Group Croissance/ Grands rendez-vous économiques/ Pierre-Marie Boisson

Secteur pétrolier : profits et marges bénéficiaires font multiplier les stations d'essence

Une prolifération des stations d'essence est constatée depuis un certain temps à travers le pays. La bonne santé du secteur pétrolier en Haïti, les marges très élevées et le profit sont les facteurs qui attirent les nouvelles compagnies locales et étrangères, d’après Pierre-Marie Boisson, participant à la troisième émission de cette année des Grands rendez-vous économiques.

Publié le 2018-01-09 | Le Nouvelliste

Economie -

Avec l’arrivée de nouvelles compagnies, le secteur pétrolier capte et attire beaucoup des maigres investissements privés effectués ces derniers temps dans le pays. Les stations d'essence se multiplient à travers la région métropolitaine et des autres régions du pays. Pour Pierre-Marie Boisson, il n’y a pas d’autre façon d’expliquer les investissements qui se font dans le secteur pétrolier en Haïti.

« C’est purement le caractère opportuniste dans un secteur qui va bien et distribue de bons profits, de bons dividendes », a soutenu Pierre-Marie Boisson, président du conseil d’administration de la Sogesol. L’explosion des investissements dans le secteur pétrolier en Haïti n’a rien à voir avec la situation mondiale du pétrole. Les compagnies locales sont intéressées au marché pétrolier en Haïti parce que le Bureau de monétisation a fait une ouverture permettant à ces dernières de participer aux appels d’offres lancés pour l’achat du pétrole, a expliqué Pierre-Marie Boisson.

Le président du conseil d’administration de la Sogesol revient sur l’acquisition d’une compagnie pétrolière haïtienne par une société étrangère. En ce qui concerne cette transaction, il croit que les acheteurs étaient peut-être déjà à l’affût. M. Boisson pense qu’il faut s’interroger plutôt sur la décision des vendeurs. « On sait très bien que les compagnies Dinasa et Total sont bien gérées. Les acheteurs, sachant cela, n’ont pas hésité », a-t-il souligné.

En outre, Pierre-Marie Boisson a fait une remarque sur cette acquisition de la compagnie pétrolière haïtienne par une société étrangère en abordant des questions relatives aux investissements étrangers. « Cette acquisition, ce n’est pas un investissement direct étranger comme on le croit qui crée des emplois. C’est un transfert d’actif d’une société haïtienne à une société étrangère », a indiqué Pierre-Marie Boisson, soulignant que cet investissement direct étranger a entraîné un montant substantiel de taxe qui exige une conversion de devises en gourdes.

Ces devises converties en gourdes ont un impact sur le change, dit Pierre-Marie Boisson, révélant que c’est l’une des principales causes d’ailleurs de l’appréciation de la gourde. Il y a eu plusieurs transactions de ce genre qui ont nécessité la conversion de devises en gourdes. « C’est comme une intervention sur le marché des changes de la banque centrale effectuée par le privé », a précisé le président du conseil d’administration de la Sogesol.

« Le poste des investissements étrangers a connu une très forte croissance l’année dernière, représentant 374 millions de dollars américains. Une partie substantielle de ce montant vient de cette acquisition », a ajouté le président du conseil d’administration de la Sogesol, précisant que les investissements directs étrangers créant des capacités étaient quasiment insignifiants. Selon l’Institut haïtien des statistique et d’informatique (IHSI), les investissements étrangers ont crû de 0,9% au cours de l’exercice 2016-2017.

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