Tournée nationale de C3 Éditions

C3 Éditions: débat autour de la citoyenneté

« Littérature et cinéma autour de la citoyenneté ». le thème de la première tournée nationale de C3 Éditions a réuni plusieurs écrivains publiés à C3 : Gary Victor, Marc Exavier, Pierre Clitandre, Nelson Augustin, Herby François, à Jacmel, le samedi 6 janvier 2018 autour d'un débat.

Publié le 2018-01-09 | Le Nouvelliste

Culture -

Dans une salle logée au dernier étage de l’hôtel de la Place à Jacmel, C3 Editions a organisé le débat entre panélistes et public autour de la citoyenneté à partir de la littérature et du cinéma, le samedi 6 janvier 2018. En présence de plusieurs personnalités dont l’ancien député de Verettes, Vickens Dérilus, le poète Jeudi Inéma entre autres, Herby François a ouvert la séance en interprétant deux morceaux, « Mèsi mon blanc » et « Bòs Madichon pale », qui dénoncent le constat de l’absence d’une citoyenneté haïtienne. Le public a suivi toute oreille le chanteur. Sa voix, l’accord de sa guitare, les mots qu’il prononce ont éveillé le patriotisme qui dormait chez les spectateurs. Et le public ne s’est fait pas prier pour applaudir le talentueux Herby François qui cède la place aux panélistes. À la demande du responsable du Centre Culturel Charles Moravia, Jacques Adler Jean-Pierre, le directeur de la Culture du département du Sud-Est, Raymond Pascarin, a prononcé ses propos de circonstance. Lord Edwin Byron, à titre de modérateur, prend la parole et lance le débat.

Nelson Augustin, directeur du Collège Canado Haïtien et détenteur d’un doctorat en sciences de l’éducation, a soutenu la thèse selon laquelle on ne peut pas avoir l’émergence d’une citoyenneté responsable sans une prise en compte de l’éducation. À cet effet, il conçoit cette éducation citoyenne à trois niveaux. Un niveau cognitif où l’important est d’apprendre aux jeunes gens et à la société les éléments qui nous unissent, l’ensemble des valeurs qui reflètent l’identité commune. Un niveau social où il faut accepter l’autre dans sa différence pour pouvoir penser ensemble. Car, poursuit-il, on est citoyen avec les autres. Et le dernier est le niveau affectif où l’on apprend à s’apprécier, à devenir une personne épanouie et à avoir l’estime de soi. Il est convaincu que c’est par l’éducation que ce problème pourra être résolu. Cependant, Pierre Clitandre reproche à l’école haïtienne d’être trop livresque.

Entre la littérature et le cinéma, Pierre Clitandre soutient qu’il y a un rapport étroit. « C’est l’image qui donne le plu d’écho aux écrits », a-t-il soutenu. Pour lui, la culture doit jouer un rôle important dans le développement du pays. En insistant sur les modes des transmissions des savoirs qui sont passés de l’oral à l’imprimé, puis de l’analogique au numérique. Il rappelle que l’imprimé joue un grand rôle dans la citoyenneté, notamment dans la production et l’accessibilité des savoirs. Toutefois, il voit dans l’absence de bibliothèque dans le pays un danger pour la citoyenneté. Il parvient même à affirmer qu’en Haïti nous sommes encore dans l’oralité. « C’est un grand handicap pour le développement », a-t-il souligné.

Marc Exavier évoque une citation de Roland Barthes qui stipule « S’il fallait enlever toutes les disciplines et garder une seule, ce doit être la littérature». Sur ce, il avance pour confirmer que les romans peuvent refléter diverses domaines : philosophie, histoire, géographie, etc. Le poète croit fermement aux apports de la littérature à la citoyenneté sans toutefois négliger le cinéma. « Le cinéma parle direct au cœur », a-t-il avancé. En enchaînant des citations les unes plus touchantes les autres, M. Exavier se laisse guider par les plus beaux souvenirs de ses lectures. Des livres qui témoignent de l’importance capitale de la littérature qu’on néglige trop souvent. Pourtant, selon le professeur de littérature les grands livres ne laissent jamais le lecteur tel qu'ils étaient avant. Ils le rendent meilleur.

Gary Victor, connu comme l’un des contemporains le plus prolifique et le plus lu, va dans le même sens que les autres panélistes. À la fois scénariste et romancier, il partage l’idée du rôle de la littérature et le cinéma dans l'éducation à la citoyenneté. Dans son intervention, il est facile de déduire du cinéma, une continuité dans la divulgation des œuvres littéraires. Il existe une pléthore d’adaptations en cinéma de plusieurs classiques littéraires.

Entre désaccord et accord, public et panélistes s’expriment. Mais à défaut de tolérance, certains ont voulu monopoliser la parole et ont empêché au débat de fleurir davantage, en ce début de soirée sous le soleil des idées positives et constructrices sur la citoyenneté. En lieu et place d’un consensus, le débat a laissé plus d’un sur leur soif.

Michelet Joseph micheletjoseph93m.j@gmail.com Auteur
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