Le mariage de Veauthyelau et d’Anne-Rose : un exemple de simplicité et de grandeur

Publié le 2017-11-27 | Le Nouvelliste

Société -

Islam Louis Etienne

La doctrine biblique sur le mariage est condensée dans cette affirmation: «L'homme quittera son père et sa mère et s'attachera à sa femme, et ils deviendront une seule chair» (Gn 2.24;Mt 19.5; Ep 5.31). Il est une union totale sur les plans affectif, psychique et corporel.

Un grand mariage est une succession de moments forts et tangibles planifiés avec soin et minuties, ordre et méthodes par les deux familles des futurs époux qui s’entendent à merveille comme saint Roc et son chien pour faire de l’événement un véritable conte de fées. Ce fut un spectacle sans précédent haut en couleurs, en paroles profondes et fortes prononcées avec une rare dextérité par des gens triés sur le volet qui maîtrisent avec aisance l’art oratoire. Plus que tout autre , le marié est connu comme un battant, un lutteur , un homme de devoir et un créateur. Il y a eu un réel désir de personnalisation de la noce chez lui .Plus qu’un événement, elle était le reflet du couple, depuis les lieux choisis, la décoration de table, le buffet en passant par la présence de l’orchestre Septentrional sans négliger aucun détail.

Pour répéter Florence Maillochon, «on a basculé dans un rite où la forme compte beaucoup et doit exprimer la force du couple ». La notion de qualité se retrouvait un peu partout et dans toute son acuité : un public select et raffiné depuis le choix des témoins , des cavaliers et les filles d’honneur en passant par les garçons et les filles de service pour arriver aux invités et aux principaux mets exquis du buffet. La prestation de l’orchestre Septentrional était la cerise sur le gâteau. Yvenel Étienne (Soré) a bercé l’assistance pendant une bonne partie de la nuit.

La célébration à l’église Saint-Louis Roi de France nouvellement reconstruite et décorée de ses plus beaux atours pour la circonstance était le premier grand moment de la cérémonie. Il était empreint de solennité, de beauté, de gravité et de tension qui semblait correspondre à la grandeur de l'engagement et au désir des futurs époux de concrétiser leur rêve. Ils piaffaient d’impatience pour prononcer le «oui pour la vie» pour sceller définitivement leur union et signer ce contrat devant le ministère de l’église qui ferait d’eux mari et femme. En effet, pour les croyants, l'alliance de l'homme et de la femme est scellée en Dieu par le sacrement du mariage et ils croient qu'il sera pour eux une aide. En prenant Dieu comme témoin de leur union, ils confient leur amour à Celui qui est l'Amour.

Les trois temps de la célébration ont été respectés

• Le premier est que le rituel appelle la copulation sacerdotale, c’est-à-dire l’union des mains, qui peut aussi se traduire par un échange d’anneaux.

• Le deuxième moment de la cérémonie est la célébration d’une messe des mariés dans l’enceinte de l'église et la lecture de l’Évangile.

• Enfin, le prêtre accorde sa bénédiction aux époux, c’est le moment le plus solennel de la célébration.

Bien sûr, il existe une liturgie fixée par l’Église catholique pour chaque cérémonie. Cette liturgie est un véritable rituel retrouvé dans tous les mariages. Ce qui fait la différence , c’est le sermon de l’officiant , c'est-à-dire l’exploitation qui a été faite de cet espace de liberté où il s’exprime , sensibilise, rassure et met les futurs époux devant leurs nouvelles responsabilités. Il aurait dû leur permettre de prendre un nouvel élan par rapport à leur base de lancement, d’avoir un nouveau souffle pour couvrir cette course de fond que représente l’existence et dont le point d’arrivée est la séparation, c'est-à-dire la mort; de trouver de nouvelles motivations pour résoudre les équations simples à une inconnue à partir de cette première nuit de mariage, avec ses propres mots sans les intimider ni les dérouter de leur chemin.

Le message qui a été délivré n’était pas à la hauteur de l’événement. C’était d’ailleurs la seule note discordante de la cérémonie. Avec conviction, détermination et autorité, les futurs époux ont échangé leur consentement dans un langage ferme, direct et sans ambages. Ils ont montré leur volonté de vivre leur amour à la face du monde et leur premier baiser officiel dans leur nouveau statut en dit long.

Une réception hors pair et très peu ordinaire

Après la cérémonie nuptiale, le cortège prit la route de Thomassin pour se rendre à LA GALERIE AFRAH .C’est un grand espace attrayant à trois niveaux décoré pour la circonstance. Il est situé dans le terminus d’une impasse exigüe dans laquelle tout croisement serait difficile. On devait garer sa voiture sur la route de Thomassin et deux taxis étaient mis à la disposition des invités pour les amener jusqu’au lieu de reception. Malheureusement, des problèmes de communication n’ont pas permis aux invités de jouir de ce privilège. étaient nombreux à parcourir ce trajet d’un demi-kilomètre , les dames avec talon et les hommes avec veste, jusqu'à l’espace de reception. Mais la correction a été faite au retour. Le brunch était servi dès l’arrivée des invités. On restait au rez-de-chaussée jusqu'à ce qu’on donne l’ordre d’investir l’espace.

En arrivant sur les lieux, tout était fin prêt. Le personnel de service, le buffet, l’orchestre Septentrional correctement et élégamment habillé et les musiciens étaient en position de combat. À l’accueil, il fallait produire sa carte d’invitation et selon la catégorie et l’importance de l’invité, une table avec un (thème) nom de métal lui était assignée bien avant son arrivée. Pour nous autre, c’était le diamant jaune. Des listes bien faites indiquaient d’avance qui allait avec qui et sur quelle table. Le champagne et le vin coulaient à flot et à profusion pendant toute la soirée.

L’orchestre Septentrional avait donné son indicatif musical et attendait l’arrivée des nouveaux mariés pour lancer les hostilités. C’est le deuxième temps fort de la cérémonie. L’arrivée des nouveaux mariés était gracieusement saluée par Septent qui les invita à danser seuls sur la piste la chanson « toi et moi » chantée par Yvenel Étienne. Dans une chorégraphie captivante et extraordinaire, ces deux jeunes danseurs ont non seulement charmé leur public, mais ils ont montré qu’ils avaient l’habitude de danser l’orchestre Septentrional.

On passa ensuite à la séance des photos traditionnelles avant que le maitre de cérémonie n'introduise les différents orateurs du jour. C’est le troisième temps fort de la cérémonie. Accompagné de sa chère commère Madame Marie Carole Denis, Monsieur Robert Lemaine, professeur de philosophie et parrain de noces, dans son élégance coutumière, a gardé l’assistance en éveil , dans un message profond, concis, de haute portée et sans déchet. Monsieur Benoit Miguel, le père de la mariée accompagné de son épouse, lui a succédé en délivrant un message tout aussi remarquable et captivant. Malheureusement, des difficultés techniques ne nous ont pas permis d’apprécier le message de son épouse. L’adresse de Madame Annie Denis Borges accompagnée de sa sœur Madame Nicole Denis Géhy a eu l’effet d’une bombe à retardement tellement elle était franche et directe. Elle a été très bien articulée et menée de mains de maître en invitant les deux familles à rester unies pour le bonheur de leurs enfants

L’autre temps fort de la cérémonie, c’est l’invitation à passer à table après les mariés et les .On a été invité à attaquer le fort table par table, sans embouteillage et sans incident même mineur .Ceci a été l’un des exemples les plus frappants de l’organisation et tous les invités étaient satisfaits. Enfin, l’orchestre Septentrional était invité officiellement à conduire la danse jusqu'à une heure très tard de la nuit.

Les enseignements de base du mariage

Le mariage est une disposition sacrée qui peut apporter amour, compagnie et stabilité pour fonder une famille. Mais la Bible signale avec réalisme que ceux qui se marient dans ce monde imparfait rencontreront des difficultés ou des « tribulations dans leur chair ».

Souvent, on se trouve très loin du mal que l’on dit d’un ouvrage à celui qu’on en pense. Le trait qui nous poursuit, le mot qui nous importune, le mal qui nous ronge reste enseveli dans le cœur pendant que la bouche se venge en blâmant presque tout le reste : de sorte qu’on peut regarder comme un point établi au théâtre, qu’en fait de reproches à l’auteur, ce qui nous affecte le plus est ce dont on parle le moins.

La vie de couple est un défi. On ne peut pas espérer découvrir par la seule intuition la recette miracle qui fera cohabiter deux personnes différentes. Nous voulons partager avec les jeunes mariés trois enseignements majeurs que nous avons appris de la tradition juive et de sa sagesse.

Chez les Juifs, le bonheur est un dividende naturel que l’on touche pour avoir assumé une vie avec le partenaire que l’on a choisi, une vie faite d’engagements, de devoirs et de responsabilités. Helen Keller exprimait une vérité profonde lorsqu’elle écrivait :

« Le bonheur ne vient pas de l’extérieur, mais de l’intérieur. Ce n’est pas ce que nous voyons ou touchons, ni ce que font pour nous les autres qui nous rend heureux. C’est au contraire ce que nous-mêmes ressentons, pensons et faisons, d’abord pour les autres, et ensuite pour nous-mêmes. »

Aimer réellement, c’est d’abord se préoccuper des besoins de l’autre, plus que des siens. Dire « je t’aime » ne doit pas être une manière de souligner « ce que tu dois faire pour moi », mais d’affirmer que « je veux faire quelque chose pour toi parce que cela me rend heureux ».

Le premier enseignement : Le soleil ne brillera pas toujours dans le foyer

La première étape pour garantir un mariage heureux est donc de savoir qu’on ne sera pas toujours forcément heureux. Le premier message que l’on donne au jeune couple à la fin de la cérémonie est de briser un verre. La vie est aussi faite de moments de brisure, on ne fait pas que rigoler. Mais l’affronter avec un amour désintéressé permet de surmonter les épreuves et d’y trouver un bonheur qu’on n’aurait jamais connu en poursuivant une vie de plaisirs égoïstes. Parfois, il fera nuit en plein jour.

Le second enseignement : L’oubli est la meilleure des bénédictions

Personne n’est parfait, nous faisons tous des erreurs et en cela nous sommes humains. Si nous faisons une gaffe, nous pouvons nous repentir, si nous blessons quelqu’un, nous pouvons lui demander pardon et continuer à vivre.

L’oubli est un cadeau du Ciel qui nous permet de dépasser le stade de nos erreurs. Ne dit-on pas « je n’oublierai jamais » quand on reçoit un bienfait, et « je préfère oublier ça » quand quelqu’un nous blesse dans un moment de bêtise ou d’emportement ?

Albert Schweitzer écrivait : « Le bonheur n'est rien de plus qu’une bonne santé et une mauvaise mémoire. » C’aurait pu être aussi la recette d’un mariage réussi. Malheureusement, nous ne contrôlons pas notre état de santé, mais nous pouvons certainement décider d’oublier.

Si l’on se focalise sur les défauts du conjoint, alors on ne verra plus qu’eux. Mais si on utilise la gomme du crayon pour effacer les erreurs de l’autre et la mine pour écrire ses vertus, alors on ne risque pas d’oublier pourquoi on l’a épousé(e).

Le troisième enseignement : Il faut cultiver les compromis

une vie conjugale, celui qui pense avoir toujours raison est un divorcé. Personne n’a toujours raison. Et personne n’a toujours tort. Et si vous pensez avoir toujours raison, vous avez tort.

Deux personnes qui vivent ensemble ne peuvent pas être toujours d’accord. Si lors de chaque dispute ils devaient voter pour savoir qui a raison, il n’y aurait jamais d’issue. La solution est évidente : peu importe qui a raison dans un couple, on doit faire des compromis.

Il existe une loi étonnante à propos du symbole religieux que les Juifs accrochent à l’entrée de leur maison. On place une mezouza sur le linteau de la porte pour évoquer la présence divine. Les commentateurs ont eu une discussion célèbre sur la position que devait avoir la mezouza. Certains disaient qu’elle devait être placée verticalement, et d’autres horizontalement.

Que faire ? C’est le seul endroit dans toute la loi juive où l’on n’a pas tranché en faveur de l’un ou de l’autre. Au lieu de trancher, on a adopté un compromis : la mezouza sera placée en biais (rite Ashkénaze). Personne n’avait évoqué cette possibilité, mais cette solution incarne une vérité plus importante, qui doit être à la base de tout foyer juif s’il veut connaître bonheur et prospérité : le compromis.

Quand une femme et son mari apprennent à céder un peu face à l’autre, même lorsqu’ils sont sûrs d’avoir raison, et qu’ils préfèrent concéder plutôt que vaincre à plate couture, leur récompense est la plus grande de toutes : ils reçoivent la bénédiction du Shalom.

Pour entrer dans le mariage, il faut une certaine maturité. Pour pouvoir quitter son père et sa mère (Mt 19.5), l'exercice d'une vie indépendante devrait être acquis sur le plan matériel et sur celui du caractère. La maturité se démontre par la présence de trois éléments fondamentaux: la capacité d'endosser de nouvelles responsabilités, une certaine stabilité émotionnelle pour faire face ensemble à tous les nouveaux défis, un amour capable de donner et de composer avec son partenaire. Des capacités connues, affichées et développées par les jeunes mariés. Nous souhaitons donc bonne chance et fructueuse besogne aux nouveaux époux .Que leur union serve de modèle et d’exemple à la nouvelle génération! Que les enfants qu’ils auront à élever deviennent des citoyens honnêtes et responsables ; qu’ils grandissent dans la droiture et qu’ils marchent sur les brisées de leurs parents! Qu’ils fassent l’honneur et la fierté de leurs familles et que Dieu les assiste dans toutes leurs initiatives !

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