Le film de la paralysie de la Maternité Isaïe Jeanty

Publié le 2018-03-12 | Le Nouvelliste

National -

« Un groupe d’anciens contractuels de la maternité Isaïe Jeanty accompagnés d'individus armés ont brutalement fait irruption dans mon bureau mardi dernier. Ils m’ont agressé, saccagé mon bureau puis cassé les pare-brise de mon véhicule. C’est grâce à l’intervention de la police que je suis sorti vivant. Ils ont fait tout cela pour exiger leur réintégration ».

Le Dr Chantal Sauveur Junior Datus, directeur médical de l’hôpital, la voix cassée, joint par le journal lundi, raconte le film de l’histoire qui a conduit à la paralysie totale des activités de l’hôpital de Chancerelles, spécialisé en soins obstétrico- gynécologiques. Un groupe restreint d’anciens contractuels qui se sont fait accompagner de bandits armés ont fait fuir les médecins, les techniciens, tout le personnel de l’hôpital, laissant des femmes à peine opérées sans soins.

« Ils ont battu six de nos employés », a-t-il souligné, confiant qu’il vit depuis avec une psychose de peur. Dans une note, le ministère de la Santé publique et de la Population dit apprendre avec consternation les agressions verbales et physiques qu’a subies le directeur médical de la Maternité Isaïe Jeanty, dit Chancerelles (MIJ), par des individus malintentionnés avec armes au poing.

« Ceci dans un milieu hospitalier est inacceptable et ne peut en aucun cas résoudre les problèmes multiples confrontés par cet établissement qui commençait à retrouver un mode de fonctionnement régulier », a ajouté la note portant la signature du Dr Marie Gréta Roy Clément, ministre de la Santé.

« Cet acte inqualifiable ne saurait servir de prétexte pour forcer le ministère à recruter du personnel dans une institution de santé dont la vocation est de fournir des soins de santé obstetrico- gynécologiques de qualité, outre sa vocation de formation universitaire.

La titulaire du MSPP condamne les faits perpétrés et rappelle que les institutions de santé sont des espaces inviolables et que nul n’a le droit d’y pénétrer armé et encore moins de porter atteinte à la vie des malades, du personnel soignant et des responsables.

La ministre a fait remarquer que depuis les dernières réformes administratives entreprises au niveau de ce centre hospitalo-universitaire, fort souvent en proie à des grèves intempestives, le personnel et la clientèle desservie disposaient d’un environnement de travail plus serein comme en témoignent les derniers rapports statistiques et administratifs de cette institution.

Les derniers mouvements de protestation à la base de la fermeture de la MIJ ont été orchestrés par ces anciens contractuels qui ont mis en péril la vie de plusieurs patientes hospitalisées ainsi que celle du personnel forcés de vider les lieux.

Le ministère de la Santé publique et de la Population, en conformité avec la circulaire no 003 relative à la rationalisation dans la fonction publique et aux contrats de service du personnel contractuel, avait pris la décision de mettre un terme au contrat de plusieurs personnes travaillant dans les hôpitaux publics. Cette décision a été effective à l’entrée en vigueur de l’exercice fiscal 2017-2018. Les malades ne font que payer les frais de cette mesure.

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