Transactions en gourdes, le gouvernement disposé à discuter sur la manière et non sur le fond

Publié le 2018-03-12 | Le Nouvelliste

National -

Dans l’attente des discussions avec le Forum du secteur privé des affaires dans le cadre de la décision de l’Etat haïtien d’exiger que toutes les transactions se fassent en gourdes, le ministre de l’Economie et des Finances a laissé entendre lundi sur les ondes de Radio Magik 9 que le fond de la question n’était pas discutable. « Même si on peut discuter sur la manière mais on ne peut pas discuter sur le fond du problème. Le fond c’est qu’il ne peut pas y avoir double circulation monétaire », a-t-il déclaré, sans broncher, tout en citant ce vieil adage économique : « Quand il y a double circulation monétaire, la monnaie la plus forte chasse la plus faible ».

Le ministre est conscient que le dollar américain fait partie de notre quotidien depuis 1915, date de la première occupation d’Haïti par les Etats-Unis. « Quand on est habitué à un système qui dure depuis plus de cent ans, il est difficile de s’en passer », reconnait Jude Alix Salomon. Mais pour le ministre, nous sommes bien obligés d’avaler la pilule. Il n’y a pas d’autres alternatives qui tiennent. « Quelle que soit la pédagogie, quel que soit le temps que l’on prend, on devra aller dans le sens de la circulation d’une seule monnaie - à savoir la gourde- parce que, argumente-t-il, c’est cette monnaie qui a cours légal », a-t-il déclaré. Tout en confirmant que le gouvernement va rencontrer sous peu les membres du Forum du secteur privé des affaires, le ministre invite les agents économiques à se « défaire du réflexe du dollar ».

Les contrats qui ont été déjà signés soit avec des firmes internationales ou des contrats d’équipements avant la publication de l’arrêté ne vont pas être renégociés, a confié le ministre. Mais s’il s’agit d’une entreprise enregistrée en Haïti, les contrats seront payés au taux du jour, a cependant fait savoir Jude Alix Patrick Salomon soulignant qu’il en est de même pour les contrats privés.

L’arrêté du 1er mars avait soulevé une vague de réactions du Forum du secteur privé qui s’était dit étonné et stupéfait. « Je respecte toutes les opinions, mais il faut comprendre qu’une telle décision, ce n’est jamais le moment pour la prendre. Il y aura toujours un acteur pour vous dire que la mesure n’est pas bonne et qui souhaite qu’elle ne soit pas appliquée », réagit Jude Alix Patrick Salomon, rappelant que cette décision s’inscrit dans le cadre de l’application de la Constitution.

Danio Darius
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