2017 : Rétrospective culturelle

Publié le 2018-01-08 | Le Nouvelliste

Culture -

Les jours se suivent et ne se ressemblent pas, tout comme les années d’ailleurs. Le tableau de l’année 2017 n’a pas été peint que de couleurs politiques. Nombreuses ont été aussi les activités culturelles. Revivons ces temps forts qui ont marqué la scène culturelle haïtienne durant cette année.

Musique

Les premières touches jetées sur le tableau de notre paysage culturel l'année dernière ont fait a priori l’objet d'un litige entre deux personnalités qui semblaient être concernées par l’affaire : le carnaval. En effet, après en être presque venus aux mains concernant le lieu où allait se dérouler cette manifestation culturelle annuelle, le maire de Port-au-Prince Youry Chévry et le président de la République Jovenel Moïse se sont entendus pour que chacun organise son carnaval. Et c’est avec cette même folle envie de bouger au rythme des méringues carnavalesques que les amants de cette activité se sont déhanchés, amusés, que ce soit aux Cayes ou dans les rues de Port-au-Prince. Avec « Bra pandje » de Vwadèzil, « Akrèk » de Chalè, « Savalouwe » de Ram, « Pi wo pase w » de Roody RudeBoy, ou encore « Travay » de Barikad Crew, les 26, 27 et 28 février 2017, les carnavaliers en ont eu pour leur compte.

Toujours dans le monde musical, cette fois-ci avec ce genre sorti tout droit des États-Unis, le jazz, la 11e édition du festival de Jazz de Port-au-Prince a eu lieu du 4 au 11 mars. Utilisant des scènes d’Haïti et d’ailleurs, des artistes d’Allemagne, du Canada, de France, de Cuba, de Suisse, des Etats-Unis et aussi des artistes haïtiens de l'intérieur et de la diaspora ont joué du jazz, du creol jazz, et aussi de la musique haïtienne dans toute sa diversité. Sans être Miles Davis ou encore Pat Martino, ces artistes ont égayé la scène du PAPJAZZ de l’année 2017.

« Abitid la », « M ap tou ba w bag la », ce sont les refrains repris depuis un certain temps par plus d’un. Gravés sur le dernier disque du groupe Djakout #1, « Habitude » et « Bag la », écoutés quasi en boucle, sont les deux tubes entonnés avec aisance par la population et des fans du groupe, tel un leitmotiv. Après avoir suscité l’intérêt du public, surtout sur les réseaux sociaux, avec la pochette de son album, Djakout #1 a signé son opus titré « Nou p ap dòmi deyò », le 16 octobre.

Livre

Les goûts et les couleurs, on n’en discute pas. A chacun ses goûts, à chacun ses choix. De même, tout comme les friands de la musique ont eu de quoi s’occuper durant cette année, les amants de la littérature, les passionnés de lecture ont été gâtés. Avec la 23e édition de Livres en folie qui s’est tenue cette année dans les jardins du MUPANAH les 15 et 16 juin, et la Foire internationale du livre d’Haïti (FILHA) les 15, 16 et 17 décembre, ils ont trouvé l’occasion de s’offrir des livres désirés peut-être depuis longtemps, et aussi de faire connaissance avec des auteurs jusqu’alors méconnus. Ces deux activités autour du livre ont eu respectivement comme invités d’honneur Odette Roy Fombrun et Mackenzy Orcel, et Lyonel Trouillot. En outre, l’Association des professeurs de français d’Haïti (APROFH) et le Centre pour la promotion de l’excellence, de la culture et de la citoyenneté (CPECC) dont l’écrivain Gary Victor est le fondateur, ont organisé un grand concours de nouvelles dans les établissements scolaires sur le thème « Haïti 2042, les possibles futurs ». On a profité de la FILAH pour récompenser les douze lauréats venus de différents départements du pays.

Théâtre

La pratique du théâtre, de l’humour, la création d’une ambiance de bonne humeur par le rire, sont assez fréquentes en Haïti. « Lol Fest » et la 14e édition du Festival Quatre chemins l’ont prouvé. Cette dernière, organisée sur le thème «Anfans san maltretans », a vu défiler sur la scène artistes, comédiens, conteurs, danseurs, scénaristes, les uns plus talentueux que les autres. Quant au « Lol Fest », cette activité, qui a réuni du 4 au 14 septembre des humoristes d’ici et d’ailleurs, a été un succès pour sa première édition. Toute une pléiade d’artistes locaux (Gaëlle Bien-Aimé, les sœurs Jean-Louis, Atys Panch, Sejoe, Shishie, la troupe Languichatte) et l’invité d’honneur, Rachid Badouri, ont fait rire à fendre l’âme.

Artisanat

Cette année encore, l’artisanat était au rendez-vous avec, bien sûr, la 11e édition d’Artisanat en fête, au Parc historique de la canne à sucre, les 21 et 22 octobre 2017. « Une onzième tout à fait spéciale, avec des œuvres se rapprochant de la mode africaine, ainsi qu’une forte présence des jeunes ». Une autre activité à caractère typiquement local s’est aussi tenue au parc cette année : la première édition du salon Konsome Lokal. Les samedi 2 et dimanche 3 décembre, plus de 80 exposants ont eu l’occasion de présenter leurs différents produits, à un public aux goûts diversifiés. Nourriture, sacs, poterie, bijoux et aussi musique, tous empreints d’une touche locale, ou mieux, nationale, honoraient le nom choisi pour l’activité. Tout le monde était servi, selon ses goûts et préférences.

Cinéma

Le vendredi 24 novembre à l’hôtel Karibe, l’heure était au cinéma. Un public assez hétérogène - enfants, jeunes et adultes, hommes et femmes, - s’est donné rendez-vous pour assister à ce tout nouveau fruit du septième art haïtien : KAFOU. Ce film de Bruno Mourral, mettant en vedette Manfred Marcelin, Rolaphton Mercure, Samuel Andri et Rolando Etienne, a été sanctionné positivement par le public. En outre, il a été sélectionné pour être projeté à trois festivals internationaux : le festival du film de Trinidad and Tobago (19 au 26 septembre); le Caribbean Tales International festival film de Toronto (6 au 21 septembre) et le Festival International du Film Black de Montréal (27 septembre au 1er octobre).

Concours de beauté

Haïti s’est fait fièrement représenter sur la scène internationale par Raquel Pélissier. Après avoir raflé la couronne de Miss Univers Haïti 2016 le 27 août, c’est avec honneur, fierté et détermination que la jeune femme a été sacrée 1e dauphine de Miss Univers en janvier 2017. Autant que certains estiment qu’elle aurait dû être la Miss, autant la concernée se sent ravie d’avoir si bien représenté son pays. « Miss Univers 2017, ça a failli être l’affaire de Raquel ; mais pour nous en Haïti, cela a été tout comme », selon une téléspectatrice gagnée à la cause d’Haïti. Pour saluer son exploit, soixante poètes haïtiens ont chanté sa beauté dans un livre titré « Recueil d’hommage à Raquel Pélissier ».

« Ah ! Que le monde est grand à la clarté des lampes ! Aux yeux du souvenir que le monde est petit », nous dit Charles Beaudelaire. Si l’une de ces activités vous était sortie de l’esprit, il est temps aujourd’hui de vous en souvenir. Si certaines d’entre elles vous ont marqué, n’hésitez pas à les revivre à travers cette brève rétrospective.

Darline Honoré Darlinehonore1424@gmail.com Auteur
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