Assad Volcy dénonce son agression et indexe Jean Charles Moïse

Publié le 2017-12-06 | Le Nouvelliste

National -

Assad Volcy, ancien cadre de la Plateforme Pitit Dessalines et dorénavant chef de file du parti Orientation démocratique pour Haïti (ODEP), a été pris à partie ce mardi lors de la marche contre la corruption. Le journal a constaté que l’ancien candidat au Sénat a été conspué par des militants alors qu’il circulait dans les parages du bureau de l’Immigration à l’avenue John Brown. S’en est suivie une échauffourée avant que Volcy Assad ne soit exfiltré par des agents de la police anti-émeute qui se trouvaient sur les lieux. Dans les minutes qui ont suivi, la nouvelle de la mésaventure de l’originaire des Nippes s’est répandue comme une traînée de poudre. Au cours de la marche, certains ont même avoué l’avoir tabassé, lui reprochant sa trahison de la « lutte populaire » en contrepartie des « bonnes grâces » de l’équipe au pouvoir.

Sur Magik9 mercredi matin, Volcy Assad a qualifié ce qui s’était passé de tentative d’agression. « C’est un acte qu’il faut condamner car il s’agit d’intolérance, alors qu’on se dit être du secteur démocratique. Je condamne vigoureusement cette tentative d’agression. Maintenant, nous attendons la réaction de la classe politique, des organisations de défense des droits de l’homme. Ce n’est pas normal que des individus manipulés manifestement veuillent agresser des leaders politiques avec qui ils ne sont pas d’accord, lors d’une marche contre la corruption », s’insurge-t-il.

Selon lui, tout a été planifié au plus haut niveau de la Plateforme Pitit Dessalines. A ce titre, Volcy Assad croit qu’il est dans la ligne de mire de Jean Charles Moïse, son ancien camarade. « La veille de la marche, un ami m’a informé de la tenue d’une réunion organisée par des partisans de Pitit Desalin, à la demande de Jean Charles Moïse. Cet ami m’a demandé d’être vigilant lors de mon éventuelle participation à la marche, car un groupe d’individus a planifié mon agression », explique-t-il.

Contrairement aux informations laissant croire qu’il a été tabassé, Volcy Assad parle de préférence d’une agression verbale. « Arrivé tout près du bureau de l’immigration, deux militants dont je reconnais très bien le visage, pour avoir été l’artisan de Pitit Dessalines, m’ont reproché d’avoir trahi Jean Charles Moïse, d’avoir causé son échec à la présidentielle, d’avoir détruit la plateforme […] Je leur ai dit que je viens dans une marche contre la corruption organisée par la société civile. Un peu plus loin dans le défilé, environ une dizaine d’autres plus agressifs ont rejoint ces derniers. On a lancé une pierre à l’une des personnes qui m’accompagnaient. Un membre de « Palman Popilè » a reçu un coup de poing au visage. Je me suis dit que ça allait dégénérer. La police est arrivée. Les agents m’ont demandé de quitter l’espace pour éviter un affrontement. J’ai obtempéré par sagesse. Il y a eu une échauffourée. On a lancé un téléphone portable qui a heurté mon oreille », raconte-t-il.

Selon Assad, cette levée de boucliers contre lui est due entre autres à la correspondance qu’il a envoyée à Jean Charles Moïse, le suggérant de faire un retrait en attendant son rétablissement complet. « Il y a quelques jours, j’ai écrit à l’ancien camarade Moïse Jean Charles, lui conseillant de prendre une pause pour éviter que sa santé ne se dégrade davantage. Je l’avais fait parce que malgré les divergences, la vie n’a pas de prix. Selon ce que j’ai appris, il n’a pas apprécié mes conseils. Il les a très mal pris. Il estime que je veux le remplacer », avance-t-il. Assad explique par ailleurs qu’il n’a pas rejoint Jovenel Moïse comme certains le prétendent. Il souligne qu’il est de préférence contre une demande de son départ sans préparer une alternative en conséquence.

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