« On ne frôle pas la catastrophe », selon le ministre de l’Économie et des Finances

Publié le 2018-03-12 | Le Nouvelliste

National -

« On passe mieux quand on annonce les mauvaises nouvelles », a avancé le ministre de l’Économie et des Finances Jude Alix Patrick Salomon, en réaction à la position exprimée par de nombreux économistes du pays à cause du niveau de déficit budgétaire enregistré seulement quatre mois après le début de l’année fiscale. « On ne frôle pas la catastrophe », a déclaré le ministre, qui préfère utiliser la notion de « découvert budgétaire » au lieu de « déficit budgétaire ». « On ne doit pas avoir de position alarmiste », insiste le ministre. Dans le Staff monitored program signé le 5 mars en cours avec le FMI, le gouvernement a « prévu 2.4% de déficit par rapport au PIB plus 0.8% qu’on appelle adjusters, c’est-à -dire des dépenses sociales liées notamment au relèvement des zones qui ont été frappées par l’ouragan Matthew ».

Le ministre Jude Alix Patrick Salomon a tenté de dédramatiser la situation en faisant remarquer que ces 3.2% de financement du PIB qui ne représentent qu’environ 18 milliards de gourdes et en comparant notre réalité à celle des pays européens. « Les pays de l’Union européenne, qui sont plus avancés que nous, atteignent difficilement 3.7% du financement du PIB. Certaines fois, ils vont au-delà des 3% », souligne-t-il. Le ministre a en outre laissé entendre que ce déficit budgétaire est inévitable. « Si on veut avancer, on ne peut pas le faire sans consentir ce déficit », a-t-il déclaré.

Le ministre invite ceux qui ont une opinion contraire sur la situation économique du pays à lui parler avant de « s’alarmer » tout en espérant qu’ils finiront par voir les choses sur le fond et non sur la « courte durée » ou la « courte période ».

Jude Alix Patrick indique que le niveau de déficit budgétaire a été estimé à neuf milliards de gourdes alors que les « supports externes n’étaient pas encore mobilisés ». Le ministre de l’Économie et des Finances annonce que le gouvernement devra trouver un appui budgétaire d’une trentaine de millions d'euros de l’Union européenne. Il table aussi sur les supports externes de la Banque Europeenne d'Investissements (BEI). « Mais c’est l’Union européenne qui devra se manifester en premier lieu », espère le ministre. Le gouvernement compte discuter aussi avec la BID et la Banque mondiale, même si les espérances ne sont pas trop grandes du côté de la Banque mondiale qui a déjà fermé la porte, a confié le ministre, signalant que le gouvernement travaille actuellement sur un budget rectificatif.

Danio Darius
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