L’ambassade d’Haïti, très active à Washington

PUBLIÉ 2018-01-10
La presse locale a beaucoup parlé de l’ambassade d’Haïti à Washington au cours de l’année 2017. Mais à côté des discussions autour du prolongement du TPS qui l’ont maintenue dans les débats, l’institution a aussi été le théâtre de diverses activités culturelles et communautaires qui ont réuni ressortissants haïtiens et étrangers. Autant d’événements qui ont permis à l’ambassadeur Paul Altidor de qualifier 2017 comme l’année la plus productive de l’institution.


« Tout un effort a été fait au niveau politique et diplomatique », concède l’ambassadeur Paul Altidor. Mais il dit n’avoir pas pour autant négligé l’éducation et la culture qui occupent une grande place dans sa politique diplomatique qui vise à créer une autre conversation sur Haïti. Maintenant que les rénovations entreprises depuis 2012 sont bouclées, le bâtiment reste le plus souvent ouvert au grand public. Entre les visites guidées pour les écoles et les groupes de touristes, les différentes portes ouvertes et ses rendez-vous traditionnels, l’ambassade est devenue, selon Paul Altidor, la plus visitée à Washington.

Les pièces de la Galerie Monnin, exposées dans l’enceinte de l’ambassade depuis l’automne 2016, sont toujours sur place. Mais les responsables de l’exposition s’assurent de faire une rotation régulièrement pour éviter l’impression de déjà-vu que pourraient avoir les visiteurs. La bibliothèque de l’ambassade, mise sur pied en 2016, comporte maintenant un grand nombre d’ouvrages haïtiens, ou sur Haïti, obtenus en prêt ou en cadeau et est aussi ouverte au public. Par ailleurs, tous les mois, des photos de personnalités d’origine haïtienne, choisies par l’ambassade avec l’aide du grand public, ornent aussi les murs de la bâtisse vieille de plus d’une centaine d’années. Cette exposition particulière dénommée « Pearls of excellence » a pour but de montrer la contribution haïtienne dans l’avancement de la société américaine.

Des rendez-vous hebdomadaires et annuels ont aussi été établis. La Trivia night, rendez-vous incontournable du jeudi, a battu tous les records de popularité, attirant vers l’ambassade étudiants, professionnels haïtiens et haïtiano-américains. « On reçoit une diversité de gens. Par équipes de 4 à 5 personnes, ils s’affrontent sur des questions de connaissances générales. Les gagnants reçoivent des produits haïtiens », explique l’ambassadeur Altidor. Le cours de cuisine qui met en valeur la gastronomie haïtienne est tout aussi demandé. « On a plus de quatre mille personnes sur notre liste d’attente, dont des parlementaires américains », confie le diplomate. Et, bien sûr, cette année, la 12e édition du « Ladies brunch » a fait bien des heureuses.

À côté de ces activités récurrentes, profitant d’occasions particulières, les responsables de l’ambassade ont pu réunir le beau monde de Washington au nom d’Haïti à d’autres reprises. Ainsi, au début de l’année 2017, une réception avait été donnée en l’honneur de Raoul Peck, alors nominé aux Oscars. Quelques mois plus tard, ce fut au tour de Victor Glemaud, figurant parmi les 10 designers retenus par le Council of fashion designers of America (CFDA)/Vogue Fashion Fund, d’être reçu pompeusement au 2311 Massachusetts Ave NW. Par moments, l’ambassade s’est aussi transformée en grand marché, offrant une plateforme aux entrepreneurs haïtiens pour exposer leurs différents produits et établir le contact avec la communauté.

Il faut aussi considérer « Taste the islands experience – DC edition » organisé de concert avec la Barbade, où Haïti avait été dignement représentée par Chef Thia. « La semaine d’Haïti », réalisée de concert avec « Busboys and Poets », chaîne de restaurants et de bibliothèques très populaire dans le DMV (DC, Maryland, Virginia), demeure néanmoins le plus grand événement de l’ambassade pour l’année 2017. À l’occasion, une série de conférences-débats liées à Haïti ont eu lieu. L’activité, clôturée avec un concert d’Émeline, avait pour chef invité Dimitri Lilavois et a réuni différentes personnalités de la communauté haïtiano-américaine, venant des mondes académique et culturel. Même au niveau stratégique, la culture haïtienne a aussi été présente. En effet, des parlementaires américains ont été reçus à l’ambassade pour des dîners de travail autour du renouvellement du TPS.

L’année 2018 s’annonce tout aussi chargée pour l’ambassade d’Haïti aux États-Unis. La première saison de la Trivia night ayant été bouclée en décembre 2017, l’activité devrait recommencer à la fin de ce mois de janvier. Le 10 février prochain, le chef haïtien Jouvens Jean sera reçu au « National Museum of American History » pour une démonstration culinaire dénommée « Cooking up history ». Un mets créé par le chef Jouvens sera aussi ajouté au menu du restaurant du musée en ce jour. De plus, partenaire du DC fashion week, l’ambassade sera l’hôte, le 23 février 2018, d’un défilé de mode auquel prendront part des designers haïtiens ou d’origine haïtienne. Pour le moment seule la présence de Prajje, qui devait être reçu à l’ambassade depuis 2017, est déjà confirmée. Et bien sûr, les activités annuelles figurent dans l’agenda de l’institution.

Cette foule d’activités a, selon le diplomate, des retombées positives sur Haïti et contribue positivement à sa démarche qui vise à changer la perception que les étrangers ont du pays. « Un mois après ‘’La semaine d’Haïti’’, raconte-t-il, Philippe Pressoir et son agence ont organisé un tour en Haïti, allant du nord au sud du pays. Une quinzaine de personnes ont pris part à ce tour pilote. La demande était plus élevée. On a choisi des personnes qui ont un réseau qu’ils sont susceptibles d’influencer ». Faire entrer les gens dans l’enceinte de l’ambassade permet, d’après Paul Altidor, d’initier la conversation autour d’Haïti qui n’est pas juste une destination de pitié. « On reçoit des personnes de toutes les catégories et comme fruit de ces visites, on reçoit des demandes de partenariats intéressants de toute une série d’institutions », affirme-t-il.

Parallèlement, le service consulaire de l’ambassade, qui est la première raison pour laquelle les ressortissants haïtiens sollicitent l’institution, a aussi fait des progrès au cours de l’année 2017. « Nous sommes en mesure de fournir un passeport en 1 h à quelqu’un qui s’amène avec toutes ses pièces. Pour certains cas de renouvellement, ce n’est même pas la peine de se présenter à l’ambassade », a fait savoir Paul Altidor, qui souhaite qu’il en soit de même dans les autres missions pour que le temps d’attente n’aille pas au-delà de 3 à 4 jours pour ceux qui résident aux États-Unis. Pour les mois à venir, le diplomate s’engage à continuer à faire parler d’Haïti dans la presse américaine pour des sujets autres que l’humanitaire, et à mettre notre culture en valeur dans toutes ses composantes.



Réagir à cet article