Hotel Kinam/vernissage

« Les citoyens du monde » de Grégory Vorbe

Publié le 2017-12-05 | Le Nouvelliste

Culture -

Roland Léonard

Quarante. Quarante tableaux pour fêter les quarante (40) ans des galeries « Marassa» (1977-2017)... il faut le faire ! L’artiste Grégory Vorbe les a réalisés et nous a conviés au vernissage de cette exposition au Kinam, place Saint-Pierre, Pétion-Ville, quatrième étage, siège des galeries «Marassa». Il l’a baptisée «Les citoyens du monde » en hommage aux Amérindiens et Africains, grands migrants et victimes de la colonisation. Cette thématique semble lui être chère, autant qu’une obsession de la forêt, de la faune et de la flore sauvage: on aurait même pu parler de l’Amazonie par extension et tentation.

Le thème de la végétation épaisse de la profondeur des bois et de ses mystères est présent comme une obsession, disons-nous avec autant d’idées associées, figuratives, humaines ou non : mysticisme (« bain du renouveau» « arbre sacré et mystique» « rituel») ; tribu (« Oko» chef africain dans la jungle) ; faune (« oiseaux» I, II, III) ; agriculture (« Mayi mi»).

Les toiles accrochées sans encadrement marquant aux murs de la galerie, à l’extérieur comme à l’intérieur dans l’espace vitré, présentent donc un heureux compromis entre le figuratif et l’abstrait souvent géométrique.

Il n’y a pas à dire : Grégory Vorbe connaît et maîtrise la science des couleurs et de leurs combinaisons en de surprenantes symphonies visuelles.

C’est donc également un compromis de plans et de thèmes dans l’ensemble. Il y a quand même des exceptions frappantes et isolées comme le tableau « Anacaona», installé sur chevalet à l’entrée qui capte le regardeur ; hors des clichés et images traditionnels, attributs de la royauté vus de l’Occident, la reine Anacaona est nue de poitrine, avec quelques bracelets et une lance debout dans sa main gauche. Soit l’état primitif réel ou vraisemblable. Il y a ces hommages remarquables, sur les paliers, à « Frankétienne» et les lettres de l’alphabet (renvoyant à ses mots créoles, ses expressions), et à Jean-Michel Basquiat dans « Samo».

On retient de cette expo beaucoup d’images d’Indiens de l’Amérique du Nord comme des Caraïbes. On est frappé à leur sujet par le tableau « Exodus», départ de barques ou canoës sur l’océan, réalisé sur un plan de vol d’oiseau. La perspective verticale est tout aussi agréable dans la perception et l’association.

On retient donc de ce balayage visuel du regardeur des tableaux aux titres tels : « Dantò» «Femme noire totem oiseau » « Rituel» « passe Reine» « Bain de renouveau» « Arbre mystique» « Epouvantail » « Oko», etc.

Le peintre et ingénieur civil Lionel Duclosel a opiné favorablement sur cette exposition, parlant d’utilisation de nombreux symboles et même d’associations métonymiques chez l’artiste Grégory Vorbe.

« Les citoyens du monde» ? Exposition valant le coup d’œil.

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