que nous aurions toutes les peines du monde à respecter nos engagements.

On ne saura jamais si on avait surévalué nos capacités ou sous-évalué la nature de nos problèmes.

Et voilà qu’encore une fois on perd, chaque jour un peu plus, l’occasion de faire les nécessaires réformes.

Frantz Duval
Auteur
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