« Le rire au féminin » fait salle comble

PUBLIÉ 2018-03-13
Réalisé à l'hôtel Karibe, le samedi 10 mars 2018, le spectacle intitulé “ Le rire au féminin” a réuni un beau public aussi nombreux que chaleureux. Cette manifestation culturelle a mis à l’affiche cinq femmes : Gaëlle Bien-aimé, Christina Guérin, les sœurs Garihanna et Cynthia Jean-Louis ainsi que la comédienne québécoise Maude Landry. Ces dernières se sont démenées afin de satisfaire les spectateurs présents. Cependant, malgré les efforts déployés, la soirée s'est terminée sur une note assez fade.


Programmé deux jours après la Journée internationale pour les droits de la femme, le spectacle était bien entendu contextualisé dans un courant de commémoration: la production en charge de l'événement qui est dirigée par une femme, le contenu du spectacle, tout avait rapport à la gent féminine. Le spectacle a d'ailleurs beaucoup fait rire les dames. De plus, la directrice générale du ministère à la Condition féminine, Myrtho René, eut à faire le point sur les avancées des femmes haïtiennes dans notre société.

Christina Guérin a été la première comédienne à se produire à cette soirée du rire au féminin. Rigolote et amusante, la comédienne est restée connectée avec son public, tout au long de sa prestation, invitant quelques-uns sur scène, leur donnant aussi des présents. La majeure partie de son show a été imprégnée de musique. Il va sans dire que ses blagues avaient tout pour plaire aux femmes. Cependant sa dernière chanson, ou plutôt sa dernière blague sur fond de chanson, avait un petit accent politique mais le rythme n'était pas du tout entraînant. La comédienne avait, dès le départ, annoncé dans ce qui semblait une blague que généralement les premiers à investir la scène lors d’un spectacle viennent quelque part tester l'assistance. En effet, elle a eu la tâche de chauffer le public. Bien qu'il faut souligner que le show qu'a présenté Christina n'a rien de différent des deux spectacles qu'elle avait présenté ell-même, quelques semaines de cela.

Est venue ensuite, la Québécoise Maude Landry. Elle est celle qui est restée le moins longtemps sur scène. La jeune femme a quand-même essayé de charmer le public avec ses blagues empreintes de son Québec natal, agrémentées de petites doses de nos réalités haïtiennes.

Installées au Canada, les sœurs Jean-Louis étaient sûrement les plus attendues à ce spectacle du rire totalement féminin. Leurs blagues sur les réseaux sociaux ont peut-être aidé. On se souvient que suite à la sortie de la chanson “M pou kò m” de Kreyòl-la, Cynthia avait dans une vidéo vue des centaines de fois sur Internet, souhaité que T-Jo Zenny soit leur driver une fois arrivées au pays. Évidemment que le show des deux sœurs a commencé par ce fait. D’ailleurs, le chanteur de Kreyòl-la a introduit les comédiennes au public. Le sketch des deux jeunes femmes a donc débuté par le mariage de Cynthia et de T-Jo. Le plus intéressant à ce mariage reste les voeux prononcés par cette dernière. Ils ont ont rassemblé un grand nombre de pratiques culturellement haïtiennes du mariage : “Acceptes-tu de me prendre, moi, Cynthia Jean-Louis pour épouse […] De m’aimer, de m’adorer dans un premier temps, de continuer à m’aimer pour un petit bout de temps, et de me tromper pour le reste du temps? Ce qui fit craquer la foule sans grands efforts.

Si le show en lui-même a manqué de piment, les soeurs Jean-Louis ont quand même réussi à faire rire à gorge déployée le public. Leur concept “Zaboka”, nou ka mou men nou gen grenn, a été assez bien reçu. Même si on s'attendait à plus d'euphorie. Par contre, la parodie de la diaconesse exécutée par Cynthia a marqué. Certains passages n’ont certainement pas dû plaire à des chrétiens pratiquants présents dans la salle mais la comédienne était convaincante dans la scène et a passé en revue certaines pratiques présumées courantes dans des milieux chrétiens : “Jezi pa zanmi lamizè [...] li se moun anwo". Quant à la dernière pièce de leur spectacle, une compétition de slam nouvelle génération vs old school, le texte, qui est de Jasmuel Andri, est correct mais le refrain qui a servi de pont entre chaque partie des deux soeurs était saoulant.

Tout de même, cela a fait un bien fou aux femmes de rire des différents rapports qu’entretiennent les deux sexes. Quant à la maîtresse de cérémonie du spectacle, Gaëlle Bien-Aimé, elle a parfaitement tenu son rôle. Ses différentes blagues dites çà et là entre les prestations ont pour ainsi dire scotché le public.

Outre le spectacle, Régine Montrosier Trouillot a été honorée à cette soirée. Cette récompense lui a été attribuée pour son travail avec son académie de danse.

Parallèlement, une exposition a eu lieu dans une salle adjacente à celle où se tenait le spectacle. Plusieurs peintres comme Claudia Apaid, Valerie Noisette, Francoise Hazel, Lilika Papagrigorio ou encore Mafada Nicolas Mondestin y ont exposé leurs oeuvres. Une partie de l’argent récolté lors de cette expo-vente est destinée à l'hôpital Bernard Mevs.

Si la majorité des blagues ont pointé les hommes du doigt et ont fait rire; sur un ton plus sérieux, elles ont peint une réalité où les femmes ont encore bien des combats à mener.



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