Une retraite pour trouver l’harmonie au Sénat

Publié le 2018-03-08 | Le Nouvelliste

Editorial -

Le bureau du Sénat planifie trois jours de retraite, la semaine prochaine, pour les 29 sénateurs en poste dans le but de réorienter les activités législatives. Il s’agit, selon toute vraisemblance, de trouver une entente entre les pères conscrits pour sauver l’année législative. La séance irrégulière organisée le 1er février dernier à la suite de celle mise en continuation la veille, dans le cadre de la présentation du rapport de la commission d’enquête sur les fonds PetroCaribe, continue de bloquer la Chambre haute. En dépit de toutes les tractations effectuées par le bureau présidé par le sénateur Lambert, la situation reste compliquée au Grand Corps. Traditionnellement, quand un groupe majoritaire dans l’une des deux chambres décide d’ignorer la minorité, en prenant la voie contraire au règlement intérieur, le bureau est dans de beaux draps pour tenir séance. La plupart des sénateurs qui contestent cette décision du parti majoritaire constituent désormais un bloc et font obstacle aux activités législatives. Si certaines commissions permanentes parviennent à organiser des auditions, il n’en est pas ainsi des séances plénières où le quorum requis est de 16 sénateurs.

Ouverte le deuxième lundi de janvier, la première session de l’année législative sera bouclée le deuxième lundi de mai. Joseph Lambert va tenter de convaincre ses collègues pour trouver un dégel sur la séance du 1er février qui constitue une plaie béante pour les sénateurs de l’opposition et d’autres indépendants. Aucun acte législatif ne peut être voté sans un consensus. Le groupe majoritaire, qui avait voté la résolution du 1er février, n’est pas toujours présent pendant les trois jours de séance pour répondre à l’appel nominal. Il s’agit de sénateurs qui fréquentent le Parlement de façon occasionnelle. Ils ont d’autres chats à fouetter dans les ministères, les zones frontalières et dans d’autres endroits plus lucratifs que la salle de séance.

En conséquence, le bureau du Grand Corps ne peut prétendre réaliser une séance sans les sénateurs minoritaires. Cette retraite va permettre au bureau d’élaborer un calendrier législatif taillé sur mesure.

A l’occasion de son discours d’investiture comme président du Sénat, Joseph Lambert avait désapprouvé le comportement de ses collègues qui refusaient d'étudier les dossiers d’audit soumis par la Cour supérieure des comptes et du contentieux administratif pour une quarantaine d’anciens ministres et Premiers ministres afin de leur octroyer décharge de leur gestion. De fortes sommes sont réclamées par certains parlementaires pour se pencher sur les dossiers de décharge. L’année dernière, la commission bicamérale n’avait analysé aucun dossier d’ordonnateur. La présence du sénateur Evallière Beauplan dans cette commission permettra-t-elle aux quatorze autres membres d'examiner ces dossiers ?

A l’approche de la fête de Pâques, à la fin de ce mois, il ne reste qu’une vingtaine de jours de séance avant la clôture de la première session. La deuxième session est habituellement consacrée à l’examen et au vote du budget pour l’exercice 2018-2019 et aux activités de fêtes patronales. Quel sera le bilan de ces parlementaires à la fin de leur mandat, étant donné que l’année prochaine sera une année électorale ? Pour quelle raison l’Etat doit-il verser toutes ces allocations à ces députés et sénateurs ?

Lemoine Bonneau

lbonneau@lenouvelliste.com

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