Des manifestants exigent l’arrestation de plusieurs chefs de gangs présumés

Publié le 2018-04-12 | Le Nouvelliste

National -

Des résidents de Cité Plus et autres quartiers des environs du théatre national, au sud de Port-au-Prince, ont manifesté pour exiger l’arrestation de deux chefs de gangs présumés, Armel et Bougoy. « Nous manifestons dans les rues pour demander au chef de la police et au ministre de la Justice d’appréhender Armel et Bougoy », a indiqué un manifestant interrogé par Vision 2000. Au village, à Cité Plus, c’est l’exode. Les gens ont dû fuir leurs maisons, a-t-il poursuivi, accusant Armel d’installer un climat de terreur après avoir tué un dénommé Adly. « Il rançonne et pille les commerces de paisibles citoyens et citoyennes. Je suis personnellement une victime d'un gang qui a cambriolé ma maison », a expliqué un autre manifestant affirmant que le nommé Armel est un évadé.

« Si il y a un Etat, je crois que toutes les dispositions seront prises pour arrêter Armel qui constitue une nuisance pour la population », a poursuivi un autre manifestant qui tance des politiques qui utilisent les bandits armés pour atteindre leurs visées électorales. « Avant, on pouvait circuler librement à deux heures du matin à portail Léogâne. Armel a décidé maintenant de nous persécuter », a expliqué un autre manifestant. « Si vous louez une maison ayant un étage, à part le loyer versé au propriétaire, vous devez verser 1 000 gourdes à Armel. Si la maison n'a pas d’étage, vous devez verser 500 gourdes. Pour avoir l’autorisation de quitter le quartier, vous devez verser 2 500 gourdes à Armel », a hurlé une femme. « Nous voulons avoir la paix avec ce ''pongongon'' (emmerdeur) car nos enfants ne peuvent pas aller à l’école », a-t-elle fulminé alors que les manifestants, en chœur, chantaient « mare, mare yo ».

Le sénateur de l’Ouest et président de la commission Sécurité au Sénat, Jean Renel Sénatus a qualifié de « très bonne chose » la manifestation d’habitants du Bicentenaire, de Martissant, de Cité Plus contre ces bandits. C’est un appel aux autorités policières et judiciaires pour qu’elles fassent leur travail et un signe que la population veut collaborer avec la police pour partager des informations afin qu'elle puisse appréhender ces bandits et rétablir la paix, a estimé le sénateur Jean Renel Sénatus, appelant la PNH à mettre à la disposition de ces citoyens et citoyennes une ligne téléphonique à cet effet. Pour le sénateur Jean Renel Sénatus, il faut des politiques publiques pour résoudre le problème social. Il croit dans la formation professionnelle. Si des jeunes comme Armel avaient une profession et un emploi, ils n’auraient peut-être pas pris les armes, a indiqué le sénateur Jean Renel Sénatus qui confirme pour le journal que ce chef de gang présumé est un évadé de prison.

Le coordonateur du RNDDH, Pierre Espérance, qualifie lui aussi de « bonne chose » la manifestation de ces riverains. Cette manifestation illustre la révolte de paisibles gens contre des bandits qui les terrorisent et contre les autorités qui font preuve de laxisme dans la lutte contre le banditisme, a poursuivi le militant des droits de l’homme qui, une nouvelle fois, a dénoncé le fait que les bandits soient protégés par des autorités haut placées. Armel est un évadé de prison. Aucun effort n’a été fait pour l’appréhender au point qu’il se sent à l’aise jusqu’à terroriser la population, a tempêté Pierre Espérance.

Le député de la troisième circonscription de Port-au-Prince, Printemps Bélizaire, dans la presse, a indiqué qu’il n’est pas contre l’arrestation de tout bandit dûment identifié par la police. Il a salué le renforcement de la présence policière dans les quartiers où des rafales avaient été entendues dimanche. Pour le député Printemps Bélizaire, il faut adresser le problème social, la précarité socioéconomique qui constituent un terreau pour le bandistime.

Ses derniers articles

Réagir à cet article