L’agrobusiness au service de l’inclusion financière et de la croissance

Echo de l’éco

Publié le 2018-04-13 | Le Nouvelliste

Economie -

Durant cinq jours consécutifs, du lundi 9 au vendredi 13 avril, le financement de l’agribusiness a eu un écho favorable à l’hôtel Karibe. L’agribusiness (beaucoup plus anglophone) ou l’agrobusiness était largement débattu. Certains ont même eu l’impression que le sujet demeure entier tant les discussions ont retenu l’attention de ceux qui ont fait le déplacement, et le temps imparti généralement limité dans ce genre de sommet. Encore une fois cette année, la participation des élèves et leurs questions pertinentes laissent entrevoir un brin d’espoir pour le devenir de la nation.

Le gouverneur de la Banque de la République d’Haïti, Jean Baden Dubois, lors de la journée consacrée au secteur bancaire, le jeudi 12 avril 2018, a eu à soutenir que l’extension des services financiers à un plus large segment de la population aura des impacts significatifs sur l’agrobusiness. Il cite parmi eux : la capacité pour les exploitants agricoles de financer leurs besoins de crédit, particulièrement en termes de capital roulant; une meilleure compréhension des produits financiers (crédit, assurance, etc.) et une gestion plus rigoureuse de l’exploitation agricole à travers l’éducation financière.

Sur sa liste d’impacts en faveur de l’agrobusiness, le gouverneur de la banque centrale d’Haïti indique aussi une réduction de ruptures potentielles dans les chaînes de valeur, en s’assurant que chaque participant ait accès aux services financiers nécessaires afin de maintenir les flux de biens et services qui leur sont associés. Selon lui, ces éléments permettront de maintenir et d’élargir le processus de création de valeur au niveau de l’agrobusiness, tout en réduisant l’incidence de la pauvreté.

Jean Baden Dubois est plutôt persuadé que l’augmentation de l’activité dans le secteur de l’agrobusiness, à son tour, renforce l’inclusion financière à travers une demande accrue pour les services financiers dans des secteurs et régions auparavant non desservis. Ces services incluent : les dépôts (pour motif de transaction et d’épargne); les crédits (à la consommation et à la production); les transferts et paiements; les produits d’assurance; les services conseils en finance et gestion d’entreprise.

Malgré son déclin, le secteur agricole représente un peu plus de 20 % du PIB. Ledit secteur emploie 45% de la population active. Un manque au niveau de la productivité, dira ensuite Kesner Pharel en comparant le rapport 45-20, la proportion de la population active qui ne produit que 20% dans cet agrégat majeur des comptes nationaux.

Mais l’agriculture telle que nous la connaissons depuis les siècles de la colonisation est dépassée et mérite un coup de balai. D’autres diraient une révolution comme cela se fait dans le reste du monde. Si Haïti veut réduire sa dépendance alimentaire vis-à-vis de l’extérieur, un changement de paradigme s’impose dans la pratique de l’agriculture. Pour passer de cette agriculture de subsistance à l’agrobusiness, des choix s’imposent.

L’État et le secteur privé sont-ils prêts à faire le grand saut ? Sommes-nous prêts à laisser de côté l’économie de rente ? Si c’était le cas, des signes commenceraient déjà à apparaître. Un hic : durant tout le déroulement du huitième Sommet international sur la finance, ni le président de la république, ni le Premier ministre, ni les ministres de l’Economie et des Finances, du Commerce et de l’Industrie, ni aucun autre ministre n’a jugé important d’y mettre les pieds. Eux qui sont si sensibles au domaine agricole, à la croissance économique et au bien-être de la population.

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