La posture restrictive ne concerne pas les secteurs de la production, dixit Jean Baden Dubois

Dans une logique pro-croissance et afin d’encourager les investissements dans les secteurs de production, la Banque de la République d’Haïti adopte une posture restrictive. Cette décision vise à ralentir le rythme des importations du pays. Parallèlement, une attention spéciale est alors accordée aux secteurs de production, notamment les zones franches, l’agriculture, la construction et les industries d’exportation.

Publié le 2018-01-11 | Le Nouvelliste

Economie -

Dans un communiqué publié en novembre 2017, la Banque de la République d’Haïti (BRH) a pris la décision de garder une posture restrictive. Cette mesure, selon les autorités, de l’institution a été adoptée dans le but de stabiliser les indicateurs et l'inquiétude d'apaiser les agents économiques. Elle concerne, entre autres, l’augmentation de 1.5% du coefficient sur les passifs libellés en monnaies étrangères et le maintien des taux d’intérêt sur les BONS du Trésor. Le gouverneur de la BRH, Jean Baden Dubois, affirme que cette mesure est de nature à décourager l’importation. Du fait de cette décision, l’argent est plus cher dans le sens qu’elle priorise une augmentation du taux des réserves obligatoires des banques.

Ainsi, il y aura de moins en moins de gourdes sur le marché. Et, plus le taux des réserves obligatoires est faible, plus les banques pourront accorder des crédits. C’est tout l’inverse avec une telle décision. Certains croient qu’il s’agit-là d’un non sens. Le gouverneur croit tout le contraire car, cette mesure, fait-il savoir, ne concerne pas les secteurs de la production. Participant à l’émission baptisée Grand rendez-vous économique, le 2 janvier dernier sur les ondes de Radio Métropole, M. Dubois a expliqué que les zones franches, l’agriculture, la construction et les industries d’exportation ne sont pas concernées.

Il arrive un moment, de l’avis du gouverneur, où il faut promouvoir des secteurs porteurs de croissance et générateurs d’emplois. L’économie haïtienne, rappelle-t-il, est orientée prioritairement vers l’importation. Ce qui ne cadre pas avec la volonté de la banque des banques qui se veut surtout une institution pro-croissance. Ce n’est pas normal, poursuit Jean Baden Dubois que le pays continue à avoir des taux de croissance aussi bas. Avec une telle croissance, il faudra 66 ans au pays pour doubler le pouvoir d’achat de sa population. Des mesures pour stimuler la croissance s’avèrent indispensables. Pour y arriver, investir dans les secteurs semble être le maître mot.

C’est dans cet objectif que la posture restrictive est adoptée. Un ensemble de programmes d’incitation accompagnent cette mesure. Le gouverneur annonce des incitations pour le secteur agricole. Il parle des taux d’intérêt ne dépassant pas les 5%. Dans ce cas, la banque des banques continue de stimuler des investissements dans le secteur agricole, lequel représente 22% du produit intérieur brut du pays et embauche environ 45% de la population active du pays. Entre-temps croit-il, l’État est sur le point d’adopter les mesures qui s’imposent afin de trouver le niveau de croissance recherché.

Jose Flecher
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