Rapport annuel

Haïti : Matthew et le textile ont capté les investissements de la Banque mondiale en 2016-2017

Dans un nouveau rapport annuel, couvrant la période allant du 1er juillet 2016 au 30 juin 2017, la Banque mondiale présente en long et en large des exemples de moyens qu’elle met en œuvre ces derniers temps pour accompagner les pays dans leur marche vers le progrès. Stimuler la croissance économique et créer des emplois sont les priorités essentielles de la Banque mondiale, réitère le rapport qui insinue qu’aider les entreprises dirigées par des femmes à donner leur pleine mesure y contribue.

Publié le 2017-12-06 | Le Nouvelliste

Economie -

Établi par les administrateurs de la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD) et de l’Association internationale de développement (IDA) — qui, réunies, prennent le nom de Banque mondiale — ce rapport fixe d’entrée de jeu la mission de la Banque qui s’articule autour de deux objectifs ambitieux mais réalisables : « mettre fin à l’extrême pauvreté d’ici 2030, en abaissant le pourcentage de personnes disposant de moins de 1,90 dollar par jour pour vivre; promouvoir une prospérité partagée en stimulant la croissance des revenus des 40 % les plus pauvres de la population dans chaque pays ».

« Au cours de l’exercice écoulé, le Groupe de la Banque mondiale a engagé plus de 61 milliards de dollars sous forme de prêts, de dons, de prises de participation ou de garanties au profit de ses membres et d’entreprises privées », a fait savoir JIM YONG KIM, président du Groupe de la Banque mondiale et également président du Conseil des administrateurs. La BIRD a engagé un montant total de 22,6 milliards de dollars. Pour sa part, l’IDA, le fonds pour les plus pauvres, a fourni 19,5 milliards de dollars pour aider les pays qui en avaient le plus besoin à faire face à leurs problèmes les plus épineux.

En Haïti, la Banque a aidé à mobiliser rapidement plus de 170 millions de dollars au profit du pays après le passage de l’ouragan Matthew. Les autorités publiques haïtiennes ont, avec l’appui du Groupe de la Banque mondiale, obtenu des investissements chiffrés à 203 millions de dollars ainsi qu’un soutien à la création de 15 800 emplois directs dans l’industrie de la confection de vêtements du pays. Malgré un contexte local difficile, le programme conjoint de la Banque mondiale et de la Société financière internationale (IFC) pour la promotion de l’investissement en Haïti a pu attirer de nouveaux investisseurs dans l’industrie de la confection de vêtements, nous apprend le rapport.

Dans le cas précis du passage de l’ouragan Matthew, après une évaluation rapide selon laquelle les dégâts et pertes pourraient atteindre jusqu’à 1,9 milliard de dollars, soit 22 % du PIB du pays, la réaction de la Banque mondiale ne s’est pas fait attendre. Dans les deux semaines qui ont suivi, le mécanisme d’assurance contre les risques liés aux catastrophes aux Caraïbes mis en place par la Banque a décaissé 23 millions de dollars pour répondre aux besoins immédiats du gouvernement.

De plus, la Banque a réaffecté plus de 49 millions de dollars des ressources existantes au soutien des interventions d’urgence, notamment la remise en état des routes, des ponts et des écoles, la fourniture de repas scolaires, la réparation des systèmes d’alimentation en eau et des installations d’assainissement d’urgence, l’intensification d’une riposte rapide contre le choléra, la distribution de semences et d’engrais pour la campagne agricole hivernale, et la mise à disposition de liquidités pour la remise en état des canaux d’irrigation. Par ailleurs, 100 millions de dollars ont été mobilisés à travers le mécanisme de réponse aux crises de l’IDA pour venir en aide aux populations les plus touchées du département du Sud, grâce à un appui fourni dans les secteurs de l’agriculture, de la santé, de l’eau et de l’assainissement, et des transports.

Toujours dans le cadre de ses interventions en Haïti, le rapport précise que, grâce à la Banque mondiale, entre 2009 et 2015, 10 ponts d’urgence ont été achetés et posés, et 20 autres ponts affaiblis et des tronçons de route ont été réparés, ce qui a permis de stabiliser l’accessibilité routière tout au long de l’année pour 2 millions de personnes.

Alors que l’exercice 2018 démarre, le rapport annuel souligne que la Banque mondiale utilise désormais de nouveaux outils tels que le Guichet de promotion du secteur privé financé à hauteur de 2,5 milliards de dollars, pour mobiliser des capitaux privés en faveur des pays les plus pauvres, notamment Haïti.

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