Climat d'insécurité à Léogâne : une victime de plus

Publié le 2018-05-15 | Le Nouvelliste

National -

Gérard Vilson est le nom d'un homme tué d'une balle à la tête dimanche soir aux environs de 9h au centre-ville de Léogâne. Ce meurtre s'est produit quelques minutes après le passage d'une patrouille, a-t-on appris, dans cette rue constamment plongée dans le noir même quand il y a de l'électricité, facilitant du coup le travail des bandits. Selon un témoin oculaire, il aurait été attaqué par des motards, mais il lui est difficile de confirmer s'il était visé où s'il s'agissait d'un vol à main armée. Par contre, une source proche du commissariat nous informe que la victime, informateur de la police dans le temps, aurait informé un policier que des gens qu'il connaissait voudraient attenter à sa vie.

Ce cas survient à un moment où la cité d`Anacaona fait face à des cas récurrents d'insécurité ces derniers jours. Des magasins se font braquer en plein jour par des bandits. Le cas le plus récent est celui d'une quincaillerie du marché public attaquée en plein milieu de la journée du vendredi 13 mai encore par des motards armés faisant un mort et un blessé grave. «C'est nouveau. Nous n'étions pas habitués à enregistrer ce genre de cas avant la tombée de la nuit. Nous devons nous y adapter. Il s'agit d'une situation ordinaire susceptible de s'installer dans n'importe quelle ville du pays », a dit le commissaire de police Jean Claude Jean, numéro un du commissariat de Léogâne.

«Nous prenons des dispositions afin de contrecarrer ce climat d'insécurité auquel la commune fait face. De fait, nous renforçons déjà les patrouilles. Nous avons procédé à l'arrestation d'un Bahaméen nommé Michael Michel en possession d'une arme illégale vendredi dernier dans une boîte de nuit. Il a été déporté des États-Unis pour vol de voitures. C'est pour dire que nous faisons notre travail, mais il y a des choses qui arrivent », a réagi le commissaire de police. Conscient que la plupart des attaques se fait à motocyclette, Jean Claude Jean prévoit à partir de cette semaine d'appliquer un plan d'identification des motards. «De concert avec les concessionnaires, nous veillerons à ce que chaque motocyclette vendue soit enregistrée par la police. Nous sommes aussi en pourparlers avec les autorités municipales afin d'attribuer un numéro d'identification à chaque chauffeur de motocyclette inscrit sur un gilet», annonce-t-il.

Le commissaire de police requiert plus loin une implication de la population dans le combat qu'il dit engager pour traquer les malfrats en partageant des informations jugées utiles avec les autorités policières et judiciaires. «Un Bahaméen déporté des États-Unis vient s'installer en Haïti. Il loue une maison et personne n'informe la police», illustre le commissaire Jean Claude Jean.

Diery MARCELIN dierymarcelin@yahoo.fr Auteur
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