Appui budgétaire

L’Union européenne va décaisser 120 millions d’euros au profit d’Haïti

La République d’Haïti s’apprête à recevoir prochainement un appui budgétaire de 120 millions d’euros de l’Union européenne (UE) pour une période de trois ans, a annoncé l’ambassadeur de l’UE en Haïti, Vincent Degert, lors d’une interview accordée à la rédaction la semaine dernière.

Publié le 2018-03-19 | Le Nouvelliste

National -

Cet appui budgétaire, qui se divise en deux parties, s’accompagnera d’une incitation à la bonne performance de l'administration publique haïtienne concernée, a tout de suite prévenu l’ambassadeur Degert. Une partie – qu’on pourrait appeler grosso modo « injection », a-t-il poursuivi, ira complémenter, à hauteur de 100 millions d’euros, les ressources du budget de l’État haïtien. L’autre partie, une enveloppe de 20 millions d’euros, sera octroyée sous forme de soutien en appui technique et sera déboursée par tranches.

« Une partie [de l’appui budgétaire] est une tranche fixe qui est reçue pour peu que les critères d’éligibilité soient remplis et une partie variable qui dépend des indicateurs et des performances sur les indicateurs », a expliqué l’ambassadeur de l’Union européenne en Haïti tout en précisant que la conclusion récente de l’accord du Staff Monitored Program (SMP) entre l’État haïtien et le FMI est un élément positif ayant accéléré l’octroi de l’appui budgétaire européen.

Les secteurs ciblés dans le cadre de ce deuxième appui budgétaire – le premier couvrait la période 2014 début 2017 – sont notamment l’éducation, les infrastructures et la réforme de l’État, a informé Vincent Degert, qui dit espérer cette fois-ci un saut qualitatif via des réformes dynamiques mises en œuvre concrètement par les autorités haïtiennes dans les finances publiques et les ressources humaines.

« Pour avoir de bonnes performances, il faut avoir une bonne administration qui travaille bien », a fait remarquer l’ambassadeur européen, insistant sur l’engagement de l’UE aux côtés de l’OMRH qui tend vers des recrutements sur la base de concours avec une transparence et une dimension genre facilitant une meilleure féminisation dans l’administration publique.

À en croire Vincent Degert, le décaissement de ce fonds dans le cadre de cet appui budgétaire répond à deux exigences concrètes du bailleur aux autorités haïtiennes : améliorer la capacité de collecter et de bien dépenser.

Pour améliorer la capacité de l’État à mieux collecter les recettes, notamment au niveau local, l’ambassadeur a annoncé la création, sur deux années, de 50 agences locales des impôts dans différents départements du pays. « C’est un des premiers éléments que nous allons soutenir », a fait savoir Vincent Degert, précisant qu’une amélioration doit être apportée également au niveau des recettes douanières du pays.

Pour le diplomate européen, cette amélioration passera non seulement à travers le code douanier – qui doit d’abord être approuvé par le Parlement – mais surtout à travers la fusion entre les bases de données de l’Administration générale des douanes (AGD) et de la Direction générale des impôts (DGI).

Notons que, parallèlement à ces deux réformes, l’UE attend toujours des actions concrètes en matière de lutte contre la corruption, l’utilisation de statistiques, concomitantes à de bonnes politiques publiques, et s’engage à renforcer, dans le système éducatif haïtien, la qualité éducative au niveau du primaire.

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