N’importe qui peut être handicapé, « reyadapsyon an n fè l mache », pour une société inclusive

Avec le support de la direction humanitaire du ministère des Affaires étrangères du grand-Duché de Luxembourg, Handicap International, en collaboration avec le ministère de la Santé publique et de la Population (MSPP), le Bureau du secrétaire d’État à l’Intégration des personnes handicapées (BSEIPH) et Healing Hands for Haïti ont célébré la Journée internationale des personnes handicapées, le 3 décembre 2017, au palais municipal de Delmas.

Publié le 2017-12-06 | Le Nouvelliste

National -

Les personnes handicapées, partout dans le monde, vivent des discriminations de toutes sortes. Leurs droits sont souvent violés. Elles ont moins accès aux services de santé et ont donc besoin des soins de santé qui ne sont pas satisfaits. Entre 110 millions et 190 millions d’adultes font face à des difficultés fonctionnelles importantes, 15% de la population mondiale vit avec un handicap, a révélé l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

En dépit des prescrits juridiques internationaux et des droits spécifiques découlant des droits humains permettant aux personnes handicapées de jouir pleinement de leurs droits, l’application de ces lois fait faux bond. Entre le dit de ces conventions et leur implémentation subsiste un fossé, a expliqué la directrice de Handicap International en Haïti Catherine Stubbe.

Célébrée sous le thème « Des Transformations durables pour une société inclusive », cette journée a été l’occasion pour les prestataires de soins aux personnes handicapées de réaffirmer des principes de base qui sont rélégués aux oubliettes. Étant porté vers les Objectifs de développement durable (ODD) de 2030, ce thème entend sensibiliser la communauté au respect de la dignité de tout un chacun et la reconnaissance des droits fondamentaux de tous les citoyens, handicapés ou pas. Faire avancer également l’application des normes et règles internationales relatives aux personnes handicapées de manière à faire progresser leur participation à la vie sociale et au développement au même titre que les autres personnes.

Pour donner une plus grande visibilité aux professionnels du secteur de la réadaption, Handicap International a choisi de mettre en exergue ledit secteur, qui est très mal connu en Haïti. Selon la directrice de Handicap International, c’était l’un des premiers objectifs de la création de cette organisation non gouvernementale. Restaurer, compenser, éviter ou ralentir la perte ou la dégradation fonctionnelle de l’individu sont les principaux axes ciblés par la réadaption pour aider les personnes handicapées à accéder à un niveau de fonctionnement optimal et augmenter leur autonomie.

Par ailleurs, une exposition de tableaux illustrant les travaux des professionnels de la réadaption en Haïti a été de la partie lors de cette célébration. Baptisé « Reyadapsyon an n fè l mache », elle a présenté les photographies des techniciens orthopédistes, des physiothérapeutes, et des techniciens en réadaption des structures privées et publiques. « Les bénéficiaires de ces soins ont pu retrouver une certaine autonomie et une place active dans la société », a indiqué la directrice du Handicap International en Haïti, Catherine Stubbe.

Volny Néhémie, un handicapé moteur, a rappelé que l'Etat haïtien devrait travailler de manière à mettre en place des structures facilitant l’accessibilité des personnes handicapées aux services de base de la société. « Les bus adaptés ne doivent pas être seulement dans le circuit de Delmas et Pétion-Ville », a signalé Volny Néhémie, souhaitant que les autres zones soient aussi prises en compte. Il a aussi fait remarquer que l’État doit appliquer le quota du 2% des personnes handicapées dans les institutions, bien qu’il mérite d’être révisé, face au taux de handicapés qui ne cesse de s'accroître avec les accidents de la route.

Toutefois, le manque de personnel formé, d’établissements de soins de santé, de services en province, le coût des soins et la méconnaissance des bienfaits de la réadaptation sont les obstacles auxquels est confronté le secteur de la réadaptation. La diminution de ces obstacles, d’après la directrice de Handicap International, permettra d'avoir de développer des transformations durables et de répondre a une société inclusive.

Notons que cette journée a été proclamée en 1992 par les Nations unies afin de favoriser l’intégration et l’accès à la vie économique, sociale et politique aux personnes handicapées.

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