Combien de fois faut-il interdire les objets en styrofoam sur le territoire national?

Publié le 2018-01-30 | Le Nouvelliste

Editorial -

Le gouvernement Lafontant vient de ressusciter un arrêté pris en juillet 2013 sous l’administration Martelly-Lamothe interdisant l’importation, la commercialisation et l’utilisation sous quelque forme que ce soit des sacs en polyéthylène et objets en polystyrène expansé (PSE, PS, ou styrofoam). Le communiqué est signé du ministre de l’Environnement Pierre Simon Georges ; du ministre du Commerce et de l’Industrie Pierre Marie Du Meny ; du ministre de l’Économie et des Finances Jude Alix Patrick Salomon et du ministre de la Justice Heidi Fortuné. Un communiqué du même genre a été signé il y a moins d'un an, soit en juin 2017, des ministères de l'Environnement, du Commerce et celui de l'Economie.

Cette nouvelle tentative du gouvernement en place arrive à un moment où les grandes villes du pays croulent sous le poids des tonnes d’immondices. L’annonce du gouvernement va être applaudie avec prudence même par ceux qui exigeaient la mise en application de l’arrêté de 2013. Ils n’ont pas tort dans la mesure où la montagne n'avait même pas accouché d’une souris la dernière fois. Nous savons bien que faire appliquer les bonnes mesures qu’elles ont prises n’est pas le point fort de nos autorités. Dans ce cas précis, et si nous leur accordions le bénéfice du doute ? Si le gouvernement Lafontant choisit de relancer l’arrêté en question presque 5 ans après, on veut croire que c’est pour de bon. On veut croire que nos autorités ont déjà étudié les voies et moyens pour le faire appliquer.

L’utilisation des produits interdits dans le communiqué des ministères de l’Environnement, du Commerce, des Finances et de la Justice est devenue depuis un certain temps un problème environnemental majeur non seulement pour Haïti, mais aussi pour les autres pays de la région. Les citoyens comme les autorités le savent. D’ailleurs, le triste constat est fait après chaque goutte de pluie.

Le gouvernement promet la politique du bâton pour tenter de rectifier le tir. « Dès la publication de ce communiqué, des brigades spécialisées seront déployées sur l’ensemble du territoire pour veiller à la stricte application des dispositions dudit arrêté et les produits prohibés seront saisis… », lit-on dans le communiqué. Oui, il faut le bâton si on veut que nos rues soient propres. Il faut aussi la carotte si nous voulons que les mesures prises fassent long feu. Le bâton et la carotte pourront être une solution gagnant-gagnant pour le pays et tous ceux qui gagnent leur pain à partir de l’importation et la commercialisation des produits interdits.

Il existe des initiatives locales de fabrication et de commercialisation de sacs, de gobelets et d’assiettes en carton. L’État et le secteur privé ne peuvent-ils pas trouver un modus operandi pour développer ce secteur ? Cela génèrerait des emplois et découragerait du coup l’importation des produits interdits.

En attendant d’y arriver, nos autorités doivent prêcher par l’exemple. Dès cette semaine, elles doivent cesser elles-mêmes d’utiliser les produits interdits dans l’arrêté. Dans les ministères et d’autres institutions étatiques, dans les réunions et séminaires des institutions gouvernementales, l’utilisation des sacs en polyéthylène et objets en polystyrène expansé (PSE, PS, ou styrofoam) doit être bannie comme l’exige l’arrêté. Il n’y a pas de doute que le reste de la population suivra un tel exemple.

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