8e édition de la « Memorial night », en mémoire des victimes du 12 janvier 2010

PUBLIÉ 2018-01-12
Les locaux de Presse Café ont vibré sous les voix de Farah Joseph, Ludnie Etienne, Nathalie Jean et Samantha Normil, entre autres, dans la nuit du 11 janvier 2018, à l’occasion de la Memorial Night. Une initiative, en hommage à ceux qui sont passés de l’autre côté lors du tremblement de terre du 12 janvier 2010, conclue avec une touche d’humour de Pastè Blaze.


Le 12 janvier 2010, en quelques secondes, des milliers de familles se sont trouvées face à l’inconnu. En effet, le sol s’est mis à valser sous nos pieds et la douleur engendrée par ce triste phénomène a été jusqu’ici sans égal. Des familles atterrées, des proches envolés dans la nature, des amis enfouis sous les gravats et des réalisations d’une vie parties en fumée sont autant de maux qui nous marqueront à tout jamais.

Les stigmates de cette journée sanglante perdurent, et d’une manière ou d’une autre, nous estampent telle une marque indélébile. Néanmoins, 8 ans plus tard, nos agissements au quotidien n’indiquent nullement que ce désastre nous a poussés sur la voie de l’altruisme, de l’abnégation ou encore de la fraternité.

Cela n’empêche pas à l’équipe de Havana Guitar Night de s’évertuer depuis de nombreuses années à travers « Memorial night », de réaliser un travail de mémoire en hommage à ceux qui nous ont laissés. C’était encore le cas ce jeudi 11 janvier 2018, dans la soirée. Les voix enchanteresses d’une panoplie de chanteuses ont ébranlé les membres de l’assistance qui, visiblement, ne pouvaient contenir leurs émotions. Farah Joseph, Ludnie Etienne, Nathalie Jean et Samantha Normil, tous ces artistes ont prêté leur voix d’une grâce exceptionnelle aux victimes du séisme de 2010.

Aussi a-t-on rarement vu Harry Luc à ce point agité. Entre anecdotes et poèmes émouvants, celui-ci a soulevé des interrogations qui le dépassaient. « J’ai l’impression que rares sont ceux qui se souviennent des dégâts causés par ce séisme », a-t-il indiqué. Par ailleurs, ce dernier croit fermement que ceux qui ont pu en sortir indemnes, ont réchappé grâce à une intervention divine. « Nous devons transmettre des valeurs aux générations à venir. Ils doivent se souvenir de cette date », a ajouté le PDG de HandzUp Group, qui assure que « Memorial night » aura lieu tous les ans en mémoire de ceux qui ont disparu.

« Après le séisme, nous avons été la première entité à réinitier les soirées mondaines », a expliqué Berthony Raphaël, qui réalise ce « Memorial night » depuis déjà huit ans. Il est aussi attristé par le départ de ses proches dans la sphère musicale. A cet égard, Il exhorte tous les Haïtiens à changer de comportement dans la construction de nos maisons. « Un autre séisme peut avoir lieu à tout moment, il nous faut nous préparer », a-t-il martelé.

Pastè Blaze, égal à lui-même, s’est chargé de changer l’ambiance de tristesse qui battait son plein à Presse Café, en une atmosphère d’hilarité.

Pierre Michel André pierremichelandre@gmail.com



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