Kont Anba Tonèl al pou 9

PUBLIÉ 2018-03-13
Du 20 mars au 1er avril, la neuvième édition du festival interculturel du conte « Kont anba tonèl » battra son plein dans la capitale et dans plusieurs autres villes du pays. Au menu, des soirées de conte, des projections de films, des spectacles pour enfants…mais aussi « Lakay konte » la grande nouveauté initiée cette année et qui inspire à Foudizè le thème de cette neuvième édition.


Foudizè n’a pas attendu le mois de mars pour faire la promotion de son festival interculturel du conte baptisé « Kont anba tonèl ». Les followers de la troupe sur les réseaux sociaux ont été mis au parfum de la programmation de la neuvième édition mais surtout de « Lakay konte », la grande nouveauté initiée cette année depuis le mois dernier.

Il s’agit d’inviter des conteurs à se produire dans des résidences privées. Lancée le 9 mars dans une maison au Bel-Air, elle se poursuit jusqu’au 18 mars où elle sera bouclée dans une maison à la rue Titus. «  Cet évènement culturel, explique Billy Elucien, directeur artistique du festival, est mis sur pied dans l’optique d’approcher un public pas trop branché médias ». La seule exigence qui est faite à ces 7 hôtes qui ont ouvert leurs portes à « Lakay konte », c’est de servir du thé, du café, à la rigueur du pain au moment où l’on conte. « Ils sont les heureux élus parce qu’ils sont ceux qui ont répondu à l’appel que nous avons lancé le mois dernier sur les réseaux sociaux et par le biais du " bouche à oreille", stipulant qu’on souhaite pouvoir conter à domicile », note le metteur en scène de Foudizè.

Kont anba tonèl a été pensé en 2009 selon lui, au constat que le conte, les jeux traditionnels… des éléments incontournables de notre culture, disparaissaient au fur et à mesure. « Quand on a lancé la première édition, on ignorait que le 20 mars était dédié à l’échelle mondiale au conte. Etant des professionnels du théâtre, on tentait plutôt de faire le rapprochement avec la journée mondiale du théâtre qui est le 25 mars », confie Billy. Depuis, Foudizè établit également une connexion entre Kont anba tonèl et la Francophonie, célébrée le 20 mars.

En 9 ans, Kont anba tonèl a inspiré tant dans la capitale qu’en province des activités du même genre dont Krik krak dans le Sud. « Au fil de ces années, ajoute l’acteur, j’ai compris que bien des gens ignoraient ce qu’est le conte dans le contexte haïtien. Bien des jeunes des villes témoignent n’avoir pas été bercés dans cette ambiance durant leur enfance. On se réjouit donc d’avoir pu leur faire découvrir un élément aussi essentiel de la culture haïtienne ».

Le festival interculturel de conte propose en général des activités dans des espaces conventionnels dont la Fokal et l’Institut français mais aussi des bars, la rue. Kont O bar c’est en moyenne deux heures d’activité dans un bar où le conte se mélange à la musique, à la bonne humeur du public et aux jeux traditionnels. Foire anba tonèl qui se tenait toujours sur la place Jérémie, ne sera malheureusement pas organisée cette année.

Dans le cadre de Biblio-tap-tap, l’équipe de Foudizè anime sur les places publiques des séances de lecture et de conte à l’intention des enfants. Des rendez-vous sont organisés dans le cadre du festival pour les amants du slam et de la musique. Durant les soirées de conte, des troubadours, des percussionnistes sont invités à se produire pendant les intermèdes ou en soutien au jeu de conteur.

Si Kont anba tonèl ne souffre jamais en matière de ressources humaines ni en matière de programmation ou de couverture médiatique, ce n’est pas le cas en ce qui concerne l’aspect financier, affirme Billy. « Aujourd’hui encore les mécènes affichent de la réticence quand on les contacte au sujet du festival. C’est la plus grande difficulté à laquelle on fait face depuis le début de l’aventure », regrette-t-il.

Gonaïves, Saint-Marc et Jacmel sont les autres villes qui hébergent le festival cette année. Des formations dans des espaces culturels sont prévues à l’intention des jeunes de ces villes. « Le réveil du conte ne doit pas se limiter, dit-il, à la capitale. En plus, ces formations sont dispensées à dessein d’inciter la mise sur pied par les bénéficiaires d’autres activités autour du conte au cours de l’année, en dehors du festival ».

La 9e édition va du 20 mars au 1er avril sur le thème «  Lakay konte pou nou ». La France est le pays invité d’honneur de cette année. Toutes les activités prévues dans le cadre de Kont anba tonèl cette année sont gratuites, sauf la représentation d’Anatòl prévue pour le 27 mars au Centre d’art à 6h 30 PM. L’admission est fixée au prix de 250 gourdes. L’agenda peut être consulté sur la page Facebook de Foudizè et celle du festival.

« Venez profiter de ce festival qui est conçu pour vous. Vous vous amuserez à coup sûr durant cette dizaine de jours remplis d’activités », conclut Billy visiblement prêt à conter plusieurs fois cette année.



Réagir à cet article