8e sommet sur la finance/CNC

Appel à cesser l’hypocrisie contre les coopératives

Publié le 2018-04-11 | Le Nouvelliste

Economie -

Dans une adresse au deuxième jour du 8e sommet international sur la finance, le mardi 10 avril 2018, en présence des intéressés du secteur des coopératives, le DG du Conseil national des coopératives (CNC) dit espérer que toute hypocrisie cessera contre le secteur. Il dit constater que tout le monde parle sans cesse d’inclusion financière, de production nationale, de croissance économique, de lutte contre la faim, de création de richesses. Toutes ces choses ne seront pas possibles en laissant de côté le secteur coopératif. Aussi lance-t-il la devise coopérative : « Un pour tous, tous pour un ».

Serge Chéry remercie le président de la commission intérieur et des collectivités territoriales, le sénateur Francenet Dénius, qui a réclamé de sérieux encadrements en faveur des coopératives via le CNC afin que cette institution soit enfin en mesure d’accomplir sa mission de coordination selon la loi. Serge Chéry entend rencontrer d’autres parlementaires qui croient que le secteur coopératif est fondamental pour le futur du peuple haïtien.

En évaluant les coopératives d’épargne et de crédit, en se basant sur la statistique du domaine et en se référant notamment aux données du Conseil national des coopératives et de la Banque de la République d’Haïti, le montant des actifs pour les caisses dont les rapports sont à jour pour l’année fiscale 2016-2017 accuse un coût de 8 294 828 345 (huit milliard deux cent quatre-vingt-quatorze million huit cent vingt-huit mille trois cent quarante-cinq ) gourdes, selon le DG du CNC qui exhorte toutes les coopératives à préparer leurs rapports annuels qu’ils doivent soumettre à temps au Conseil national des coopératives, une façon de garder à jour les données qui peuvent aider toutes les instances concernées à évaluer de manière plus exhaustive les contraintes et les défis.

« Aujourd’hui, donc, la philosophie active de la coopérative doit consister à aller vers les coumbites, les escouades, les secteurs de production, professionnels et amateurs, les entendre, les former, les accompagner incessamment, les renforcer en les orientant vers une production plus efficace, vers la nécessité et les avantages qu’ils ont de s’initier dans la transformation des produits agricoles, vers une meilleure prise de conscience des profits à tirer du finish dans le domaine de l’artisanat », a affirmé le DG du CNC. Il croit que de telles initiatives les emmèneront, les conduiront vers des marchés plus rentables, mais aussi et surtout vers un développement économique avec des retombées plus concrètes pour eux et pour leur communauté.

Serge Chéry est plutôt convaincu qu’Haïti est un pays d’une grande culture de coopératives. « Le respect de l’environnent, la politique du reboisement, le développement économique du pays et l’amélioration de la qualité de vie ne pourront pas être possibles sans un accompagnement efficace du secteur des coopératives », a-t-il fait savoir en soulignant que nous devons y penser davantage et agir avec plus de détermination en conséquence.

Selon Serge Chéry, depuis la cessation du fonctionnement de l’Institut de développement agricole et industriel (IDAI), créé le 29 juin 1961, dont le rôle légal était d’accorder des prêts aux personnes, aux entreprises privées, aux sociétés, aux coopératives engagées dans la production agricole et industrielle, donc une fonction axée sur le crédit, pour répéter un ancien directeur général de ladite institution, M. Georges Louis, les agriculteurs en particulier sont devenus des laissés-pour-contre. Des démarches sont en cours, confie-il, à la direction générale du CNC dans l’objectif de créer le Fonds national de développement des coopératives pour pallier ce besoin.

« Le modèle français de l’Association pour le maintien d’une agriculture paysanne où s’établit un partenariat de proximité entre un groupe de consommateurs qui peut payer à l’avance totalement ou partiellement sur une période définie et une exploitation locale, débouchant sur un partage de récolte, phénomène appelé également circuit court », a expliqué le responsable du CNC, qui estime que ce modèle pourrait déboucher sur d’autres activités locales, génératrices de revenus.

En ce sens, indique Serge Chéry, les travailleurs agricoles haïtiens vivant dans les communautés rurales qui collaborent entre eux sous forme de coumbite ou d’escouade et qui maintiennent vivante une agriculture jusqu’ici bio ou du moins naturel sont encouragés à se transformer en coopératives. Il en est de même pour les professionnels du domaine artisanal du pays, tels les couturiers, les ferronniers, les ébénistes, pour ne citer que ceux-là, qui exposent parfois des œuvres où se cachent des franges de talents perdues dans l’indifférence face au mauvais contexte et un manque d’encadrement dans le cadre de l’exposition des produits. Il est à souligner que les coopératives peuvent être présentes dans tous les secteurs de l’économie et se rencontrent dans toutes les branches d’activités.

« La direction générale du Conseil national des coopératives que je coordonne commence à se pencher sérieusement sur les stratégies d’encadrement à apporter aux durs et tenaces travailleurs dans tous les secteurs de production à travers tout le pays par le biais des directions départementales qu’on est en train d’instituer », a déclaré Serge Chéry.

Le régulateur du système coopératif estime que les informations présentées par le Conseil national des Coopératives doivent être fiables, exactes. De plus, promet-il, avec l’informatisation de la direction générale qui est en cours, il sera créé une base de données qui pourra être consultée ou exploitée par tous.

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