La Faculté des sciences infirmières de Léogâne (FSIL) encourage la présence masculine dans le métier

Publié le 2018-05-15 | Le Nouvelliste

National -

Le samedi 12 mai dernier, on a commémoré la Journée mondiale des infirmières a été commémorée sur le thème «La profession infirmière : une voix faite pour diriger. La santé est un droit humain». Cette commémoration s'est tenue au moment où les débats s'enflamment autour du rapport entre le genre et les professions. Si les féministes réclament la présence des femmes dans des métiers traditionnellement réservés aux hommes, en voici un cas où c'est l'inverse. Si certains pays sont sur la bonne voie en matière de présence masculine dans ce champ professionnel, en Haïti, il y a encore du chemin à faire. Les infirmiers sont mal perçus par la majorité.

«Traditionnellement, les femmes s'occupent de la maison et fournissent des soins aux membres de leur famille. En plus, à l'origine les précurseurs étaient femmes. Que ce soit Florence Nightingale, la première des infirmières, ou Marie Claire Heureuse que nous considérons comme la première Haïtienne infirmière», avance Sadrac Dor comme raison de cette primauté des femmes. «Pourquoi n'es-tu pas allé en médecine Miss Dor? Qu'est-ce qu'un homme fait dans ce domaine? Comment te sens-tu au milieu de toutes ces femmes?» sont autant de propos discriminatoires continuellement prononcés à l'endroit de ce professionnel de la santé. «On voit mieux un homme en médecin, ingénieur civil, avocat ou agronome», regrette-t-il.

La Faculté des sciences infirmières de Léogâne (FSIL-UNEPH) entend aider à une meilleure présence masculine et une meilleure perception de celle-ci. «La profession a besoin d'hommes. Certaines tâches, comme changer un patient (parfois costaud) de position, sont plus facilement réalisées par un homme même si les femmes peuvent être fortes. Il y a aussi certains cas de patients violents face auxquels le caractère masculin est nécessaire. D'autres malades clament même leur préférence d'être soignés par un homme et c'est leur droit le plus entier. Alors, nous les femmes infirmières disons bienvenue aux hommes sans crainte d'être mises à l'écart, car nous sommes les mères du métier», explique Horldine Rejouis Fabiola, détentrice d'un master en nursing. Professeure à la FSIL, elle se targue par ailleurs que l'institution est pionnière dans la mise sur le marché d'hommes infirmiers et continue dans cette voie. «La perception commence à changer», se félicite-t-elle.

Diery MARCELIN dierymarcelin@yahoo.fr Auteur
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