À la recherche de Thaïna Corvington !

PUBLIÉ 2018-05-16
Thaïna Corvington fait partie de ces femmes qui ne prennent rien pour acquis. Celles qui s’arment de courage afin de décrocher ce à quoi elles aspirent. Elle a toujours été animée du désir de faire de la musique et du théâtre. Ainsi, elle s’est offert les moyens. Actrice, acting coach, elle fait aussi du théâtre, de l’éclairage et du design pour la scène. Elle s’est donc retrouvée avec une kyrielle de savoir-faire avec le temps. Un plongeon dans son histoire.


Il ne subsiste aucun mystère quant au coup de cœur qui lie Thaïna Corvington à la musique. A l’instar de beaucoup qui ont marqué cet univers, elle y a pris goût précocement. Présente dans les locaux de Ticket, elle a fait main-mise sur notre attention dès les premières secondes de notre entretien par sa gentillesse et son côté extraverti. Portant des boucles d’oreilles artisanales vénézuéliennes, relax dans son « tank top » cool, la jeune femme se fait un plaisir de nous sortir certaines anecdotes pouvant mettre en lumière l’origine de son amour pour la musique. « Je chéris de merveilleux souvenirs de la terrasse de notre ancienne maison à la rue Nord Alexis, où mes sœurs et cousines faisaient office de choristes alors que je sortais des notes çà et là », raconte-t-elle, d’un accent hispanique.

Tombée sous le charme de Selena et d’Emeline Michel, la jeune femme caresse l’idée de faire de la musique plus qu’un hobby. Elle souhaite faire une brillantissime carrière comme la leur. C’est de gaieté de cœur qu’elle sera appelée à parfaire sa technique vocale au sein de la chorale du Sacré Cœur. Rapidement, ses efforts ont fini par payer. « A l’âge de 14 ans, je suis devenue chanteuse pro après avoir enregistrer mon premier morceau au sein du jeune groupe Excess », indique l’ancienne coprésentatrice de « Caliente Latino » sur la Télémax, dont la voix a été prêtée pour le morceau « Je veux t’aimer ».

Thaïna a passé son adolescence en Haïti, mais c’est de l’autre côté de l’île, en l’occurrence la République dominicaine, qu’elle a vu le jour. « Mon père est haïtien et ma mère, dominicaine. Je suis née en République dominicaine mais moins d’un mois après ma naissance, je suis venue en Haïti », explique-t-elle. Suite aux perturbations sociopolitiques de 2004, la fille prodigue rentre au bercail pour clore ses études. Un idéal a pris naissance chez l’ancienne du Collège Sacré Cœur : servir de passerelle entre la musique traditionnelle haïtienne et la musique latine. Mais ses parents lui imposent le cursus de médecine, qui sera jeter aux oubliettes après 2 ans, car elle préfère étudier l’art dramatique où elle obtient son diplôme. Ce fut une occasion pour la jeune dame de se prouver à elle-même que sa volonté est tel un brasier. On ne saurait en venir à bout avec aisance.

Etant à la fac, la native du Bélier est montée sur scène avec certains ténors de la musique latine comme Braulio ou encore Alvaro Torres. « Après ma prestation avec ce dernier, il m’a susurré à l’oreille: tu seras la prochaine Selena si tu t’accroches à la musique », se souvient-elle. Mais quand la chanteuse remémore ses souvenirs de la scène, elle pense qu’il s’agit de sa destinée. « Quand je chante, je me sens vivante. Je me sens en connexion avec moi-même », clame, souriante, la jeune femme de 29 ans.

En 2012, elle participe au « World Championship of performing art » à Los Angeles. Thaïna s’en sort de fort belle manière avec la médaille d’argent dans la catégorie « acting classical and vocal latin ».

Investie plus que jamais dans la musique, elle enregistre un « cover » de Hello, morceau en collaboration avec le maestro de K-zino, Jean Richard Bien-aimé. « A contre-temps », un titre sur le premier opus de ce même groupe, est aussi imprégné de sa voix mélodieuse. Mais depuis, elle a pris du galon. Après sa rencontre avec Pavel Nuñez, un producteur en République dominicaine, la jeune femme s’est versée corps et âme dans la tendance pop. Ainsi, elle a sorti sur les plateformes en ligne, un morceau qui s’inspire du Balada pop « Tràs de tí », ayant une version française, « À ta recherche ». De plus, elle a été choisie pour chanter « Un atardecer », le « sound track » du film la Otra Penelope.

Mais si la carrière de Thaïna Corvington n’a pas encore pris l’envol qu’elle aurait souhaité, ce serait dû au fait qu’elle refuse de se soumettre à certaines propositions indécentes. Au dire de la chanteuse, son éducation ne lui permet pas de se prêter à ces jeux malsains. « Je suis attachée à mes valeurs », martèle celle qui avait fait office de choriste sur l’album Quintessence d’Emeline Michel. Malgré ses mésaventures, Thaïna est persuadée qu’elle saura marquer les deux cultures musicales de son empreinte, en fusionnant la pop music et diverses tendances locales.

En mars 2018, elle a endossé le statut d’acting coach pour la mise sur pied en République dominicaine d’une comédie musicale de l’un des chefs-d’œuvre de William Shakespeare, « A Midsummer Night's Dream ». Dans les jours à venir, elle sortira dans le bacs « Adicta a tí », un morceau beaucoup plus rythmé que ses précédentes chansons, afin d’agrandir sa fanbase.

A l’instar de Nia, Thaïna Corvington désire imposer son talent dans le compas, mais pour l’instant, elle s’attelle à former une équipe managériale locale qui sera à même de l’aider à se tailler une place de choix aux côtés des figures féminines incontournables de la musique haïtienne. Par ailleurs, elle ambitionne d’être l’artisane d’une collaboration entre Pavel Nuñez et Fabrice Rouzier qui, selon elle, sont deux virtuoses de la musique. Faut-il aussi faire mention de son amour pour Alan Cavé et la rappeuse Eud.

Célibataire, la priorité de Thaïna Corvington n’est autre que sa carrière musicale. Toutefois, elle estime être un cœur à prendre. Elle convie les générations à venir à prôner le travail d’équipe, car selon elle, on s’en sort plus facilement lorsqu’on unit nos forces. Entre-temps, elle promet du neuf et du lourd aux épris de musique.



Réagir à cet article