Le projet agribusiness pour soutenir l’agro-industrie en Haïti

À l’issue de la présentation des dix projets retenus dans le cadre du concours Agripicth, organisé par le Centre de l’entrepreneuriat et de leadership en Haïti (CEDEL-Haïti) dans le cadre du Sommet inetrnational sur la finance, le projet de capitalisation/recapitalisation des petites et moyennes entreprises (PME), communément appelé agribusiness, a été présenté aux aspirants entrepreneurs. Conçu et développé par le ministère de l’Économie et des Finances et géré par le Fonds de développement industriel, ce programme vise, selon les responsables, à promouvoir la création d’entreprises dans le secteur agro-industriel.

Publié le 2018-04-13 | Le Nouvelliste

Economie -

Ils étaient une trentaine de jeunes entrepreneurs et aspirants entrepreneurs à avoir suivi la présentation du projet de capitalisation et recapitalisation des PME en Haïti au Complexe Lafayette le 7 avril dernier. Duquesne Prophète, le coordonnateur de ce projet, a tout fait pour expliquer un tel programme à ces jeunes venus de partout. Il s’agit, fait-il savoir, d’un projet innovant conçu spécifiquement pour promouvoir la transformation des produits agricoles afin de stimuler de la valeur ajoutée dans ce secteur qu’il qualifie de créateur d’emplois et de générateur de revenus.

Ce projet est lancé à la fin de 2015. Actuellement, selon M. Prophète, 360 millions de gourdes sont déjà octroyées à une cinquantaine d’entreprises du pays. Une dizaine d’autres projets sont dans une phase d’approbation assez avancée. Puisqu'il ne s’agit pas d’un programme d’assistance, les responsables mettent en place un ensemble de critères conduisant à l’octroi du prêt. La viabilité des projets constituent un atout important. Ainsi, les porteurs du projet devraient démontrer qu’ils peuvent rembourser la somme contractée dans les délais impartis. Dans le cadre de ce mécanisme, on comprend que le porteur du projet soit aussi important que le projet lui-même.

Les modalités sont plutôt simples. Après la soumission du projet retenu, les responsables, au niveau du ministère de l’Économie et des Finances, procèdent à son analyse. Si tous les préalables sont respectés, le document sera transmis à un comité interministériel composé des représentants des ministères de l’Économie et des Finances, du Commerce et de l’Industrie et de l’Agriculture, des Ressources naturelles et du Développement rural avant de l’acheminer au Fonds de développement industriel pour les suites nécessaires.

Les taux d’intérêt varie entre 8 et 10% et le calendrier de remboursement est adapté suivant la nature de l’entreprise. Un délai de grâce de 6 mois à un an est accordé aux emprunteurs qui pourront solliciter entre 400 000 gourdes et 40 millions de gourdes de prêt et disposent d'une durée de quatre à cinq ans pour le remboursement complet. Jusqu'à présent, soutient le coordonnateur, aucun prêt avoisinant 40 millions de gourdes n’a cependant été accordé.

Les porteurs de projet, après avoir été approuvés, sont techniquement appuyés par des professionnels dudit projet. Le souci des autorités est la formalisation des entreprises qui détiennent un plan d’affaires réaliste. Car il est inconcevable, souligne-t-il, que l’État traite avec des entreprises informelles. L’accompagnement du ministère s’étend de la création à une certaine maturité de l’entreprise.

L’objectif est de créer de la richesse dans le secteur agricole. Avec les programmes de crédit prenant en compte les spécificités de l’agriculture haïtienne, les responsables croient qu’on peut y arriver. Mettre des fonds au profit des entrepreneurs agro-industriels, c’est en quelque sorte créer les conditions nécessaires pour générer de la valeur ajoutée dans l’agriculture. Car, aux dires de Duquesne Prophète, la valeur ajoutée ne peut être créée qu’à l’intérieur des entreprises.

Jose Flecher
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