Il faut de nouvelles ambitions pour la formation professionnelle et l'éducation des filles

Publié le 2018-01-25 | Le Nouvelliste

Editorial -

Depuis quelques jours deux secteurs manifestent sporadiquement pour se rappeler au bon souvenir des autorités. Les élèves du lycée Marie Jeanne et des étudiants des écoles professionnelles relevant de l’Etat haïtien. Ils ne font pas beaucoup de bruit mais leur combat a un sens qui dépasse leur personne. Ils se battent pour que d’autres accèdent à de meilleures conditions d’apprentissage qu’eux.

Le 17 janvier dernier les filles du lycée ont mis leurs bancs à l’angle de la rue Lavaud et de l’avenue Lamartinière. Elles manifestaient pour réclamer la reconstruction de leur école mise à terre par le séisme de 2010. Depuis cette catastrophe, aucun effort n’a été entrepris pour relever cet immense complexe qui loge aussi l’école nationale République du Libéria.

Du temps de la splendeur des Frères de l’impasse Lavaud, comme on nommait les lieux dans les années 70-80, un auditorium qui faisait office de cinéma public, une résidence des Frères du Sacré-Cœur, une chapelle, les locaux d’un centre de formation de maître, une pension et les salles de classe de l’école nationale République du Libéria puis du lycée Marie Jeanne offraient les meilleures conditions d’apprentissage qui soient. Au centre du quadrilatère de bâtiments de l’Impasse Lavaud, un immense terrain permettait aux enfants de jouer.

Depuis Goudougoudou, le terrain de jeu abrite des hangars. L’école nationale République du Libéria, propriétaire historique des murs, a dû déménager une partie de ses effectifs. Le pain de l’instruction est partagé dans des conditions qui pourraient être meilleures.

Il est temps que l’Etat reconstruise avec les plus grandes ambitions qui soit les bâtiments de l’ancien fleuron des écoles publiques du Bois Verna. Avec le lycée du Cent-cinquantenaire, Marie Jeanne est l’un des rares lycées exclusivement pour fille de la région métropolitaine.

Autre responsabilité de l’Etat, il doit se pencher sur le sort de la formation professionnelle, particulièrement des centres de formation qui relèvent de ses services.

Les manifestations des étudiants de ces derniers jours n’ont pas d’ampleur et ne causent pas de problèmes. Mais, à l’image de ce qui reste de JB Damien et des autres adresses similaires, il est évident que les faibles moyens mis à la disposition de la formation professionnelle en Haïti frisent l’indécence dans un pays qui a pour première ressource l’exportation des hommes et des femmes.

Ces derniers temps, depuis que les foires de l’emploi ou de la formation sont organisées, on ne remarque plus les écoles qui formaient dans le passé nos meilleurs techniciens et des ouvriers qualifiés. L’État a mis fin sans le dire aux programmes de formation pour les métiers manuels, mettant tout son argent dans on ne sait plus quelle filière. La construction de nouvelles écoles de formation professionnelle n’a pas suivi l’accroissement de la population. Celles existantes ont été délaissées.

Comme pour la reconstruction du lycée Marie Jeanne et de l’école nationale République du Libéria, il faut de nouvelles et grandes ambitions pour la formation professionnelle.

Frantz Duval
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