Pour dire adieu à Paul Édouard Jean ( Papi Paulo) : le prince charmant de Tropic

Publié le 2017-12-27 | Le Nouvelliste

Société -

Jacques Louis Etienne

« Qu’importe la mort pour ceux qui ont vécu par la pensée, puisque la pensée ne meurt pas ! »

Machiavel

C'est une loi de la nature de naître, de vivre et de mourir; mais la mort vient toujours sans invitation et sans avertissement. Il y a déjà un peu plus d'un mois, le 24 octobre exactement, j'ai reçu un coup de fil pour m'avertir que Paulo était dans un coma diabétique à l'hôpital Justinien. Ce genre d'appel vous paralyse le corps et la pensée. Le lendemain, un autre coup de fil m'a laissé savoir que les anges de la mort étaient venus le chercher.

Je suis un ami de la famille Aristide depuis les années 70. Paulo, qui en était l'aîné, avait déjà laissé le berceau familial pour chanter avec l'orchestre Tropicana. J'étais au courant de son existence, mais je ne l'avais pas rencontré. Au cours de l’année 2006, alors que je devais rentrer au Cap-Haïtien, il était venu me chercher à l'aéroport avec sa sœur, madame Hilaire. Durant ces 3 jours que j'ai passés au Cap-Haïtien, après une longue absence de ma ville natale, Paulo et sa famille avaient fait de leur mieux pour me rendre la vie agréable et plaisante. Depuis lors, nous sommes devenus de très bons amis.

En tant que Capois, j'ai toujours aimé et apprécié la musique de Septent et de Tropic, mais avec Paulo, je suis devenu un fanatique de l'orchestre Tropicana. Je n’ai jamais oublié qu'au jour de mon départ, avant de me conduire à l'aéroport, Paulo, en compagnie de l'ingénieur Joubert et de sa femme, de sa sœur madame Hilaire, et de sa nièce Genny, m'avait emmené au restaurant "Kokiyaj" qui se trouve au boulevard. Et là, il m'avait offert un CD de l'orchestre Tropicana "Pran sans Nou".

Pendant qu'on savourait les plats délicieux du restaurant, il a demandé au manager de jouer le CD pour moi. Arrivé à la chanson " Lanmou bèl", Joubert et Paulo se sont mis à chanter. C'était plus que plaisant, car depuis lors, quand j'entends cette chanson, je vois Paulo et Joubert chanter sur l'écran de mon imagination et je ne peux m'empêcher de penser à ce prince charmant avec qui j’ai connu des moments mémorables et inoubliables.

Devoir, décence, fiabilité, dignité, respect, ce sont toutes les qualités que Paulo tenait en plus haute estime et il les cultivait chaque jour un peu plus durant son temps sur la terre. Il était un homme sérieux, affable et discipliné, mais il ne pouvait pas s’empêcher de rire à tout bout de champ avec ses proches et ses amis.

Paulo est maintenant au ciel, mais je suis sur qu'il nous regarde avec son sourire quotidien sur les lèvres, et son entregent coutumier. Il était toujours là pour aider les amis à supporter le poids du quotidien. Il a reçu un appel du Très-Haut, une sorte d'offre de voyage qu'il ne pouvait refuser. Mais dommage, ce voyage est un aller simple. En laissant le monde terrestre, il retrouvera de vieilles connaissances et va accomplir d’autres missions dans un endroit merveilleux où il pourra chanter et rire à plein poumon et à gorge déployée.

Je suis sûr que Paulo n'aurait pas voulu que nos cœurs soient lourds de peine et de chagrin, car il y vivra éternellement.

Il était un être exceptionnel, un homme plaisant, un créateur, un bon vivant. Aîné de la famille, il était adulé et respecté. Sa mort constitue une perte énorme pour la cité, pour la culture nationale, pour sa famille et pour l'orchestre Tropicana à qui nous présentons nos sincères condoléances.

Qu'il repose en paix et que la terre lui soit légère !

Jacques Louis Etienne Washington DC 30 novembre 2017 Auteur
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