Congrès national sur l’état de santé en Haïti

Ansanm pou Ayiti vise l’amélioration du système de santé haïtien

Ansanm pou Ayiti et Relink global Health ont organisé un congrès national sur l’état de santé en Haïti les 10 et 11 mai, à Pétion-Ville. Plus d’une centaine de professionnels et d’autorités dans le domaine de la santé ont participé aux conférences et ateliers en vue de comprendre non seulement les faiblesses structurelles et fonctionnelles du secteur, mais aussi pour apporter des solutions au système de santé haïtien.

Publié le 2018-05-15 | Le Nouvelliste

National -

L’objectif du congrès est de partager les informations et les bonnes pratiques médicales en vue de transformer l’état actuel de la situation médicale en Haïti, selon la fondatrice d’Ansanm pou Ayiti, Izabella Noël. «Nous voulons mettre ensemble toutes les énergies afin de travailler à une transformation du système de santé », a déclaré Izabella Noël. Le fondateur de Dalton foundation, Ray Dalton, a mis l’accent sur la collaboration et le partenariat pour l’amélioration du système sanitaire. « Travailler dans l’isolement ne peut pas aider à résoudre les difficultés de la santé en Haïti», constate-t-il. Pour sa part, la directrice de Relink global health, Barbara Campbell, a expliqué que les institutions peuvent trouver des pistes de solution et « travailler ensemble à surmonter les difficultés».

Observations et recommandations

Le Dr Paultre Pierre Desrosiers, directeur de l’Unité de coordination des programmes (UCP) du ministère de la Santé publique et de la Population (MSPP), a reconnu que l’État haïtien a une politique nationale de santé permettant de mesurer les évolutions dans le système sanitaire. Toutefois, certains participants admettent que le plus important reste et demeure l’application d’une politique de santé efficace. « Les pratiques de donation doivent être améliorées, il faut apprendre à écouter la population, à tenir compte de ses besoins avant de procéder au don d’un matériel », a recommandé le docteur Jean Gardy Marius, fondateur de «Òganizasyon sante popilè».

«Les Haïtiens envoient à l’étranger (Cuba, États-Unis) plus de 20 millions de dollars, rien que pour bénéficier des traitements médicaux. Le système de santé va mal, alors qu’un hôpital coûtant 30 millions de dollars US n’est qu’un éléphant blanc », a signalé le Dr Grenson Jeune. «Il n’y a pas de couverture médicale pour la population. Pourtant, si l’on tient compte des dons d’équipements, des dépenses inutiles, vous verrez qu’il y a assez d’argent pour une couverture médicale de toute la population», a-t-il avancé, déplorant que les politiciens s’accaparent le système.

Le problème économique touche fortement la population qui vit avec moins de 2 dollars par jour alors qu’un traitement médical peut couter 400 dollars US, selon la coordonnatrice d'Haiti Health team, Manoham Choreen Osias. «Les gens ne vont pas dépenser ce qu’ils n’ont pas», a-t-elle avancé, expliquant pourquoi les gens fuient les hôpitaux. Le second problème est d’ordre éducatif, selon la jeune étudiante de 21 ans. «Les gens ne savent pas quoi faire pour avoir accès aux soins de santé, remarque Manoham Osias.

Le Dr Minaud Dacius a par ailleurs signalé que l’État haïtien doit capitaliser sur le congrès en vue de prendre le leadership de l’initiative. En Haïti, la santé reste un luxe si l’on tient compte du faible budget de 6.14 milliards de gourdes pour la santé d’environ 12 millions d'Haïtiens. Toutefois, Izabella Noël, la fondatrice d’Ansanm pou Ayiti, a regretté que les autorités haïtiennes ne se soient pas préoccupés d’un si grand évènement et négligent cette opportunité de prendre leurs responsabilités en main.

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