DJ Magic Kenny : pour l'amour de la console

PUBLIÉ 2018-01-12
Pas un bal, un festival, une activité culturelle quelconque ne se fait sans qu’un disc-jockey n’assure les intermèdes. Ils sont sur toutes les affiches. Sur la kyrielle de DJ qui font de cette activité un métier, Ticket se propose de vous présenter Magic Kenny, jeune as du denon évoluant à l’étranger et qui fait la fierté d’Haïti.


La musique, c’est ça avant tout : une histoire de cœur, de feeling. Dans toute la dimension de la chose. Cette passion, Magic Kenny l’a découverte sur les bancs du Collège Canado où il a fait ses études classiques. Ses tournées où il représente Haïti à Miami, New York, Toronto, Montréal et Mexico, entre autres, sont toujours de francs succès, d'après le jeune homme.

Kenny Laborde, de son vrai nom, a eu son premier contact avec la musique de très tôt. Il se rappelle les histoires que lui racontait sa mère quand il était petit. « Ma maman me montrait souvent les photos et les vidéos des fêtes de famille, des anniversaires. J’étais toujours celui qui dansait, qui mettait de l'ambiance. Je pense que j'ai la musique dans le sang. Elle est une thérapie pour moi », raconte le natif de Delmas. Pourtant, Magic Kenny ne joue d'aucun instrument et pas un membre de sa famille n’est musicien. « Ils étaient des mélomanes certes, mais la passion de la musique m’est venue naturellement, si je peux le dire ainsi », explique l’ancien étudiant en Génie Mécanique.

Magic Kenny a fait ses débuts dans le mixage à l'école. Dans les activités qu’organisait l’école, il avait la chance de faire valoir ses talents devant un grand public. De là étant, il est parti pour les États-Unis poursuivre ses études. Quand il dépose le costume du DJ, il est un étudiant en radiologie, carrière qu'il a embrassée après avoir abandonné le génie mécanique. Parallèlement, il a approfondi ses connaissances en matière de DJ, en apprenant les ficelles du métier.

Chaque passion parle un langage différent. Celle de Kenny s’exprime quand il touche à ses platines. Sa ténacité face aux difficultés lui a permis de se frayer un chemin parmi les grands de la sphère. « Je suis cette personne qui ne panique pas souvent, même face à la mort. (J’ai déjà eu trois accidents). Quand les difficultés se présentent sur mon chemin, je ne les fuis pas, je les affronte. Nan jan mwen grandi, obstak mwen rankontre, sa pèmèt mwen pran bagay yo ak pozitivite. J’essaie de voir le bon côté des choses et d’avancer », épilogue t-il, avec dans les yeux une flamme qui illustre bien ses propos.

Il est vrai qu’à ses côtés, il n’y avait pas de place pour la morosité et les «sousi kontre». Pendant les 70 minutes passées en sa présence, tout dan te deyò. Il l’explique d’ailleurs en ces propos : « Mes proches peuvent le confirmer, avec moi, zéro stress. M pa kite plas pou moun pa kontan bò kote m. La bonne humeur est garantie. » Il rajoute : « Je dois dire que mon enfance a aussi contribué à faire de moi l’homme que je suis. Je suis le petit dernier de la famille. Mes deux sœurs et ma mère ont forgé mon caractère. Je ne suis devenu proche de mon père, qui ne pouvait revenir au pays que récemment. »

En ce qui a trait à ses projets, Magic Kenny voit grand. Outre ses différentes apparitions sur la scène haïtienne pour l’année 2017 comme le Sumfest à Wahoo Bay, le clásico Kaï-Enposib, Affro Reggae, Hangover en juillet et le 2 janvier dernier, Lakay In White à Cap-Haïtien, etc., son staff, team Invasion à New York et Ayiyiti Makaya à Montréal, entend le propulser encore plus loin. Des tournées en France sont prévues pour 2018. La République dominicaine aussi aura sa part des touches de Kenny. Il veut également se lancer dans la musique. La preuve, de 2015 à aujourd'hui, il a déjà sorti trois morceaux : « Ki mele m » en featuring avec Timber G, « Pourkwa» avec BBT (Baz Bèl Tèt) et « Fè yo gouye » en collaboration avec Youri. « En plus des trois titres qui marchent assez bien, le public peut s’attendre à un mixtape cette année. Les singles sont pour la plupart déjà prêts », souligne-t-il encore.

Son premier public étant la jeunesse qui consomme ses productions, il ne saurait ne pas lui envoyer un message. « À ces jeunes qui écoutent ma musique, qui suivent mon travail, à mes fans inconditionnels, je leur dis qu’il y aura toujours des activités, toujours des programmes. Se vre mwen vle wè yo lè m ap jwe, vin sipòte mwen, mais ils doivent avoir l’école dans le viseur avant tout. Fè sa w dwe fè pou w ka fè sa w vle fè. Adonnez-vous aux études, fixez-vous des objectifs viables à des fins de résultats positifs. Jere tèt nou byen, jere fanmi nou. Respectez vos parents qui sont source de sagesse », lance le DJ avec entrain.

 

 

Madjolah Pierremadjoh90@yahoo.fr



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