Chansons d’Haïti

Conservation et valorisation d'une partie du patrimoine musical haïtien

Pour contribuer à la sauvegarde et à la diffusion du patrimoine musical d’Haïti, onze meringues et seize mélodies ont été compilées par la soprano Karine Margron et mise en adaptation par Julio Racine, dans le projet « Chansons D’Haïti».

Publié le 2018-02-05 | Le Nouvelliste

Culture -

Cette urgente tâche pour préserver et valoriser une partie du patrimoine musical haïtien encore peu connu est aussi une façon pour remettre en question notre tradition de bouche à l’oreille. Car l’oralité, une forme encore bel et bien présente dans notre quotidien, porte, évidemment, l’influence du traditionnel africain.

« La musique traditionnelle haïtienne, considérée comme faisant partie de l’âme haïtienne est un patrimoine immatériel culturel fragile », a confié Karine Margron, qui nous a reçus à la Fondation Odette Roy Fombrun qui a permis la diffusion de ce projet. «Le répertoire de chansons créoles coutumières haïtiennes appartenant essentiellement à la tradition orale fait encore défaut aux écoles de musique haïtiennes sous une forme adaptée aux études. Ainsi, une immense richesse artistique authentiquement haïtienne échappe ainsi aux jeunes générations.»

Le fameux poème « Choucoune » de Oswald Durand mis en musique par Maulear Monton ; la chanson traditionnelle  « Ti zwazo » ; les chansons folkloriques «Legba Zangliyan, Twa fèy Twa Rasin» et la célèbre « Ayiti Cheri », du Dr Othello Bayard sont entre autres les chansons d’une telle initiative citoyenne indépendante, œuvrant dans le cadre de la sauvegarde du patrimoine culturel haïtien.

Mettre en mémoire les chansons d'Haïti et les proposer au monde académique « s’inscrit dans la poursuite des efforts fournis par de nombreux musiciens haïtiens auxquels on doit des documents d’une importance capitale pour l’histoire et le développement de la musique haïtienne. L’on relève notamment les travaux de René Victor, Werner Jeagerhuber, Lina Mathon Blanchet, Ferère Laguerre, Michel Déjean, etc. ».

Notons que Chansons d’Haïti est dans une démarche pour rendre accessible ce patrimoine musical tant en Haïti qu'à l’étranger. « Ainsi, cette production est conçue avec une approche universelle de manière à remplir les conditions requises pour répondre aux critères du monde académique. Déjà, dans certaines universités des États-Unis, le matériel de Chansons d’Haïti commence à être utilisé et diffusé, souvent à l’initiative d’anciens de l’Orchestre Philharmonique de Ste-Trinité (OPST) ou de chanteurs. »

Quelques de nos meringues -qui sont dans notre environnement social par leur double rythme tantôt lent (meringue de salon), priorisé sur celui qui est mouvementé (coudiaille et meringue de carnaval) par Chansons d’Haïti - servent à participer à la conservation de notre culture.

Aussi, faut-il ajouter, pour la sauvegarde du patrimoine rythmique, certains sons et cadences qui offrent la diversité culturelle de nos traditions ont été joués au tambour.

Rappelons pour la présentation des volumes 8 et 9 au public haïtien, Port-au-Prince reçoit un concert ce février 2018.

Eunice Eliazar eunice18271@gmail.com Auteur
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