Découvrir saint Pierre n'aidera pas à couvrir saint Paul

Publié le 2018-06-07 | Le Nouvelliste

Editorial -

La mise en service de centres de germoplasme et de propagation végétale dans plusieurs départements géographiques du pays est une très bonne initiative de l’administration Moïse-Lafontant.

Des arbres jeunes, pour remplacer les arbres qui meurent ou qui sont abattus, doivent être produits, élevés et transmis aux futurs propriétaires dans de bonnes conditions.

En multipliant les capacités des pépinières traditionnelles et en visant à chaque fois la disponibilité de millions de plantules par centre de germoplasme et de propagation végétale, le gouvernement prend le taureau par les cornes. Car c’est par dizaines de millions que les mises en terre de nouvelles plantules doivent se faire pour espérer un effet sur la déforestation et une amélioration de la couverture végétale du pays.

Dans le même ordre d’idées de ces actions qui peuvent changer la face de notre pays, la décision du ministère de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle (MENFP) de rendre obligatoire, dès la prochaine année académique de septembre 2018, l’éducation environnementale et la réalisation d’activités portant sur le reboisement dans les écoles, est à encourager.

L’environnement, le nôtre plus que tout autre, a besoin d’être compris, d’être protégé, d’être régénéré. Les millions de plantules, les actions des plus jeunes de nos écoliers, participeront de cette nouvelle dynamique.

Mais attention. L’environnement est un tout. On ne pourra pas changer la donne si les actions ne sont pas coordonnées et globales.

Mardi, à l’occasion de la Journée mondiale de l’environnement, les autorités haïtiennes sont restées étonnement silencieuses. Pas une annonce. Pas une action.

Dans son message de circonstance, António Guterres, secrétaire général de l'Organisation des Nations Unies (ONU), avait émis un souhait simple : « Pour la Journée mondiale de l’environnement, le message est simple : bannissez les produits en plastique à usage unique. Refusez ce que vous ne pouvez pas réutiliser. Ensemble, nous pouvons ouvrir la voie à un monde plus propre et plus vert. »

Le gouvernement haïtien avait le 5 juin une belle occasion de relancer la bataille contre les sachets en plastique et autres objets nocifs. Rien n’a été fait.

On a raté une journée de plus.

Bien entendu, on peut planter des arbres et sensibiliser les jeunes à la protection de l’environnement. Rien ne remplacera les actes manqués sur les autres champs de bataille de la grande guerre pour notre survie dans un environnement plus sain.

On ne pourra pas découvrir saint Pierre et continuer à croire que cela aidera à couvrir saint Paul. Il faut des draps pour tous, des actions dans tous les compartiments du terrain.

Frantz Duval
Auteur
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