Comment surmonter les obstacles à l’investissement étranger ?

Publié le 2018-04-26 | Le Nouvelliste

Editorial -

A l’initiative du Centre de facilitation des investissements et avec le support du ministère des Affaires étrangères, une délégation d’hommes d’affaires et d’officiels colombiens a séjourné à l’hôtel Marriott, en milieu de semaine, en vue d’explorer les conditions d’investissement en Haïti. Il s’agit d’une première visite de ces hommes d’affaires dans la capitale haïtienne dans la perspective de faire le choix de notre pays comme destination de leurs investissements. Tenant compte du taux de chômage très élevé en Haïti, il y a célérité dans l’urgence pour les décideurs de multiplier ces initiatives afin d’attirer beaucoup plus d’investisseurs étrangers pour créer des emplois. Dans le passé, différentes délégations d’hommes d’affaires ont foulé le sol national, mais pour des raisons diverses ; d’autres pays de la région ont eu gain de cause.

Pourquoi notre pays ne parvient-il pas à gagner la confiance des entrepreneurs étrangers à l’instar de nos voisins de la zone ? il n’est un secret pour personne que les troubles politiques à répétition pendant ces trente dernières années constituent l’obstacle majeur. A cela s’ajoutent les catastrophes naturelles et la mauvaise gouvernance des différents chefs d’Etat qui se sont succédé au timon des affaires. Au moment où les investisseurs colombiens étaient dans le pays mardi, quelques millimètres de pluie qui sont tombés sur la capitale, pendant deux heures dans la soirée, ont rendu les différentes rues de la zone métropolitaine impraticables. A Martissant, à Pernier, au carrefour de l’aviation, au Bicentenaire et dans d’autres endroits, les immondices de toutes sortes jonchaient les rues.

Le président de la République, le Premier ministre, le ministre des Travaux publics, Transports et Communications et la directrice générale du Service métropolitain de collecte des résidus solides (SMCRS) ne sont-ils pas au courant que ce phénomène se reproduit depuis plusieurs années à chaque averse ? Il est certain que la dégradation de l’environnement constitue l’une des conséquences de cette situation intolérable, mais qu’est-ce qui empêche le SMCRS de collecter les immondices aux heures régulières pour pallier ce problème ? Le ministre des TPTC n’est-il pas au courant de ce dossier qui défraie la chronique chaque année ? Depuis quatorze mois qu’il est investi dans ses fonctions, va-t-il continuer à observer cet héritage légué par ses prédécesseurs jusqu’à la fin de sa gestion ?

Dans la deuxième ville du pays, c’est le même constat depuis dix ans après chaque averse. Le délégué départemental, les cadres de la direction départementale du Nord des TPTC et de la direction régionale du SMCRS vont-ils continuer à observer la situation lamentable de Carénage et d’autres endroits de la ville du Cap après chaque averse? Ils ont été choisis par le gouvernement pour constater l'insalubrité sans trouver de solution. Ce sont des primes que les différents gouvernements accordent à ces cadres. Dans les trois prochains mois, il y aura davantage de maisonnettes de fortune sur les flancs des mornes de la ville du Cap, au nom de la persistance de la mauvaise gouvernance de l’ère Moïse-Lafontant.

Comment ce gouvernement peut-il attirer des investissements étrangers alors qu’il ne peut pas collecter des résidus solides dans les deux plus grandes villes du pays, voire préparer un plan d’aménagement du territoire ?

Lemoine Bonneau

Bonneau2005@yahoo.com

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