Et si nos politiciens prenaient exemple sur nos banquiers?

Publié le 2018-04-10 | Le Nouvelliste

Editorial -

La 8e édition du Sommet international sur la finance a tenu ses promesses. Depuis lundi, experts, spécialistes, élus, étudiants, élèves et personnes intéressées présentent, débattent, exposent ou s’écoutent dans le cadre policé du Karibe. Des sujets d’intérêt public sont disséqués, des leçons apprises sont partagées et des perspectives d’avenir se dégagent.

Mardi soir, c’est le gratin du monde de l’argent qui a fait entrer dans la galerie d’honneur de la finance haïtienne Robert Paret Junior, président-directeur général de la firme ProFin, une entreprise pionnière dans la promotion des investissements en Haïti.

Paret est non seulement le plus jeune de tous les membres de la galerie, mais il est aussi l’un de ceux qui ont déjà labouré les plus beaux champs de nos entreprises bancaires. Si à dix-huit ans, il fait ses premières classes à la Citibank; la Unibank et la Sogebank l’ont aussi accueilli. Dans les deux plus grandes banques du pays, Robert Paret a gravi les échelons pour finir comme vice-président crédit commercial de la Unibank puis comme directeur général adjoint de la Sogebank, avant qu’il ne fonde sa propre entreprise, il y a cinq ans.

Paret est un exemple de réussite tout comme Shella Ludia Fleurantin, honorée à un autre niveau mardi soir pour "son sens de leadership et le modèle qu'elle représente ". Madame Fleurantin est entrée comme caissière à la Unibank. Quinze ans plus tard, elle est directrice du Crédit commercial de la Unibank. La caisse populaire Sainte-Anne, l’une des trois plus importantes coopératives du pays, 69 ans de bons et loyaux services dans le département du Sud, a également retenu l’attention des organisateurs du Sommet sur la finance. Elle a été honorée.

En établissant la tradition du sommet sur la finance, Kesner Pharel permet au secteur financier de prendre le temps de vénérer ses membres et de saluer les performances des entreprises. Encore une fois, les élus et les politiques ont raté une occasion de venir voir de près l’un des rares acteurs de l’économie du pays qui, régule et en concurrence, continue d'enregistrer de bons résultats.

Les politiciens sont rares dans les couloirs du Sommet. Ils s’épargnent sans doute la soupe à la grimace qu’ils auraient dû manger. Voilà un secteur du pays qui fonctionne bien, en dépit de leurs actions et malgré leurs inactions.

Frantz Duval
Auteur
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